FONDATION DU ROYAUME DE DIEU
à proclamer ses droits; non, il Taccomplit en réalisani ce qu*elle préparait et préfigurait ; il affranchit Ja vérité divine de toutes les formes qui l'enveloppaient et la protégeaient comme la paille qui enferme Tépi avant la moisson. Cet accomplissement implique Tabolition de ce qu'elle contenait de transitoire et de préparatoire. Aussi dans le même discours où il déclare qu'il n'est pas venu pour abolir la loi, n'hésite-t-il pas à écarter plus d'une prescription mosaïque qui ne fieûsait qu'en borner les applications. Ce qu'il renverse, c'est ce qui la limite; il l'accomplit et l'étend en la spiritualisant. De là, cette liberté royale dont il use et ces paroles hardies etvraiment divines par lesquelles il se proclame plus grand que le temple et maître même du sabbat', n est dans l'Ancien Testament ime notion fondamaitaie qui le traverse tout entier. C'est celle du royaume de Dieu. Rétablir ce royaume dans un monde qui a été le théâtre de la révolte humaine, c'est évidemment faire rentrer celui-ci dans l'ordre primordial, c*est y détruire la grande anarchie morale qui a amené les maux et toutes les infortunes qui le désolent. Au fond le royaume de Dieu, c'est la souveraineté divine elle-même reconnue par l'humanité, c'est la réconciliation entre la terre et le ciel par l'obéissance, et cette obéissance ne saurait être que douloureuse, car elle doit commencer par extirper le péché et par opposer l'esprit de sacrifice à l'esprit de rébellion. L'Ancien Testament a pris la race déchue dans son état de rude en-
< Matth. XU, 6.