‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 134 sur 309 · ACCOMPLISSEMENT DE L'ANCIENNE ALUANCE · texte numérisé non relu

ACCOMPLISSEMENT DE L'ANCIENNE ALUANCE

nesse dont le peuple juif était si fier', et avec qoelk

cbaritable prévenance il est allé aunleyant des excoHH

mxxniés de la synagogue, qu'ils fussent Samaritaiiift ou

païens. Il fait entendre également, avec une clarté que

Ton peut mesurer à la haine qu'elle excite, que le règne

de l'Esprit commence, que la haie plantée autour de la

loi, non-seulement par les puériles traditions du phari-

saïsme, mais encore par les prescriptions mosaïques,

doit être arrachée et que le domaine indéfini du oonur

et de la vie morale s'ouvre désormais à la souveraineté

divine. La loi toute spirituelle qu'il promulgue cher*

che et atteint le péché dans son germe caché, dans le

mouvement de haine ou de convoitise qui échappe au

législateur théocratique, mais non au législateur uou*

veau. Il annonce qu'il ne restera pas pierre surpiearre

du temple lui-même, ce centre vénéré de tout le culte

lévitique. Toute adoration localisée et rattadiée à un

sanctuaire quelconque doit disparaître devant le culte

en esprit et en vérité, le seul qui soit digne du Dieu qui

est esprit !

Tel est le royaume que Jésus veut fonder. Sa prétention n'a rien de chimérique, parce qu'il est luimême le roi de la cité nouvelle et qu'il vient accomplir l'œuvre de délivrance qui seule mettra fin à l'ancienne alliance. En effet, l'imperfection du prwnier Testament ne tient pas seulement aux nécessités de la pédagogie divine qui mesure la lumière à notre capacité morale et intellectuelle, elle tient surtout à ce que la

I Jean IV, 24.

3S6 ACCOAfPLISSEMENT DE L'ANCIENNE ALLIANCE.

réconciliation entre Thumanité déchue et Dieu n*existe encore qu'en promesse. Les symboles et les types ne disparaîtront que lorsque les liens jadis brisés auront été renoués. Le véritable accomplissement de rancienne alliance, c*est donc la rédemption effective. Jésus n*est le Messie que parce qu'il est le Rédempteur et qu'il vient consommer l'œuvre de la réconciliation définitive. Fonder le royaume céleste, nous l'avons dit, c'est rétablir la souveraineté divine dans les coeurs. Une s'agit pas de cette souveraineté qui consiste à écraser le rebelle sous le poids de la toute-puissance, et à le briser par la terreur et par le châtiment. Celle-là existait avant Jésus; nulle créature ne s'y soustrait, quelle que soit l'insolence de sa révolte. Il s'agit de cette souveraineté morale qui est acceptée et consentie et qui fait que l'âme se soumet volontairement. Elle se confond avec l'amour, et l'amour n'est rendu possible que par la réconciliation; tant que celle-ci est incomplète, la crainte bannit l'amour parfait. Tout, dans cette grande et belle notion du royaume de Dieu, nous ramène à l'œuvre rédemptrice du Messie. Aussi occupet-elle la première place dans son plan. < Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie étemelle ^ > Dans les synoptiques, comme dans le quatrième évangile, Jésus se présente toujours comme le libérateur d'une race perdue qui a besoin de pardon, de relèvement, et il n'a jamais cessé de rattacher à sa

1 Jean III, 16.

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