LA SAINTETÉ
sépare. Il vit en présence du Dieu juste, sous la menace de ses jugements, mais tout pénétré d'une gratitude qui n'égalera jamais les bienfaits reçus. Ainsi ?e fbnne et se trempe une vie morale profondément sérieuse, grande surtout par ses souffirances et par cet ardent besoin de purification, qui trouve une satisfaction toujours incomplète dans les sacrifices et les holocaustes au travers desquels la conscience entrevoit une satisfaction définitive. Enfin, au lieu de vagues pressentiments, nous avons une ferme espérance qui éclaire l'avenir d'une clarté grandissante.
D'où vient donc cette supériorité de la religion de l'Ancien Testament? Elle est plus frappante au premier abord que celle du cnristianisme. Le judaïsme, en effets par son isolement, s'élève dans l'ancien monde comme une cime solitaire et ardue, tandis que l'Evangile étend son empire sur l'humanité moderne bien au delà du point où cesse la foi positive ; car il a pénétré de son influence l'atmosphère morale que nous respirons. Est-ce sur le sable nu du désert, où il a d'abord dressé sa tente, que le Sémite a lu le nom de son Dieu unique et saint? Serait-il vrai qu'il lui a été plus Êicile de s'élever à l'Invisible du sol aride das solitudes de la Syrie et de l'Arabie que s'il avait eu à triompher des enchantements d'une terre richement parée ? On concevrait que ces mornes espaces l'eussent conduit à un panthéisme mélancolique, mais ils n'enseignent pas plus le Dieu de la conscience que le ciel étoile où le Chaldéen n a su trouver que son Dieu solaire. Le désert