LES BÉATITUDES
plateau gazonné qui par une pente douoe vient re* joindre le lae de Tibériade. Les cornes de Hattim, où la tradition place cette grande scène évangélique, dominait le paysage enchimteur de la contrée de Génésareth. Tout y parle de paix et d'amour; rien n*est plus £Eicile que de s'y représenter le Maître entouré de ses douze apôtres, s'adressant à la multitude, assise mi rherbe fleurie. Sa première parole^ au lieu d*étre une menace, est ime béatitude. C^est que la loi nouvelle n'est pas, comme l'ancienne, une muiifestation redoutable de la sainteté divine, brillant aux yeux de l'homme, dans sa pureté accusatrice et inaccessible. Non, elle est, avant tout, grâce et pardon ; celui qui la proclame est le Sauveur de l'humanité. Et cependant, ces béatitudes ont dû être précédées par les sévérités et les foudres de l'ancienne alliance; elles se rattachent à l'œuvre des Moïse, des Elie et des Jean-Baptiste, à l'austère enseignement de ces grands pénitents devenus prédicateurs de la repentance ; elles ne s'adressent qu'aux hommes dont le coeur a été brisé sous leur verge et qui ont désappris l'orgueil et ses illusions à la dure école du Sinaï. Ces paroles calmes et saintes sont, au fond, une déclaration de guerre au judaïsme dégénéré, car elles renversent tout ce qu'il adore et écartent tout ce qu'il poursuit. Chaque béatitude a pour contre-partie un anathème. Matthieu s'est borné aux bénédictions^ parce qu'il savait bien qu'à ^es seules elles suffisaient pour condamner le phari* . saïsme. Le discours sur la montagne n'est donc pasl'ou-