GUÊRISON DU JEUNE DÉMONIAQUE
Baptiste était bien l'Elie qui devait venir, il redescend avec eux de la montagne. Quel contraste ! Là haut, c*était le ciel se confondant avec la terre; ici, dans la plaine, c*est le spectacle des plus terribles conséquences du péché : c'est un malheureux enfant en proie à une frénésie démoniaque qui dépasse peut-être, par ses symptômes effirayants, celle du possédé de Gadara; c*est un père au désespoir qui a vainement demandé assistance aux disciples. Ceux-ci ont essayé de guérir Venfant et ne Tout pu. De là, la douleur, le saint courroux du Maître devant cette honteuse impuissance : « O génération incrédule, s'écrie-t-U, jusques à quand serai-je avec vous * ? » Les mots, même les plus sacrés, ne sauraient conjurer à eux seuls la puissance mauvaise; la prière et le jeûne, le saint élan de l'âme qui cherche sa force en Dieu , voilà le secret de la victoire. Une magnifique délivrance est accordée à la foi, tremblante encore, mais humblement confiante du pauvre père qui a parlé ce jour-là pour tous nos cœurs troublés et partagés, en disant : c Je crois. Seigneur, aide- moi dans mon incrédulité^. • A peine le miracle e^il accompli, que Jésus annonce de nouveau sa fin prochaine : c Recueillez, dit-il, ces paroles : Le Fils de l'homme va être livré entre les mains d^ hommes'. » Ainsi se succèdent les scènes les plus diverses, la souffrance suit la gloire et parfois Tac-
« Marc IX, 19.
« Id., 24.
* Luc IX, 44.
486 EXHORTATIOXS DIVERSES.
compagne*, tei.ei^ le rhjtlnne de Thistoire érangéfiqve ! Quelques traife appartiennent encore à cette période oit Jésufl 8e consacre avec un soin redoublé à l'édncation de ses apétres. Dans leur naïf orguefl, ûb se dîsputnt îe premier rang. Le Maître coftdnit au milieu d'eux un petit enfant * .Voilé pour lui l'image de la Traie grandeur inséparable de la simplicité candide et de la naïve ten- ^ftresse. c Le plus petit entre tofxs, dit-il, c'est lui qui est le plus grand'. » Avec l'humilité, il enseigne la largeur; il ne veut pas que l'on condamne l'homme qui, sans le saivre, fût des miracles en son nom, car ce qui importe à ses yeux ce n'est pas tant l'adhésion extérieure que l'adhésion morale'. U ne vient pas fonder une secte, mais «ne Eglise. Les cœurs larges sont pleins de bonté et de pitié; il veut que ses disciples craignent par-dessus tout de scandaliser ou de mépriser les faibles et les enfiuits^. Le pardon que Vcm accorde ne doit pas avoir des bornes plus étroitea que celui que l'on a reçu. De quel droit le serviteur à qui son maître a abandomé une dette immense irait^il redemander quelques ob<^ à «n pauvre compagnon de service * ? La vie ainsi c(Hnprise est un long combat contre le péché^d'où l'on sort mei^b'i et mmtilé, car il faut arracher sans hésiter l'œil qunouB fait broncher et couper la main ou le pied qui nous fait tomber^. Ceafaanlis paradoxes sont destinés à
1 Lue iz, «7.
^ Id., 48.
» Marc IX, 38-40.
* Matth. XVIII, 10.
» Jd., 21,35.