‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 219 sur 309 · I. — Dernier séjour en Galilée · texte numérisé non relu

I. — Dernier séjour en Galilée

Jésus voulait revoir la Galilée avant de la quitter pour toujours; il s'en était brusquement éloigné pour arriver à Jérusalem pendant la fête des Tabernacles ; aussi désirait-il prendre un congé solennel de ce peuple qu'il avait tant aimé. Il retrouva le pays tel qu'il l'avait laissé ; la multitude flotte à tout vent selon les impressions du jour, prête à lui revenir s'il accomplit un miracle, pour retomber le lendemain dans les préventions les plus injustes ; les hautes classes sont mal disposées ou indifférentes. Hérode Ântipas, qui jusqu'à ce moment a dédaigné le nouveau mouvement religieux ou ne s'en est soucié que par curiosité, commence à manifester une hostilité déclarée, exagérée peut-être avec intention par ceux qui s'en font les organes. Jésus, qui sait qu'il doit être mis à mort à

*■ Il ii*e8t pas possible de présenter les faits qui se rapportent à cette période dans un ordre chronologique strict. Il faut se contenter de les grouper.

506 DERNIER SÉJOUR EN OitLILÉB.

Jérusalem, ne s'inquiète point des dispositions d'Hérode, dont il caractérise d'un mot le vil caractère. Ce n'est pas ce renard rusé et méchant qui pourrait Tempêcher d'accomplir jusqu'au bout sa mission *.

Son activité se partage comme toujours entre sesdisciptea, dont il poursuit l'éducation avec un soin atteslif, et la masie du peuple qu'il s'effi:irce d'éclairer sur sa mission. Mais ses appels prennent un tour pluB direct; il mêle les reproches sévères aux paroles miséricordieuses; la charité lui commande de frapper à coups redoublés sur le cœur orgueilleux pour le briser. Puis la situation s'est dessinée, la guerre ouverte a commencé, la neutralité, n'est plus possible, il faut que ses auditeurs prennent parti. Aux premiers temps de son ministère, il laissait les foules s'attacher à ses pas, sans leur adresser des sommations aussi énergiques, parce qu'il voulait, avant tout, se faire connaître d'elles. Aujourd'hui elles en savent assez pour choisir entre lui et ses adversaires. Aussi n'hésite-t-il pas à présenter à ses auditeurs actuels le redoutable idéal du vrai disciple. Il demande un détachement absolu qui se résigne à rompre les liens les plus tendres et les plus sacrés, et à subordonner les affections de famille les plus légitimes à l'accomplissement de la volonté divine. C'est ce qu'il appelle haïr son père et sa mère^. Le meilleur commentaire de ces déclarations est la réponse qu'il fait à ces deux hommes qui veulent bien le suivrei mais en

» Id. XIV, 26.

DEENl^ Sl^OUU KN GAULÉE. ' 507

fanant leurs conditions ; Tun désire prendre cong^ des siens, Vautre ensevelir son père * . Non, poini^ de con* dition, point de délai ! Quand Jésus a parlé, toute auère considération doit être écartée ; il n* j a pas de devoir qui remporte sur ce devoir absolu. C'est donc une périlleuse entreprise que de devenir son disciple; aussi doit^lle être sérieusement envisagée; avant de partir pour ce combat, il faut imiter le rta qui calcule, ses forces et celles de son ennemi; avant de bâtir cette tour élevée, il faut savoir si l'on pourra l'adiever*. c Si quelqu'un ne porte pas sa croix et ne me suit paa, il ne saurait être naon disci^de '. i Certes de telles, p»^ rôles étaient bien faites pour éloigner tous les haBEUBea qoi ne voulaient paa s'enrôler sous œ drapeau du. re^ imioement. Et pourtant, s'il est un cœur ImmbLs: et bien di^sé, un cœur souffrant qui ait besoin de coBrsolation, comment ré^terait-il à un appel comne oeIui«ei : c Venez à moi, vous tous qui êtes travaillés el charge et je vous soulagerai. Priiez mon jou^ et apprenez de moi que je suis doux et humble àt coeur, et vous trouverez le repos de voa âme^ car moajouy est doux et mon fardeau léger ^. »

Ken n'éloigne plus sûremest de Jésus que Tatlacbement aux biens de la terre. Quel tableau saisissant qHe celui de ce ridie qui s'endort saiisfaîtaprte avèir

* Luc IX, 57-62.

* jtfi xiT, 2a» ao.

« "Orrtç oi ^rciÇet t^v araupbv oCrrou xal Içr^fsxca Moiù |xa>, o5 86vaTa( jxou etvai pi^OiQn^ç. (Luc XIV, 27.)

* Mat±. XI, 28, 30.

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