DERNIER SÉJOUR EN GALILÉE
d'Orient et d'Occident. Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers * . Jésus revient sans cesse à cette conclusion, parce que la seule chance de salut qui reste à cette génération, c'est de revenir de ses refus obstinés et de profiter de cette clarté mourante du jour du Messie qui leur a été accordée et qui va être si tôt remplacée par la nuit.
Cette sévérité charitable se retrouve dans les paroles qu'il prononça en apprenant que plusieurs Galiléens avaient été massacrés par Pilate à Jérusalem dans les troubles qui y avaient éclaté à l'occasion de la construction d'un vaste aqueduc : t Pensez-vous, dit-il, que ces Galiléens étaient plus coupables que tous les autres, pour avoir souffert cela? Non, vous dis-je, mais si vous ne vous repentez, vous périrez comme eux*, • Ces solennelles paroles sont comme une dernière somma7 tion adressée à cette Galilée si favorisée, c qui avait mangé et bu en présence du Messie' i et avait entendu ses plus touchants enseignements. Si telles sont les dispositions persistantes du peuple, on peut juger de celles des pharisiens. Le vieux levain d'orgueil et d'hypocrisie fermente toujours dans leur cœur. L'étemelle discussion sur la manière d'observer le sabbat renaît à chaque occasion nouvelle. Jésus est toujours sous le coup de ce ridicule décret implicitement rendu contre lui par les hommes de la tradition : c Défense
» *ls5u, efetv l<r/^OL-:oi oî laovrat icpôrot, xal eJoi ^rpÛTOi ot lzvn%i IfT/aïQU (Luc XIU, 30.) « Luc XIÙ, 3.
» Jd, 20.
»0 DERK!£R SÉJOUR ^^ GAULÉE.
d» gvérir et de sativer en ce jour. » Il oontiinie à «œr de sa royale liberté , comme le proave la guérison d*une panvre femme qui était courbée à terre par Fefifet d'une posseasion * . Pour cbltîer le phariàen, â «e bome à tracer de lui tm portrait ineffaçable; il le montre d^out derwat Dieu ihns le tempie, s*adorant Im-même au pied de l'autel, jetant au del une prière hautaine qui efft un défi, et bénissait le Très- Saut et le Très-Saint de ce qu'il n'est pas semblable au reste des hommes. Quel contraste entre lui et ce péager tout en larmes qui se frappe la poitrine et demande le pardon de ses péchés! C'est lui qui retourne juatâié dans sa miûson^. Ce parallèle était un mortel outrage pour les fiers ennemis de Jésus.
Ainsi, en haut comme en bas, dans tous les rangs, il arenoontré l'opposition et l'incrédulité. Le règne de Ueu est vmu sans éclat et l'on n*y a point âdt attention, malgré les miracles et les enseignements du Messie^. On sait bien reconnaître, quand souffle le vent du mkii, le signe d'un jour radieux et l'on ne sait pas vxsit les signes divins qui annoncent les temps nouveaux^. Au moment de quitter pour toujours cette contrée qu'il a paroourue en tous sens, allant de lieu en lieu pour fiôre eu bien, il prononce sur elle la sentence qu'elle a mériÉée. « Malheur à toi, Chorazin, malheur à toi, Bethsalde, car si les miracles qui ont été fitits pour nms « Uc xm, 10-14.
« Id. XVIII. 14.
»/d. XVII. 20-21.
* Id. XII. 54. 56.
mSJUSR SÉJOUR fi^ QALILÉE. 511
; éÉé aecouijdis è Tyr et & Sidon, dles ae aéraient repenties depuis longtemps sous le sac^ laoeaéi^. Ainsi Tyr>et Stdon seront moias iigt)ureuâeiiient traitées ipse toos au jour du jugement. Et toi, Cap^aaAm, n*as-tu pas été élevée jusqu'au ciel? tu seras abaissée jusqu'en enfer. C'est pourquoi je te dis que ceux de Sodome seront traités moins rigoureusement qœ toi au jour du jugement* . m Ainsi ce ministère gaiiléen, qui a commencé par les béatitudes, se termine por ose parafe ^ malheur. Le nom de Sodome et de 60moirbe «et jeté comme une sinistre profdiétie à ces cités diarBaantes qui égaient les bords du lac limpide, 0I dimt mi^ourd'kui les débris eux-mâmes ont disparu. Cette tanrible sentenoe du Christ n'a pas eu poiur écho ks rocs brûlés qui entourent Jérusalem, mats ces fraîches et Tertes collines où le peuple attentif s'asseyait nagwke à ses pieds. £lles ne font que résumer son miaiattregaliléen, car elles sont la coodusion de tant d'appris oepoossés et de tant de miracles inutiles. Ainsi s'afSrme i'unité norale de la tie de Jésus. Les cœurs se sont manifestés. U ne s'est peint éémenti an seul jour. Ce ^ a dkangé, c'est k disposition du peuple, mnia pour lui, qu'il soit aeeiteilli <m repoussé, il n'a Jamais cessé de montrer an monde une divine charité. N'sÉt-ce pas dans cette Biâme période qu'il a insisté a(ree le ptns de force sur l'amonr du prochain? Sien ne reawinUe moins an fitnatisiBe qui pousse à la dévotion intolérante, ferme le cœur à la tendresse, et, sous pré-
1 Luc X, 12-16.