UENVOI DES SOIXANTE-DIX DISCIPLES
fidèle, dont la conclusion est qu'il faut se faire des amis avec les richesses iniques; ce qui suppose qu'on en peut faire un noble emploi*.
Les instructions données aux disciples pendant cette période sont en parfeite harmonie avec la gravité des circonstances; elles ne sont plus seulement adressées aux apôtres, mais aussi à ceux qui se sont joints au groupe primitif. Jésus choisit soixante-dix d'entre eux et les envoie, comme il avait envoyé les douze, pour remplir une mission très élémentaire si l'on considère la simplicité du message, mais très glorieuse par les effets surnaturels qui l'accompagnent. Les soixante-dix disciples doivent, comme leurs devanciers, apprendre à l'école de l'expérience ce que Jésus réclame de ses témoins et quels secours extraordinaires il leur accorde *.
La ressemblance frappante qui existe entre les deux grandes investitures de la charge du témoignage évangélique écarte de la première toute notion sacerdotale; l'apostolat au sens moral s'étend à tous les vrais adhérents du Christ, puisque le Maître a tenu le même langage à ses messagers indistinctement, qu'ils eussent pris rang ou non parmi les douze. On sait que, dans la symbolique juive, le nombre soixante-dix figurait les nations païennes, tandis que le nombre douze se rapportait aux tribus d'Israël. Cette seconde investiture implique donc un élargissement de la mission évangélique; nous n'y retrouvons plus les restrictions
> Luc XVI, 9-12.
« Jd. X, 1 11.