LE JEUNE RICHE
A ce Juif exemplaire, Jésus rappelle les conditions bien connues de la justice légale, qui se résument dans l'observation des dix commandements : c Je les ai accomplis, » répond le jeime homme. Mais accomplir la loi, ce n'est pas seulement observer telle ou telle ordonnance, c'est se montrer disposé à réaliser la volonté de Dieu, quelle quelle soit; c'est avoir fait de l'obéissance le principe dominant de sa vie entière. Le jeune riche n'en est pas là, car lorsque Jésus, qui a lu dans son cœur et qui y a discerné une passion maîtresse, lui dit : € Vends tes biens et distribue-les aux pauvres, > il s'en va tout triste; il ne s'est donc pas donné vraiment à Dieu, il lui préfère sa richesse. Sa conduite motive cette parole sévère : c II est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux * . >
C'est bien à tort que l'on s'imaginerait que Jésus, sous l'empire d'une exaltation croissante, a voulu demander l'impossible à ses disciples en exigeant d'eux le célibat et la pauvreté volontaire. Il n'a rien réclamé de semblable, car ce qu'il conmiande au jeune riche, c'est au fond ce qu'il commande à tous ceux qui se
teur qui ne croit pas encore à sa divinité, car Taflinnation est di« recte et précise. Matthieu semble avoir eu conscience de la difficulté, car il reproduit ainsi le début de Tentretien : « Maître, que fenihje de bon pour avoljr la vie éternelle ? » Tt d^aObv icotiflcro), Tva a^û Ç(iri]V a{(î>vtov; (Matth. XIX, 16.) Mais Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? » (Matth. XDL, 17.) D ne s'agit plas de savoir si Tattribut de la bonté appartient ou non à Jecos, i simplement en quoi elle conriste.
» Luc Vin, 25.