L'ADORATION DE MARIE
se succéder? Le lendemain, qui était le premier jour de la semaine^ on lui donna un festin dans la maison de Simon, surnommé le Lépreux, qui avait proba^ blement été guéri par lui ' . Lazare était assis à ses cotés, monument vivant de sa puissance secourable. Les femmes, en Orient, ne s'asseoient pas à la même table que les hommes. Marthe servait et montrait à sa manière sa vive reconnaissance. Au milieu du festin, on vit entrer Marie. Cette humble femme, qui, dans le cours ordinaire de la vie, eût redouté plus que personne les coups d'éclat, portait un vase d'albâtre rempli d'un parfum de grand prix. Elle en oint la tête de Jésus, puis elle le brise à ses pieds et les essuyé avec ses cheveux; l'élan qui la pousse est aussi impétueux, aussi oublieux du jugement des hommes que celui auquel avait obéi la pauvre pécheresse de Naïn. C*est que la reconnaissance a sa flamme comme le
1 Jean Xn, 1-9; Marc XIV, 3-9 ; Matth. XXVI, 6-16. Jean précise la date «le l'arrivée de Jésus à Béthanie ; elle eut lieu, d'après lui, six jours avant la P&que (XII, 1). La Pàque commençait le 14 nisan, jour où Ton immolait Tagneau. Nous verrons plus tard que ce jour coïncidait avec le vendredi, conformément au récit de Jean. Evidemment Jean ne le fait pas rentrer dans son calcul. Il faut donc remonter de ai£ jours en arriére à partir du 13 nisan ; ce qui nous reporte au samedi 7, mais comme le sabbat a commencé dès la veille au soir, oa peut supposer que Jésus est arrivé précisément à l'heure où le repos devenait obligatoire, c'est à dire avant le coucher du soleil du vendredi. Ainsi il n*a manqué à aucune prescription légale. L'ordre des laits se déroule donc de cette manière : vendredi a lieu son arrivée à Béthanie; samedi, repos du sabbat; dimanche, festin donné par Simon le Lépreux. Il ne [)eut être reparti pour Jérusalem la vaille, qui était un jour de sabbat. D'ailleurs, les Juifs qui, d'après Jean, se rendirent de Jérusalem k Béthanie n'auraient pu le fairo ce jour-Iî^, car la distance des deux localités, qui était de quinze stades, d<iprts^«ait ce qu^autorJsait la loi.