JÉSUS ET LES PROSÉLYTES ORECS
être déserte \ > Ne semble-t-il pas que Jésus contemple déjà l'aigle de Rome planant au haut des airs et prêt à s'abattre sur la ville sainte pour l'étreindre et la détruire sous ses serres cruelles? c Je vous le dis, ajoute-t-il, vous ne me verrez plus jusqu'à ce que vous vous écriiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! > La démonstration de l'amour n'a pas suffi pour que vous croyiez en moi; celle du châtiment saura bien vous y contraindre.
Dans cette même journée deux scènes d'un genre bien différent apportèrent quelque consolation au cœur navré et indigné de Jésus. Comme il entrait dans le temple, des Juifs hellénistes, qui n'étaient peut-être que des Grecs prosélytes*, demandèrent à le voir; ils s'adressèrent à Philippe de Bethsaïde, qui les conduisit au Maître. Devant ces représentants des nations lointaines qui devaient être plus tard soumises à sa loi, Jésus contempla d'avance les développements de son œuvre : € L'heure est venue, s'écrie-t-il, où le FUs de l'homme va être glorifié ^. > Il vit le monde s'ouvrir à lui comme le champ des semailles évangéliques, il vit blanchir l'immense moisson des âmes, mais il se souvint aussi de quel prix un tel triomphe serait payé. Seule la mort est féconde : c Si le grain de blé tombant en terre n'y meurt, il reste seul; mais s'il meurt,ilpbrtebeaucoupde fruit'. > Or, ce grain de blé qui doit mourir pour faire germer la vie étemelle, c'est lui-même. Le sacrifice est la condi-
« Matth. XXni, 37.
t Jean XII, 23.
» Id., 24.