‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 260 sur 309 · JÉSUS ET LES PROSÉLYTES GRECS · texte numérisé non relu

JÉSUS ET LES PROSÉLYTES GRECS

tion de la victoire. Ces paroles pouvaient être facilement comprises de ces enfants de la Grèce; ils avaient assisté peut-être aux grands mystères d'Eleusis qui représentaient l'immortalité de Tftme sous l'image du grain de tlé déposé en terre pour y germer. Seulement, Jésus en agrandit singulièrement la portée. S'il ftiut haïr son âme pour la sauver, que faudra-t-il donc faire quand il s'agit de racheter un monde? Le frisson de sa mort prochaine l'a traversé ; il en savoure l'amertume, il passe de la joie à la tristesse avec cette rapidité d'impression qui dénote toute la réalité de son humanité, le cri de triomphe se termine par un cri d'angoisse : c Maintenant mon âme est troublée, et que dirai-je? Père, sauve-moi de cette heure, mais quoi! c*est pour cette heure que je suis venu' ! > Il y a là mie anticipation du drame tout intérieur de Gethsémané. Il s'en suit que le quatrième évangile, pas plus que les trois premiers, ne nous donne un Christ impassible; si, après avoir rappelé cette première lutte douloureuse qui précéda l'agonie de Jésus, il n'a pas mentionné la seconde, c'est qu'il n avait rien à ajouter au tableau que ses devanciers en avaient tracé. Pour s*étonner de la répétition d'une même crise morale, il faut traiter la nature humaine comme une quantité abstraite gouvernée par une inflexible logique; la victoire d'aujourd'hui n'épargne pas le combat de demain et le triomphe n'est définitif que lorsque tout a été accompli avec notre dernier souffle exhalé.

1 Jean XII, 27.

582 LB TROUBLE DE JfiSDB. LA TOIX DU CIEL.

€ Père, s'écrie Jésus, glorifie ton nom! > A pefaie avait-t-il formulé cette aecqytation sans ré«erre ée la volonté de Dien, qu'on entraidit une voix mystérieoae Pour la foule ce ne fut qu'un coup de tonnerre, poui Jésus ce fut l'auguste approbation du Pire ainsi «xprimée : c Ce nom, jel'ai glorifié et je le giorifiarai encorel » Evidemment l'âme seule pouvait percevoir ces divines paroles qui ne retentissaient qu'ai elle et que pour elle; elles ne s'adressaient pas aux sens, autrement le peuple entier les eût comprises. Un signe extérieur accompagnait le signe intérieur, mais e^te coïncidence était un fait providentiel ^ . Toute agitation a disparu du cœur de Jésus. Ce monde inique qui va le condamner, il le voit déjà jugé', et son prince ignominieusement chassé, tandis que sa croix s'élève à ses yeux comme le symbole de sa victoire et comme l'aimant sacré qui attirera les hommes à lui'.

Ces assertions hardies provoquent le murmure des Juifs; ils osent encore demander qui est le Fils de l'homme. Jésus se borne à les supplier de profiter pour se convertir des dernières heures de jour qui leur sont encore accordées. Il va disparaître, ce brillant soleil qui devait les éclairer, et alors commenoem la nuit^. Mais les appels de la dernière heure ne iont pas plus écoutés qae

* Jean XII, 28. Il y a ici autre chose que ce que les Juifs appelaient Batkkol, car il De s^agit pas sinplement d^iiii phénomèDe aatufel auquel les assistants auraient attribué une valeur dlviae. La voix du ciel a bien réellement retenti dans le cœur de Jésus.

« Id., ai.

» Id., 32.

• Jd., 35-36.

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