‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 268 sur 309 · PRÉPARATIFS DU REPAS D'ADIEU · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DU REPAS D'ADIEU

préparer sa maison pour y célébrer le repas pascal. Il s'y rend aussitôt, car il s'est décidé à avancer d'un jour cette gn'ande solennité. Celui qui est maître du sabbat a certes le droit de choisir son heure. Il sait que le sanhédrin est décidé à le mettre à mort avant la fête ; ne convient-il pas que cette Pâque, qui est la dernière du vrai judaïsme et la première du christianisme, soit célébrée le jour même où l'agneau qui ôte les péchés du monde sera immolé? Se conformer scrupuleusement en ce point aux habitudes nationales, ce serait sacrifier Tesprit à la forme. Rien ne répond mieux à l'inspiration générale du ministère de Jésus que cette libre modification du rituel juif pour un but supérieur * .

A Nous ayons déjà établi le désaccord sur ce point entre les synoptiques et saint Jean. Aucun des moyens proposés pour ooncUier les deux récits ne nous parait satisfaisant. Citons les principaux : 1* Nous avons d*abord de pures hypothèses qui sont inventées pour les besoins de la cause. On ne trouve aucun texte qui permette de supposer avec Stier qu*il y eut des divergences notables entre les Juifs contemporains de Jésus sur la détermination du jour de la fête ; — ou bien avec Ebrard que, vu le grand nombre des agneaux à immoler, le repas pascal n*était pas célébré par tous les Juifs le même jour, ou enfin avec Calvin que, quand le 15 nisan, jour légal de la Pâque, tombait sur un vendredi, on transportait la célébration dt la fftte au soir suivant, comme le font les Juifs d'ai^'ourdliui. — 2* Olshausen prétend que les mots ^ db^tv tb 'Kaoyict {^ean XVIII, 28) doivent 6tre pris dans un sens étendu, et qu*ils peuvent s'appliquer à tous les repas qui accompagnaient les nombreux sacrifices qni se faisaient pendant la fête. Ces sacrifices étaient nommés Patsah^ comme on peut s*en convaincre par Deut. XVI, 1-3. Cette explication serait admissible si le texte sur lequel elle porte était le seul qui fit difficulté, mais on ne saurait contester qu'elle n*ait contre elle tout Tensemble du récit. Olshausen prétend encore que les précautions prises par les Juifs pour ne pas se souiller dans ce jour de préparation n*ont lieu qu'en vue du sabbat du lendemain, et ne prouvent pas que Ton fût le vendredi en pleine fête. Ceat trop rabaisser la plus grande aolennité des Juifs. Noos avons déjà établi

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