LE REPAS D'ADIEU DANS LA CHAMBRE HAUTE
On se réunit dans une chambre haute; ce chétif réduit devint le plus glorieux des sanctuaires, car nulle part en ce monde la divine présence ne s*est fait sentir comme entre ces murailles nues. C*est là qu*il faut chercher le berceau de TEglise ; la Camille spirituelle nous y apparaît groupée autour de son chef, recevant de lui toute consolation, toute force, et surtout ces communications mystérieuses de sa vie surnaturelle qui sont, pour le corps mystique, ce qu*est le sang dans nos veines. Pour la première fois Jésus appartient tout entier aux siens et leur révèle jusqu'où peut aller entre
qu^eUe était plus tcrapuleasement observée qu*aucuii sabbat. 3* M. Lutteroth emprante toute rargamentatlon par laquelle il cherche à faire accorder nos érangiles au mot Tcopoaxeu^. {Le jour de la préparation^ Lettre sur la chronologie pascale , Paris, 1858.) Il place ce •car de préparation au 10 de nisan, jour oti, conformément à la loi, on mettait à part Tagneau pascal (Exode XII, 3-6). Dans son système, Jésus aurait passé au tombeau les 11, 12 et 13 nisan, et serait ressuscité le 14. Mais cette hypothèse ne rend pas compte de Hatth. XXVI, 17. Le premier jour des pains sans levain ne saurait tomber sur le 10 nisan. Que faire de Marc XIV, 12 : LorsquHls imfnolaient la Pàque ; et de Luc XXII, 7 : Le jour des azymes arriva, où il fallait sacrifier la Paquet Nous ne pouvons absolument pas prendre ces derniers mots comme une anticipation de la résurrection. 4* M. Oodet, se fondant sur ce que les Juifs faisaient commencer leur journée vers le soir, suppose que ce fut bien au soir du jeudi 13 nisan, qui était en même temps le commencement du 14, et le premier jour des pains sans levain (Matth. XXVI, 17) que les disciples dirent à Jésus : Où veux^u que noits te préparions la Pàque f Les préparatifs auraient été faits par eux immédiatement pour la fête du lendemain : mais Jésus en aurait profité pour le soir même, et ainsi les deux récits seraient conciliés. Il nous semble impossible de mettre d*accord cette explication avec Matth. XXVI, 20 : Quand le soir fut venu. Les préparatifs du repas ont donc été faits auparavant dans le cours de la journée, et, par conséquent, le 13 nisan, et non au commencement du 14, qui était le jour des pains sans levain. En résumé, nous regardons jusquMci la contradiction comme insoluble tout en donnant entièrement raison au récit de saint Jean.
eu:^ et lui cette intiwté aetote ^ oat ]d ekl oir la terre, ou, poor vmmi 4&re> le eiel â«ae les omm. H ne reçoit pas^ co»me à BéthMie, rhetopitalité d'ain» dévoués V c*eet lui qui la 4ome9 wty dans celte Pè^te suprême, il prend le rôle du père de fiwiUe* Auan^ te»dis que daigis la bourgade de Lazare, on lui a lait tow les honneurs, ici ceat lui qui préside au rcqpas. Sea discours expriment ce que soa divin amour a de jdos profond. On dirait qu*à son tour U a brisé son vaee de parfum devant ses disciples, c Ckoame il avait aù»é les sionSt il les aima jusqu'à la fin. » Ces mots de Jeaa nous font penser à ces beaux couchants du soleil d'Orient, qui réserve pour cette heure du soîr ses rayons les plus brillants, et ^Qaponrpre lea montagiMB de la Judée avant de disparaître..
Tout était bien &it pour conférer à ceM» scène «n pathétique incomparable. Nous sommes à la veîQe de la crucifixion ; on entend de loin rouler danS' les rues de la cité ces flots tumultueux de la multitude^ qui demain poussera le cri de mort ; les disciples sont réunis autour du Maître ; celui^ les voit cc^nme des agneaux jetés au milieu des loups, et le traître est au milieu d'eux. En face de tant d'ang^oisses. et de tant de périb, Tamour compatissant de Jésus déborde en paroles émues.
La fête de Pâque, ou de la Préservation, était empreinte de cette solennité simple et grandiose que Ton remarque dans le culte de TÂneien Testament. L'agneau immx)lé par dtiaque fwiille israflite rappdait la délivrance qui marqua la sortie du pays de, ser-
CARACTÈRE BE LA PAQUE JUîTE. »S
Titode, alors que le? pfensers nés des Hâ>r«ax étlia{^ pèrent à la teniUe mortalité dont TEgjpte avait été frappée. Depms le prophète EfiaSè, cette kmable et doQce victime figorafl me délirrance d'tm oràre inlB- BÎmeiit phi8 élevé. Les pains sans levain et les heribes amèrw s;^boli8aieat la fuite précipitée du peaple éiu et les souffirances de Texistenoe ao désert. L& fiomDe se réunissait an 14 de nisan. Le père, après une courte invocation , fitisait circuler & plusieurs reprises une coupe de vin mêlé d*eau; chaque fois qu'elle passait de madns en mains on chiuitait im psaume d'adoration. Pendant que cette cérémonie s'accomplissait, le fils de la madsen demandait le motif de la fête, ce qui donnait Keu au récit de la sortie d'Egypte ftdt en termes concis ; puis l'agneau était mangé avec des pams sans levain. Le repas se terminait par une cinquième oonpe et un cantique de reconnaissance. Le père, à im certain mcmient, trempait un morceau de pain dans les herbes amères. C'est à cause de ce dernier rite que la Pâque s*appdait aussi la fête des azymes '.
Noœ retrouvons les principaux traits de cette solennité dans le repas de la chambre haute. A pein» Jésus y est-il entré avec les disciples qu'il prend la première coupe en s'écriant : c J'ai fort désiré de manger cette Pâque avec vous avant que je souflfre, car je vous dis que je ne la mangerai plus jusqu'à ce qu'dle soit accomplie dains le royaume de IMeu *. i Cette pa-
I Olshausen, Comment. bibliç[U€ sur VhUtoire de laFaeei^nfP^lZ. « Luc XXU, 15.