CONDAMNATION DE JÉSUS
cris de mort redoublés. En désespoir de cause, Pilate dit aux Juifs : t Crucifiez-le vous-mêmes, car pour moi je ne trouve aucun crime en lui. i Le juge rentre im instant dans le prétoire; il est troublé; la vérité traverse son cœur comme un éclair; il sent que cet accusé ne ressemble à aucim de ceux qu'il a connus. On dirait qu'A entrevoit sa grandeur divine, c D'oir es-tu? > lui dit-il. — Comme Jésus garde le sUence, le magistrat romain exhibe son pouvoir discrétionnaire : c Tu ne parles pas : ne sais- tu pas que j'ai le pouvoir de te perdre et le pouvoir de te sauver? > Il n'obtient que cette réponse, défi sublime de la force morale à la force matérielle : c Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, s'il ne t'avait été donné d'en haut. C'est pourquoi le plus coupable est celui qui m'a livré à toi. > Si Pilate suivait son impulsion, il relâcherait immédiatement Jésus, mais ses velléités bienveillantes ne tiennent pas contre la pression du dehors; la conscience seule, comme un roc , résiste aux flots déchaînés d'une multitude furieuse. Pilate cède surtout à cette parole perfide des accusateurs : c Si tu laisses aller cet homme, tu n'es pas l'ami de César. Quiconque se fait roi résiste à César, i Le César d'alors était ce Tibère sous lequel, d'après Tacite, l'accusation de lèse-majesté était presque toujours mortelle *. Pilate a ouvertement sacrifié Jésus à son intérêt, à son ambition, sachant qu'il condamnait un innocent; aussi c'est bien inutilement qu'il se
1 « Majestatis orimen omnium accusationum complementum entt. »- (Tacite, Ann,, 01, 38.)
a» LA CRUCIFIXK^.
lav€ les miÛBs; la tache de erag reate indélébik sur ecm froot et sur sod nom ; par sa cofisaivenee, il a apporté à ce crime abominaUe de la si^i^agogm le coocours de rhumaoité pafenne; il en a &it «n crime YnimesoX humain , daas lequel toulee les portkm» de la race déchue se retcouvent unies par une aflRreuse a<didanlé«