RÉAUTË DE LA RÉSURRECTION DE JÉSUS
qu'il ne s'est pas trompé sur la valeur des termes et que, connaissant parfaitement la différence d'une vision et d'une apparition réelle, il n'a pu les confondre. Quand il dit qu'il a vu Jésus sur le chemin de Damas, c'est qu'il l'a vu en réalité conmie ses devanciers; il se proclame leur égal précisément pour ce motif. S'il ajoute que Jésus a été révélé en lui, c'est par la raison très simple que les révélations extérieures n'ont de valeur que lorsqu'elles ont été perçues par l'œil de l'âme, et qu'elles sont devenues des expériences intimes. Paul eût démenti sa propre notion de la foi s'il n'eût pas mentionné ce fait tout moral et intérieur qui, bien loin d'exclure le fait extérieur et historique, l'implique comme la vue implique l'objet à percevoir. N'oublions pas que, dans le chapitre de l'épître aux Corinthiens où Paul déclare qu'il a vu le Christ ressuscité, il s'agit de la résurrection corporelle des croyants. Son argumentation croulerait par la base s'il parlait d'une simple vision et non d'une manifestation réelle de Jésus. îiQ témoignage de l'apôtre des Gentils, au lieu d'infirmer celui des autres disciples, le confirme, et l'objection se transforme en preuve. C'est ainsi que la résurrection du Christ c au troisième jour » est garantie par une tradition plus ancienne que celle de nos trois premiers évangiles. Celle-ci n'est pas seulement consignée dans des textes, mais s'est comme incorporée dans le culte même de l'Eglise, témoin la désignation du premier jour de la semaine comme jour du Seigneur.