RËAUTÉ DE LA RÉSURRECTION DE JÉSUS. 66S
Uhypotlièse des visioDS se heurte contre les données les plus élémentaires de la psychologie. Comment admettre la répétition d'une même hallucination dans tant d'esprits divers? Pour qu'un tel fait se produisît chez un apôtre ou même chez une femme, il aurait fallu une atmosphère embrasée d'enthousiasme, l'attente fié* vreuse de quelque événement pareil. Or, il est incontestable, d'après tous nos documents, que l'abattement était profond et universel dans la jeune Eglise. C'est bien dans cette chambre haute, fermée par la peur, où Ton n'entend que des gémissements, où tout parle de désespoir, c'est bien là que va éclore spontanément cette assurance inouïe du plus grand des miracles! Comment ceux qui ont eu tant de peine à croire à l'événement auraient-ils pu l'inventer?
Et pourtant ils y ont cru, et cette foi à la résurrection a été leur levier pour soulever le monde. Que s'est-il donc passé entre ces deux périodes? Le Christ est ressuscité, répond l'Eglise, et, à moins de renoncer au principe de causalité, nous pensons qu'il faut conclure comme elle, car elle ne nous montre pas seulement & l'appui de ce fait les disciples de Jérusalem relevés, aflfermis, transformés et scellant de leur sang leur croyance à cet événement, elle nous montre encore le judaïsme et le paganisme vaincus, un monde qui s'écroule, un monde qui s'élève; elle nous montre toutes les générations chrétiennes venant tour à tour puiser leur force et leur consolation dans ce fait éternel. Non, ce n'est pas plus sur un rêve que sur un