LES PHARISIENS
plaint de leur morgue hautaine et presque sauvage. Personne n*a le cœur plus étroit et plus dur que Tégoïdte voluptueux qui ne considère Thumanité qu*au point de vue du profit qu'il en peut retirer. Les sadducéens suivaient religieusement la maxime de leur fondateur Tsadoc : c Ne te sépare pas de la majorité. > Ce n*est pas ainsi que se trempent les héros religieux.
Les pharisiens, bien qu'exclus par Hérode 'des hautes fonctions, n'en exercent pas moins une influence prédominante. Ils sont les héritiers directs de ce judaïsme exalté et sévère qui avait restauré le culte au sortir de l'exil; seulement à la ferveur a succédé le calcul, à la piété sincère la dévotion sèche et théâtrale; la sainteté n'est plus guère qu'un moyen de réussir, elle devient hypocrite en s'afifichant, elle n'est plus dans les âmes depuis qu'elle s'étale sur les vêtements, dans les gestes et les attitudes. Elle fait école et devient le mot d'ordre d'une coterie religieuse. Sans doute quelques âmes droites se sont comme égarées dans le parti pharisien, mais, pris dans son ensemble, il est tout entier à la lettre, à la forme, aux cérémonies; il confond ses intérêts et ses croyances, et poursuit des fins terrestres par des moyens religieux, ce qui est la pire des profanations. Sa grandeur est dans son patriotisme intraitable, qui peut le conduire jusqu'à l'héroïsme et qui, en attendant, lui assure l'autorité morale sur un peuple dont il est l'idole, parce qu'il partage ses passions. Si l'on veut connsâtre les
BIPOUTANCE CR01:;î>ANïE DV RABBIN. 1^1
opinions qui dominaient en Judée à cette époque, c'est aux pharisiens qu'il faut s'adresser.