‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 49 sur 309 · TENDANCE A ÉLOIGNER DIEU DE UHOMME · texte numérisé non relu

TENDANCE A ÉLOIGNER DIEU DE UHOMME

face à face ', Onkelos lui fait dire : J'ai vu rtmge de V Etemel face à face. Quand le texte porte : Ils virent le Dieu d'Israël *, on lit dans la paraphrase : Us virent la gloire de Dieu. Là où il est dit que Moïse contemple la face du Seigneur, le Targum s'exprime ainsi : H vit une image, une ressemblance de la gloire de Dieu.

Ce serait une grande erreur que de prendre la SekecMna pour une révélation directe de Dieu. Elle n*est pas Dieu lui-même, mais seulement une mani- Cotation partielle, et même sensible de son être; il n*est pas personnellement présent par elle au milieu de son peuple; elle est un gage de son amour, maia Q ne 8*est point enfermé dans la nuée sainte. La ScAechina est un nuage pour les Targums. c Un nuage, lisons-nous dans celui d'Onkelos, couvrait le tabernacle de sa gloire. 1a ScAecAina du Seigneur le remplissait. » Josëphe ne le définit pas autrement : c C'était un nuage, non pas trouble et lourd comme dans les jours d'hiver ou de pluie, mais léger et transparent; il remplissait le temple '. Il s'ensuit que la ScAecAina était destinée h éloigner le scandale des théophanies directes.

Les Targums écartent avec non moins de scrupule toute assimilation même lointaine entre l'homme et la Divinité. Ainsi quand Dieu dit, après qu'Adam a mangé du fruit de Tarbre de la connaissance : Il est de-tenu comme Tun de nous, Onkelos modifie le texte de

» Oen. XXXn, 30.

» Exode XXIV, 10.

' JoMphe, Antiquité*, Vm, 4.

IJO LA MORALE PHARISAÎQUE.

cettô manière : c Voici, Adam eetnmquedans le monde.» Le commentateur se scandalise de la parole du serpent à Eve : Vous seret comme des éUeuw, et lui fait dire : Vous serez heurewx comme des princes. Cette répugnance maïqnée pour tout ce qui tend à un rarpprochement entre Thumanité et la Divinité est très significative. € Les apparitions personnelles et corporelles de la Divinité, dit M. Reuss, ne s'accordaient pas avec le i)oint de vue d'une spéculation qui n'étatt plus à son début* . > Certes, la distance était grande entre un tel point de vue et la théoplianie par excell^ace qui est Tincamation du Fils de Dieu. S*il est fait mention du Verbe ou de la Parde de Dieu dans les Targums, il y est réduit à n'être, comme la SchecMna^ qu'une manifestation partielle de la Divi^ nité.

Les écoles juives discutaient de préférence tout ce qui se rapportait à l'anthropologie. Les pharisiens acceptaient la notion du péché originel, qu'ils complétaient souvent parla théorie de la préexistence; ils faisaient la part très grande à Taction divine dans la vie humaine, et inclinaient même à une sorte de fatalisme religieux. Quant à la morale proprement dite, on peut glaner plus d'un admimble précepte dans le Talmud. Il y est recommandé de ne pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qui nous fClt fait, et d'aimer notre prochain conmie nous-

» Reust, Histoire de la Théologie chrétienne, I, p. 83.

SON CARACl*É!ïtE SffiUCENAtRfe. 131

mêmes. Toutefbid Tesprit général qui anime ôes règles de conduite est en parfit accord avec ce que mms sa-^ vons du pharisalsme; Tinspiration dominante est essen^ tîellement intéressée ; il faut faire le bien comme un mercenaire pour se créer des mérites, pour acheter sa part de bonheur : < Quiconque aura pratiqué la loi, qu'il vienne au dernier jour et reçoive sa récompense. Considère pour qui tu travailles, et quel est le mrft^e qui te payera le salaire de ton ouvrage *. » t Ceux qui nourriront les pauvres obtiendront le pardon de lewr péché comme s'ils eussent apporté un holocauste à Fautel *. > Le repentir lui-même n'est qu'un moyen de racheter ses fautes : < Trois choses te feront prospérer, la prière, Taumône et la pénitence* » Il ne faut pas que la prière soit courte; cdui qui allonge sa prière ne s'en retournera pas k vide. Certaines formules lui donnent une valeur particulière. Ainsi les actes les plus saints, et qui devraient être les pbs spontanés, rentrent dans ce compte courant entre l'homme et Dieu si eacactement tenu par les pha* riàens.

La foi est considérée comme une œuvre méritoire, c Quelle est la cause de la joie des saints? lisons-nous dans le Talmud . C*est le nèvite de la foi que nos pères ont montrée pendant la vie. Grande est la fei devant Dieu, car par son mérite l'Esprit^Saint a habité en Israd ^. »

« Pirke Ahoth, p. 495.

« Idem, p. 154.

* Idem, p. 560.

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