ICG LE LIVRE D'ENOCH
Messie, mais toutes les fois quils paraissent lui accor* der la préexistence et la divinité, on peut être assuré qu'il y a là quelque interpolation chrétienne, ou bien, comme dans le quatrième livre d'Esdras, la trace d'une influence indirecte du christianisme primitif. La notion d'un Messie soufirant est en contradiction flagrante avec leur système; ils n'ont admis la possibilité de la douleur que pour le second Messie, qui flgure dans quelques-unes de leurs traditions les plus bizarres et qui doit travailler à la délivrance des dix tribus * .
Ce fond d'idées est revêtu de symboles étranges dans ce curieux livre d'Enoch dont la première ébauche remonte au temps desMaccabées, mais quia été enrichi et modifié dans la période suivante*. L'auteur inconnu a eu évidemment l'intention de lutter contre la tendance
^ « Morietur hic Messias. » (Gfrœrer, H, p. 259-261.) On retrouve une trace de cette idée dans les paroles du Juif Tryphon k Justin. (Dial cum Tryph,, c. LXVIIL)
* D(ts Bitch Enoch Hbersetzt und erklœrt von Dillmann. Leipzig, 1853. Les fragments grecs publiés par Syncellus ont été recueillis dans le deuxième volume du Codex Pseudepigraph. Veter. Testavienti, de Fabricius. U est difficile de fixer la date du livre d^Enoch avec exactitude. Les déterminations chronologiques empruntées au calcul des semaines, dans le chapitre XCIII, pèchent toujours ,par Tarbitraire; on n*a pas d*élément fixe pour évaluer les nombres symboliques. Ewald et Dillmann voient dans le chapitre XC une allusion claire à Jean Hyrcan, qui serait Fagneau vaillant à la corne redoutable et victorieuse. Mais il se pourrait très bien que selon la coutume des prophètes, Jean Hyrcan fût pris après coup comme un type du libérateur futur plutôt que comme le Messie lui-même. Le fiU de Maccabée jouerait dans cette Apocalypse le rôle de David dans Tantique prophétie. Que le livre ait existé avant Jésus-Christ, c'est ce que prouve la citation de Jude (v. 14). Quelques traits paraissent