LE LIVRE D'ENOCH
sadducéenne; il Youlait combattre cette espèce d*épicnréisme juif qui reléguait Dieu le plus loin possible du monde et écartait son intervention dans la nature comme dans l'histoire. Désireux de remplir Tunivers de Factivité divine, il nous donne une sorte de physique fimtastique qui ne laisse subsister aucune cause naturelle, mais multiplie partout les agents directs de la Divinité, et peuple l'espace de myriades d'anges préposés aux diverses fonctions de la nature. Enoch, le g^^and saint de l'âge patriarcal, est choisi pour devenir le révélateur de ces mystères du monde; enlevé jadis dans les nues, il a pu parcourir ces obscures régions que recouvre pour nous le voile des phénomènes sensibles. Il n'enseigne pas seulement la doctrine des anges, mais encore celle des démons; ceux-ci sont les esprits des géants issus de l'union des anges déchus et des filles des hom-
se rapporter au temps des Hërodes. Le plus significatif me semble èite celui du chapitre LVI, 1. « Dans ces jours les anges s^assembleront, et leurs chefs se dirigeront vers TOrient, vers les Parthes et les Mèdes, pour provoquer un mouvement parmi les rois de ces pays. » U 8*agit de pousser ces peuples à faire invasion en Judée. Or T invasion des Parthes a eu lieu eflectivement trente-sept ans avant Jésus- Christ. Ils chassèrent le grand prêtre Hyrcan avec ses protecteurs, Hérode le Grand et son frère Phasael (Ofrœrer, I, p. 100. — Lucke, Offenhar, Johann., I, p. 251). Nous sommes donc très porté à placer le livre d*Enoch dans le siècle même de Jéâus-Christ. Il nous parait évident que le chapitre LXIII a subi des altérations dans le sens chrétien. Le Messie était dans Toriginal présenté comme préexistant dans la pensée de Dieu, selon la doctrine de la prédestination absolue. De là à lui attribuer par quelques additions, qu*on a cru simplement explicatives, la préexistence effective, il n*y avait qu*un pas. Nous avons d*ailleur8 la preuve évidente d*une retouche au chapitre XC. On trouve cette addition à la description du taureau blanc, image du Messie : « U était la Parole. » (Voir Dillmann, p. 65.)
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mes.Les t^latioEs dont Enoch a été honoré, aoit dans seapérégrinationB au travers de Tespace, soit dan^aes visiûi^tportexitpriQcipalaiiont surle plandeDieuàréganl diei bonunes. L'histoire ne fait que dérouler ses desseins éttf»els; tout oe qui eist apparu daas le cours des temps ouatait avant les siècles dans sa pensée. Celte préexistence idéale est naturellement attribuée tout d'abord au Messie, qui doit être son grand représentant sur la terre. Il naîtra au sein du peuple juif, objet des prédilections divines. Il s'appelle le Fils de Thomine et la justice habite avec lui. c II doit réveiller sur leurs couches les vcis et les forts et renverser les puissants de leuFs trônes; il brisera les dents des méchants. Il chassera les rois de leurs royaumes, parce qu'ils ne l'ont point écouté et point honoré. Il remplira les forts de confusion, les ténèbres seront leur demeure et les vers seront leur couche. Ils seront chassés des demeures où s'assemble son peuple. Alors montera vers le ciel la prière des justes et le cri de leur sang * . > Non-seulement le Messie préside au jugement dernier; il doit eneore ressusciter les morts. Dans ces joues, la terre et l'enfer rendront tout ce qui leur a été confié. Le Fils de l*homme ralliera autour de lui les justes, les saintSf car le jour de leur salut sera venu. Les montagnes rouleront comme des béliers et les collines eomme des agneaux qui ont été rassasiés de lait, t Ni l'or, ni le fer ne sauveront les méchants devant le gramd éhi
« Buch Enoch, XLVL
de Dim; Sb fondront devant lui comme le miel dei^Mt le feu. n aéra as^is mv le tfôae4e la juôtiee; il jugera tottf les actee des saints qui sont dans le del et pèsera tout ce quik auront &it k ses balanœs. Les rois et le« puissants le reconnaîtront a^sis sur le trône de la gloire; ils sauront qu'il n*^t plus possible de prononcer devant lui des paroles vaines. Alors la doaileur les surprendra comme une femme qui est en mal d'en&nt. Ils 4e regarderont les uns les autres et ils seront dans Tépcttvanta, quand ils verront ce fils de la femme sur le trône de gloire. Les anges de la justice les saisiront pour les châtier de ce qu'Us <mt maltraité les eniants de Dieu et ses élus, et ils seront en i^ctacle aux justes. Ils s'écrienmt : tOh ! si tu nous donnais du repos, que nous paissions célébrer et magnifier le roi des rois ! Nous scmfîrons après un^ heure de repos et aous ne lobtenons pas; la himièie a disparu pour JK)ua et les ténèbres sont notre habitation éternelle, parce <|ue nous n'avons pas cm «n lui et que nous Biv^ma mis torute notne espérance *«ale sceptre de notre jroynuté et dans notise gloire * . » Sn oppcMition à ce terrible <ibatîmQnt des puissances paSenoes, Enoch décrit le bonheur des élus, dans lesquels nous reconnaissons les enfants dlsraël ; il nous las montre assis mx festin de Dieu, revêtus de véteipents brillants et goûtant une félicité sans fin.
Les mêmes idées reparaissent .avec d'autres images dans le fameux chapitre XC*, qui termine l'esquisse