LE UVRE D'ENOCH
symbolique de l'histoire du peuple saint. Celui-ci est comparé à im troupeau de brebis gouverné successivement par soixante-dix bergers, qui figurent les rois étrangers à partir de l'exil. Les nations prennes qui ont foulé les élus de Dieu sont comparées à des corbeaux et à des aigles. Ces oiseaux de proie blessent et aveuglent les malheureuses brebis, jusqu'au jour où quelques-unes d'entre elles, jeunes et vaillantes, se détachent et luttent victorieusement contre leurs oppresseurs. Evidemment il s'agit ici des Maccabées, qui sont représentés comme les précurseurs du Messie. L'une de ces brebis courageuses a ime grande corne que les oiseaux de proie veulent briser, sansy parvenir. Le règne du Messie commence, mais il n'est pas clairement annoncé, parce que l'auteur s'est suffisamment étendu plus haut sur son rôle; ce règne est désigné comme la période de l'épie. Les anges déchus subissent leur châtiment; chaque brebis reçoit un glaive et tue les animaux ravisseurs. Dès que le jugement commence, le Fils de l'homme écrit les noms des brebis et ouvre devant Dieu le livre de vie ! Or, quel autre que le Messie pourrait en un jour semblable jouer un rôle si important *? Les anges dé-
1 M. Colani ne veut pas reconnaître le Messie dans cette portion da livre d*Enoch, la seule qui lui paraisse positivement juive. {Jésui- Christ et Us croyances messianiques. Introduction, p. 22.) U se fonde sur les retouches évidentes des similitudes; mais ces retouches ne suffisent pas pour leur ôter toute valeur. U prétend que la date de ces similitudes est clairement indiquée par Tallusion aux bains thermaux placés en des lieux volcaniques, et où les grands de la terre se livrent à toutes les voluptés; mais le chapitre auquel appartient ce morceau fait partie d*un fragment int«srcalé postérieurement qui contient la révélation de Noé sur le déluge. (Dillmann, p. 200.)