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LE QUATRIÈME LIVRE 3ESDRAS

chus, syiDl)olisés par des étoiles, sont les premiers jetés dans le lieu de la condamnation, puis le^ soixantedix pasteurs sont mis à mort et plongés dans les profondeurs enflammées. Les brebis infidèles subissent le même sort. Un second temple s'élève sur les débris de l'ancien; il est infiniment plus riche et plus magni- 6que. Les brebis élues y établissent leur domicile et reçoivent les hommages de tous les autres animaux; elles sont plus blanches que la neige et leurs yeux sont ouverts; le glaive qui leur a été donné est devenu inutile; on le dépose dans le sanctuaire. Le Messie, dans cette ère glorieuse, reparaît sous la forme d*un taureau blanc avec de grandes cornes noires. Le sens de ces symboles tourmentés est clair : ils représentent le triomphe de la théocratie juive à la suite d*une lutte terrible inaugurée par le Messie; son règne est avant tout le règne de Tépée. Certes, jamais le rêve juif ne s'est exprimé avec plus d'éclat et plus de passion. ^

Le quatrième livre d'Esdras appartient à une époque plus tardive, il remonte aux temps agités qui s'étendent entre la destruction de Jérusalem sous Titus et la sanglante répression du soulèvement de Barchoba^

t On trouTe le quatrième livre d*E8dra8 dans le deuxième volume du Codex Pteudepigraph, de Fabricius. Voir surtout rëdition explicative de M. Volkmar (Zurich, 1863). L*anteur a très ingénieusement cherché à déterminer la date du livre par le moyen de la fameuse vision de Taigle (ch. XI et XII), qui, comme toujours, est le type de la puissance romaine. L*JBtigle symbolique a deux fois six ailes, trois tétee, puis trois sous-ailes. Jusqu'à M. Volkmar, on comptait douze ailes, c'est-à-dire douie empereurs romains, en prenant à la

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Mais Q peut être conaMâré comme un piroduît atithentiqtïedela ^ag^ogue, comme rexpressio» fidèle de Tesprit pbaipisaïqtie dan» BOtt type invariable. Bsdraâ est le scribe par excelleiice; il a bu à la coupe enflammée de l'iMpiratioû*, et le rabbiaisme Ta choisi poof son orgatte. Le f^arisaïsme s'efforce d'élever son Messie à la hautetrr du Christ des èraugilés, et, dans ce dessein, comme plus tard le paganisme de la décadence ) il fddt phiiï d'un emprunt à la religîon qu'il maudit. Mais fl a beau faire, son Messie n'en demeure pas moins taillé à son image; il n'est que le représeirtafft de sou imfplac&ble orgueQ, qui se redresse sw les murd fumants du temple.

lettre les mots ; deux fois six ailes; et Ton avait ]a plus grande peine à Oé pa9 plftcw le quatrième ihff^ d*têàtAs sMet aivant dimt le second siècle. M.. Volkmar a réduit ces deux fois six ailes à six paires d^ailes, chaque paire représentant un empereur. Nous n*aTonft âoac plus qu» six empeMim. Il sé fctnde poar cette; ré> duction sur le rapprochement des versets 26 et 27 du chapitre XI. Au verset 26, il est parlé en ces termes de la première aile : Prima erettea ést; tanilis que ^ siefoendd e9t fliàsl 4ê»ighéé : ^ secundœ velocius çpiam priores non comparuerunt^ Ce pluriel explicatif du singulier du v. 2^ montre que deux ailes équivalent à une saule paire dfkilea» laquelle r«j>tés«Dte uasetil empereur. Cela necit donne les six empereurs de la famille des Jules, dont le dernier fut Néron. Lé* trois soiïs-aîJes sont les trois usurpateurs Othon, Galba et Vitellius. Les trois tètes sont les trois empereurs Vespasien, Titu9 et D»miti«A. Noue mmm^ tfiiai reportée au coaMmeacement du secood siècle pour la compasiiiOB: du livre. Les deu» premiei^ cha* pitMs sentuue ii>4erpo)a«ioi> daua le sena etrétieu. La diri«tologie du quaifiemei IW re d'Eadraa a étô conçue sous rinAueueei de KB^rliie primitiTe* M. VoUunar le reoonteSt netlement. Rieû ne peut mieaft pvoiUiMP riBH^ptaace (^*m»U; déjà, acquise la méia]^i34iq|tie' <d&ré^ tieuiie« que 1*0» pnéVsiui eM>ir Hé invetiltée eàaqilaïAe ans j^ue tahi

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L*humanité, dans son ensemble, est représentée comme une multitude c sans cause, » c'est-à-dire sans raison d'être; c'est le résidu misérable du vase de la création*. La création n'existe qu'à cause du peuple élu, qui est le lis et le joyau de TEternel ^. Si ce lis a été arraché de son sol natal et foulé aux pieds, ce n'est que pour un temps, t Quand les siècles seront révolus, mon Fils, le Messie, sera manifesté avec les siens, et il fera le bonheur des survivants pendant quatre cents ans. Il exercera un premier jugement sur les païens, et sera pour eux comme un feu consumant. H ramènera les dix tribus d'Israël de leur disperâon et reconstituera le peuple élu. Après ces années, mon Fils mourra ainsi que tous les hommes qui respi* rent*, et le monde retombera dans son antique silence pendant sept jours. Pais la terre rendra ceux qui dorment dans son sein, et le Très-Haut s'assiéra sur son trône. La justice, la vérité et la foi subsisteront seules. Dieu se réjouira dans le petit nombre de ses élus*.Voilà, dira-t-il, mon peuple spécial dans lequel mon nom a été invoqué. Je ne me soucierai pas de la grande multitude de ceux qui périront; car ils seront condamnés à bon droit à l'enfer. Sion rejettera ses voiles de deuil et repa-

^ «Residnas gentes dixîsti eas nil esse et salivsa assimilata sunt. » (VI, 56.)

* « Propfèr OM crcatuin est aeeulom. Popolut tuos qtiem Toeasti onigenitum. » (VI, 56, 57.) «Ex omnibus floribus elegisti ttbi lilium anuin. » (V, 24.)

> « Et morietur filius mens Christus. » (VU, 30.)

* « Multi creati sunt, pauci autem salvati. »

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raîtra parée d'une beauté nouvelle. » La puissance romaine, figurée par un aigle, sera abattue dans la poussière. € Tu as troublé les débonnaires, lui sera-t-il dit, tu as fait tort aux bommes de paix, tu as aimé les menteurs, et tu as renversé les murs de ceux qui ne t'avaient point fait de mal. Ton outrage est parvenu jusqu'au Très- Haut et ton orgueil jusqu'au Dieu fort. Le Très-Haut a mis fin à tes temps superbes et la mesure de tes crimes est comblée. Aussi, on ne te verra plus, aigle aux ailes horribles, ni tes plumes perverses, ni tes têtes malfaisantes, ni tes ongles cruels, ni ton corps dépouillé et nu. Toute la terre va être délivrée ; elle échappe à tes violences et met son espoir dans la justice et la miséricorde de Celui qui l'a créée *. b

Certes, entre le quatrième livre d'Esdras et le livre d'Enoch, les différences sont nombreuses ; la plus importante consiste en ce que, dans le premier, la résurrection et le jugement sont réservés à Dieu seul; mais le frénétique orgueil des pharisiens, leur insolent mépris de l'humanité, leur soif de vengeance, leur désir d'une revanche terrible sur leurs oppresseurs, toutes ces passions mauvaises ont également marqué de leur brûlante empreinte ce livre étrange. Il n'est pas sans beauté, mais on y voit se creuser dans toute sa profondeur l'abîme qui sépare l'idéal de Jésus-Christ de cehii des Juifs de son temps.

Au reste, l'opposition radicale qui existait entre les

i Esdros XII, 42-16.

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