‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 59 sur 309 · LES INDIFFÉRENTS · texte numérisé non relu

LES INDIFFÉRENTS

qua à Jérusalem une émeute qu'il paya de sa vie. C'était un pharisien exalté qui avait un grand ascendant sur la jeunesse; il voulait rétablir la religion dans sa pureté et briser le joug étranger *.

Entre les fiinatiques qui cherchaient à réaliser à main armée leur rêve ardent de restauration religieuse et les sadducéens prêts à vendre leur patrie à l'étranger, on trouvait cm certain nombre d*hommes à l'esprit positif, qui évitaient l'un et l'autre extrême et unissaient un patriotisme modéré à une grande indifférence religieuse; ils sont parfaitement représentés par l'historien Josèphe, ce pharisien politique qui fit la guerre de l'indépendance, mais se rallia à temps au vainqueur. On reconnaît bien en lui le citoyen d'une patrie illustre; il en relève la gloire avec complaisance, mais il fait disparaître la grandeur religieuse du judaïsme, et ne comprend rien à ce qui lui donne son caractère particulier; dans son histoire, le souffle d'avenir s'évanouit et l'espérance du Messie se réduit à l'ambition d'un peuple qui veut grandir. Josèphe mentionne bien les miracles, mais il n'a jamais saisi le principe de tous les miracles, l'intervention souveraine de Dieu dansnos destinées pour accomplir un dessein immense. Il

^ Diaprés Josèphe, Béll. Jtid.y 1, 33, 2, il s*appelait Matthifts, ce qui peut être traduit en grec par Theodas ou Theudcu {Don de Dieu), Il ne faut pas le confondre a?ec le Theudas dont parle Josèphe {Antiquités, XI, 5. 1), qui se souleva sous Fadus,c*estrà-dire quarante-quatre ans aprèi Jétiu-Christ, et après la mort de Oamaliel. Rien ne nous contraint d'attribuer à saint Luc une erreur chronologique qui eût été inconœrable de sa part*

ISO LE VRAIJUDAiSUB.

iiittstre son Téctt de poodigies, omnMe Tit^Iive ou Tache, mais il ne &*élèT6 pas Bundessus d'ujte iioide histoire classique.

Nous n*ayons parlé josqu'iciji^ du judaïsme officiel au tMUps de Jésus, de cdui qui^ré^nait daas les écoles etau temple. La pore 'religion, de l'Aficien Testam^t avait aussi ses représentants, même à cet âge de décadence. Plus d*un cœur attendait Tacconiplissement des promesses sans m^r à son espérance des paasioBs toutes terrestres. Nous verrons que cette petite éHte morale de la nation, qu il fsiut chercher parmi les humibleset les méprisés, ou du moins dans les rangs les rplus obscurs de la isociété juive, est arrivée au somiaet idu développement celigieux de Tancienne alliance; -'.elle Tecueille le firuit mûri de cette oeuvre si loi^;ue.de ;prépant»xrqui aicommeucé après.la chute. Les souflûances et Jies amea?tumes. du i temps accroissent et ^rriâent ces saintes «spinatioas. Si Tceuvre de préparo- 4iGn a abouti, poor le paganisme, à d^;iager de tontes les religions et de toutes leaphiloeophies ung^rand idéal, •:quine sauçait ètrerxéalisé par.lesiseules forées iiYtmaines, noi^'est^il pas. deméme'pour le judaïsme? U y a ici tplus qu'une simple jaa^nratiaai, il 7 a unegloréeu^e promesse, legs sacré des pères. Sa décadence actuelle démontre que. ce n'est pas dans son cadre qu'elle troa- ■ veFa/fion'aceomplisseraeût. Tous ceux qui s'efforcent de réaliser cet idéal dans l'enceinte du judaïsme ne font que le dénaturer misérablement. Aussi^ les cœurs droits et pieux, au travers d'obscurités persistantes, soupi-

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rent-ils après une grande manifestation divine; ils offirent ainsi à Jésus ce point de contact sans lequel il n y aurait pas de lien moral entre lui et la race qu*il doit représenter pour la sauver.

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