CRÉDIBILITÉ DE L'HISTOIRE ÉVANOÉLIQUE
intact ce qu'il a fait ou dit. II y a dans cette persua- SLon une garantie d'exactitude scrupuleuse, car que peut-on ajouter à ce que Ton croit divin? Il ne stLgit que de savoir si nous possédons encore la tradition primitive, si nous sommes en présence d*un témoignage direct et sincère. Il nous sera facile d'établir que nulle histoire ne s'appuie, de l'aveu même de nos adversaires, sur des documents plus irréfragables que l'histoire évangélique. Nous demandons pour elle le droit commun de la critique; il nous suffit qu'elle ne soit pas soumise à des règles d'exception, dont l'application frapperait d'interdit les faits les mieux constatés. Exiger, pour admettre l'authenticité d'un écrit, non-seulement des dtations directes dans un livre contemporain, mais encore des attestations multipliées que ces citations ne sont ni tronquées, ni inventées, c'est n'accepter en histoire que des actes notariés et des patates officielles \ Les Commentaires de César et les Annales de Tacite ne résisteraient pas à de tels procédés, car il n'y a pas de recours contre le scepticisme qui est plutôt un état maladif de l'esprit qu'une activité de la raison; l'impossibilité de conclure doit être distinguée avec soin de la recherche libre et consciencieuse.
1 Strauss, p. 40, 41.
154 îîE TmŒQHAQE DR PL^E LE ^EUNE.
I. — DBS PREUVES GÉNéRALES DE LA RÉALITÉ DE L'BISTOÏSB ÉVANOÉLTQtrB,
Dans toute lisslozre: il ^&ut dstingoer les faits essentiels, les gmndes masses- qui se diseernentiauprenûer coup d'oeil et les âdts^poiÉieuliero^iles détails, «quir seuls donnentau récit la eouteuretlaTie^Delà^deuxagemes de témoignages distincts: tautxl^Bbotd im ifténioigosge direct, puis un témoignage plus^énéral^^pliiB \iague, qui eât comme Técho dans ;le. lointain .d'im^yénement important. Toute grandei apparition historique d^asae nécessairement le cercle étroit .de}sesiorig4nt8;^elle« son contre^eoup dons le mande :et «on y doit.i?etro»Ter ea trace plus lou moins prafondément marquée. Ce double témoignage n';a pas manqué au ehristianisBie primitif. £n dehors de sses [adhérents et ide ses pâtres qui imuvent seuls nous fairetconn^tre sa varaieoiatuBe, lia dès le début creusé son sillon dans >k;littéxetQie jtûye ou païenne,)de 'manière à mettre horsiâe^'dovte k réalité d&eon appasrition. lits iœmmes quii'le.^afiBsaient ou leiz^prisaient oixt amnoins^garaoski son^Oftrax^tère'hifitorrique;' il^o«B imponteidtestftendredcur ifak 'Svailt'eêlledeqsesTBprésenlamts aicthentiques.
n est eertaôn que désoles ^premières aacnées &ai6eeoiKd siècle, la religion nouvelle avait non-seuleamatg^Eandi sur la terre de Judée, qui fut son berceau, mais qu'elle s'était répandue dans Tempire romain et qu'elle avait pris assez d'importance en Asie Mineure pour que Pline le Jeune, légat impérial en Bithynie, en référât à
IsS TÊM€mNAGE £)fE PUOm LE JEUNE. 155
Ytwftnar dans use lettre céièbre ; il y décrivait, non
«uis ^inquiétude, ses progrès et ises' triomphes et de-
BMttdaîtàTrajan eomment il devait se comporter vis-
è^^ de cette aoete bizarre, totit'eosemble somniee aux
fois «iviiefr et rebelle aux dieux . Le' gtmverneur heh es-
-prit a dkeenié de «uitéle Hem étnoit qui la rattache à la
personne de «on fondateur; il reconnaît que le convenir
•dnCamgt, ou plutôt yadofpatian qu*on lui avouée, est
YêBtkB même du «ulte qui porte i9on nom * . Ainsi ceihaut
digniteire de Teupire, vce Mbire penseur, annonce à
'«on: vialtre qu^xme nouv^e puissance morale, pleine
d'éisavietoorieux, a surgi^dass le vieux monde ^uiati-
^tpn et ipiï'elle £6 rédamaduinomide JésucKOhristJBvi-
léeauneûtiitJcesiefiiBts prodigieux, il fiant mie oaase^qni
i0B»L{diqn6; il font'donc que eet homme ique:Piine4ge
^bone à* nommer, tout «ifreconnaissant qu'il est un Bien
poBT iee siens, ait exercé sur aix un incomparable
«•Bdodaiit.' Qu'^lque.ohose de grandia dû se passer un
dflDtt^^iède auparavant, dims le coin de :1a Judée d-où
- eesmxvement irré^tible est sorti. Cen^est pas exagérer
la]wrtéede ee témoignage que de Tinterpréter ainsi.
n^ie i«Iie -à deax témoignages infiniment raoinspré-
ÔL, mais qui empinntent k leur date> une haute impor-
taœe^^Le pcemier^Btde Snélone.' Khistorien des Gé-
san, bien que ne distinguant pas la religion nouvelle
du culte antique dont elle est sortie, constate au moins
que le nom de Jésus est devenuam ferment d'agita-
* c Ctrmenque Christo quasi Deo dicere. » (Pline, lib. X, ^efivst.' 98.)