‹ Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvreChapitre 70 sur 309 · LES TÉMOIGNAGES DU SECOND SIËCLB · texte numérisé non relu

LES TÉMOIGNAGES DU SECOND SIËCLB

exégétiques d'Origèoe et de ses longs voyages dans rOrient chrétieii. Eusèbe parle au nom de toos ses devanciers immédiats quand il dit : c Au prenûer rang des écrits acceptés par tous, il faut placer le quadrige sacré des évangiles ^ > ^ nous remontons à la dernière moitié du second siècle, nous trouverons un assentiment non moins unanime et non moins précis. Tertullien s'accorde sur ce point avec Clément d'Alexandrie et Irénée *. On a essayé d'infirmer le témoignage de l'évêque de Lyon, parce qu'il use d'un symlolisme étrange pour expliquer le nombre de nos évangiles qu'il compare aux quatre parties du monde, aux quatre colonnes d'un édifice, aux quatre chérubins. Une métaphore contestable n'empêche pas Irénée d'avoir puisé à la source d'information la plus pure et la plus riche. A la même époque, vers l'an 181, le canon de l'Eglise de Rome, retrouvé par Muratori au siècle dernier, mentionne l'évangile de Luc et celui de Jean en les désignant comme troisième et quatrième évangiles, ce qui implique l'existence des deux autres '. La traduction syriaque connue sous le nom de PeshUo ne saurait être placée à ime date plus tardive ^ \ elle

(Eusèbe, H. jK., III, 25.)

• Tertullien, Contr, Marc,, IV, 2-5. — Clément dans Buaèbe, H, E.^ VI, 14. — Irénée, Advers. Hœres., IH, 1.

* Le canon dit de Muratori porte sa date. En effet, Tauteur nous apprend que le Paator fferma» a été écrit très récemment (nu^ perrime conscriptus) à Rome sous l*épiscopat de Pie. Or, Pie était év^ue en Tan 156.

^ La PeshUo appartient à une époque où la canonicité est encore

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contient nos quatre évangiles; ils circulaient donc depuis longtemps dans les Eglises. Il est certain qu'il y eut de nombreuses versions latines en Afirique et en Italie dans le courant du deuxième siècle. Augustin reconnaît qu elles se multiplièrent c dès les premiers temps de la foi*. > Or, TertuUîen, le traducteur d'Irénée, et Cyprien citent toujours le même texte, ce qui n'était possible que si l'une de ces versions avait supplanté les autres. Personne ne contestera qu'un certain laps de t^nps ne fût nécessaire pour qu'un type de traduction se constituât. U s'en suit que nos évangUes avaient été acceptés dans les Eglises d'Occident à une époque bien antérieure à celle d'Irénée. Nous sommes ainsi reportés jusqu'au milieu du second siècle. Si nous remontons plus haut nous pouvons invoquer le témoignage de Justin Martyr dont la conversion au christianisme peut être placée vers l'an 132. Moins lié à la lettre des textes que les Pères des âges suivants, et assez rapproché des temps apostoliques pour puiser encore à la source de la tradition orale, il cite avec une certaine liberté nos évangiles. Il les appelle les nimoires des apôtres ^ parce qu'il a la coutume de traduire le plus possible les termes bibliques dans la

loin d'être fixée; elle ne contient ni ladeuxième épftre de Pierre, ni la dMoième et la troisième de Jean, ni celle de Jude, ni TApocalypse. Cela nous reporte à la date indiquée. Uidiome employé et la prompte diffusion de cette version dans les Eglises de Syrie nous amènent an même résultat.

* « Primis ûdei temporibus. » (Augustin, De Doctrina christiana^ n, 1.) La traduction des divers livres ne paraît pas avoir été d'une seule main.

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