LA LANGUE DES SYNOPTIQUES
second siècle, le texte de nos évangiles avait subi une épuration, et qu'il s'était alors fixé pour l'Eglise, à la suite d'un travail critique plus ou moins prolongé. C'est ce qui ressort de la comparaison du manuscrit du Sinaï avec les leçons adoptées par l'ancienne traduction latine et les Pères les plus illustres. Or, un tel travail nous fait supposer, à bon droit, que les livres sur lesquels il portait étaient admis depuis bien des années comme faisant autorité * .
La critique la plus indépendante vient confirmer ces résultats généraux sur la crédibilité de nos évangiles.
Tous ceux qui n'ont pas porté dans cette question un parti pris inflexible sont tombés d'accord pour placer la composition de nos trois premiers évangiles de l'an 71 à l'an 80, et pour voir dans nos récits canoniques l'écho d'une tradition antérieure *. 11 reste bien peu de temps, nous semble-t-il, pour une altération légendaire des faits qui les aurait entièrement transformés. L'importance de ces concessions de la critique n'échappera à personne; elles ont renouvelé entièrement le débat en le simplifiant.
Une dernière raison pour reporter les synoptiques à la date généralement admise dans le premier siècle, c'est le caractère très particulier de l'idiome
» Tischendorf. Wann tcurden unsere Ev, verf., p. 66 et suiv.
s Renss, Gesch. der Heilig, Schr. N, T., { 196.-*RéYille,£(a<i2ef critiques sur l Evangile de saint Matthieu, p. 245. — Michel Nicolas, Etudes critiques sur la Bible, p. 6. — Holïmann, Die Synopt. Etang., p. 412-316.— Schenkel, Characterhild. Jesu, p. 340-344. — Renan, Vie de Jésus, Introduction, p. xxm.