LE TÉMOIGNAGE DE PAPIAS
moins discuté que le fameux texte de Papias sur Matthieu, peut-il s'appliquer à notre second évangile ou bien devons-nous supposer un écrit primitif que nous aurions perdu?
Nous pensons que la comparaison du second évangile avec les autres évangiles, et spécialement avec le quatrième, motivait parfaitement un jugement semblable dans la plus haute antiquité chrétienne; pour qui connaissait la belle disposition de l'évangile de Matthieu et de celui de Luc inaugurés l'un et l'autre par le récit de Tenfance du Christ, le second évangile, qui débute avec une sorte de brusquerie, devait paraître un simple fragment de l'histoire évangélique. C'était un temple sans portique, dont l'ordonnance était, par conséquent , défectueuse ' . Les grands discours du Maître étaient passés sous silence. Il serait, du reste, possible, d'après le témoignage des Pères, que Marc se fût contenté à Rome d'une première esquisse de son évangile qui eût été simplement la reproduction de la prédication de Pierre et que plus tard il l'eût complété après 1& mort de l'apôtre, mais sans lui faire perdre son caractère premier dé vivacité et d'énergie. En effet tandis que Clément d'Alexandrie place la composition du second évangile à l'époque même du séjour de Pierre à Rome (vers l'an 64),Irénée lui attribue une
gna^ est conârmë par Teriu)lien, Adv, Marc, IV, 5; Hieronym.» De viris illust., 8.
1 M. Reuss lui-même admet la possibiliU d*appliqtier à notre Marc actuel la citation de Papias. (Gesch. Heil, Sch, N. T., 1 187. Voir Bleek. EinUU,, p. 116.)
«6 RAreORTS DE MARC ET DE PIERRE.
dittef>09Mrieure * . Quoi qu'il en êok^ il demeure certain pour BOUS que, dans sa partie essentielle, l'éTangile de Marc tétait déjà écrit du vivant de Tâpâtre Pierre dont il reproduisait d'une manière si fidèle la préoUMdion énergique. L'histoire du sitele apostolique ccmftrme pleinement ce que Papias nous apprend dur Marc. Il était Juif d'origine ; la maison 4e sa mère était un lieu de réunion pour les chrétiens de Jérusalem. C'e6t là qu'ils étaient assemblés en prières lors de la délivtc^i^ de Pierre*. On voit par ce trait combien cet^pôtie^était ahné>de la ftimille de Marc. Il semble qu'il y idt eu une grande ressemblance morale entre Marc et Pierre. Le jeune disciple a la mâme nature ardente et lotiobile, avant d'avoir passé au creuset qui purifie. Peut-être faut41 le reconnaître dans le jeune homme inconnu qui suivait de loin Jésus' au moment de son arrestati<)n, et qui dans la précipitation de sa faite laissa aux maiss des premiers ^survenants le vétemeint dont il s'était hâtivement coiuvert'. Son élan courageux pMt accOffipagtôr saitit Paul et Bamabas dans leur pi^Bfenkr voyage missionnaire, sa promptitude à se dérober à «m périlleux:devoir ^, vmlà autant de traits qui rappeflent le fils de Jona. Marc tevi^t à JéruSalan. Plus tard, il nous apurait mari, taffenoai dans $a M et dAi» son cotiïage; T^pôtre Piette «te plaisait à
* Irénéê, apiid Eusèbe V, S.
«Acstes XII, 2.
» wriwc xrv, 51.
» Actes XV, 38.