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RAPPORTS DE MARC ET DE PIERRE

Tappder son fils dans sa lettre écrite de Bâbylone*. Avunt de rejoindre ce dernier datns cette Tille, il s'était de nouveau attaché à Paul, mais poûriae plus l'abandonner, même à l'heure du péril et de la Jsaptivite, n était av^ lui dans &a prison de Césatée^. Cest de là probahlement qu'il fie rendit auprès de Pierre pour revenir à Rome où saint Paul l'appelait avec une instance qui l'honore. Pierre arriva bientôt lui-inème dans la grande métropole. Qui eût ^ mieux préparé que Marc à lui servir d'interprtite , noD-seulemeilt auprès des Romains, mais encore auprès de toutes les générations chrétiennes?

Si nous coiBidérons l'évang^ile lui-iâékne, nous 3onunes frappés d'abord de certains tnUts qui indiquent qu'il a été écrit pour des Romains. Akïsi , l'auteur emploie à plusieurs iieprîses des mots latins'. n a ^n d'apprendre à ses lecteurs que Shnon <ie Cyiène était le père d'Alexandre et de Rufus, lesquels étaient &xés à Rome ^, ce quii n'avait d'intérêt que pour les habitants de cette ville. Les préoccupations dominastes dans la chrétienté palestinienne ne trouvent point idepkce dans le récit de Marc. Il ne fait presque anciine allttsion aux orades juifs, mais il donne, «ur Jei^'Cootnmes^ hébraïques, des explicaitions qui eassent été ]Hur£ftitement inutiles ailleurs que dans le monde

tl-WerreV^.lS.

s Ep. k Philémon, 24.

» AiQvdpicv, xevTup{(i>v. (Marc XV, 30.)

« Ifaïc XV, 24; comp. Rom. XVI, 13.

208 L*ÉVANaiLE DE MARC ÉCRIT A ROMR.

païen. Ce qui est surtout frappant, c est le caractère vivant, éneif;ique de sa narration, et la chaleur de son coloris. Ce mode de récit était admirablement approprié au génie pratique des Romains, bien moins préoccupés de ridée et de Texplication des faits que des faits euxmômes. Nul récit n'est plus dramatique que celui de Marc. Les longs discours recueillis par les deux autres synoptiques sont supprimés. La narration est concise et fait tableau. On reconnaît à des signes irrécusables, dans cet évangile, Técho d'un témoignage immédiat Il désigne par son nom de Bartimée l'aveugle guéri aux portes de Jéricho; il raconte que Jésus, pendant la tempête de Tibériade, était à la poupe du bateau couché sur un oreiller. Il mentionne aussi le regard d'amour avec lequel Jésus a accueilli le jeune riche, le soupir de tristesse qu'il a poussé en constatant l'incrédulité des Jui& * . La scène de la Passion, spécialement le récit du reniement de Pierre, a un cachet dramatique plein de relief et de précision.

Le ton général de la narration s'oppose absolum^t à ce qu'on ne voie dans Marc qu'un abréviateur de Matthieu et de Luc. Ces procédés de scribe sont parfaitement étrangers au siècle apostolique. Marc, dans ses longs séjours à Jérusalem, a certainement entendu la prédication de Matthieu, qui fiit plus tard le fond même du premier évangile; rien n'empêche

« Marc X, 46; IV, 38; X, 21; VÏU, Vt.

RAPPORTS DE MARC ET DE MATTfflEU. 209

d*adiDettre qu*il en ait conservé par écrit de nombreux firagfments. (Tétait une coutume déjà en vogue de son temps dans TEglise primitive, comme nous Ta appris le prologue de Luc. En s*y conformant, il aurait accompli un acte très naturel. Les analogies et les différences des deux évangiles trouveraient ainsi leur explication. L'élimination des portions proprement destinées au milieu judéo-chrétien dans la prédication de Matthieu, et surtout le tour spécial de la prédication de Pierre à Rome, impriment au récit de Marc un caractère spécial. Il nous présente, en effet, en première ligne, non plus le Messie qui accomplit l'ancienne alliance, mais le Fils de Dieu qui déploie une puissance surnaturelle pour sauver le monde. Si révangile de Matthieu est Tévangile de Taccomplis- 0»nent, celui de Marc est Tévangile de la force divine manifestée en Jésus-Christ*.

n ne suffisait pas que la prédication évangélique gagnât le monde païen par le simple mouvement des missions primitives; il fallait encore que les barrières nationales, abaissées sous Teffort d'une irrésistible force d'expansion, fussent formellement abattues, et

t Strauss (noaYelle Vie de Jésus, p. 133) voit dans Tévangile de Marc un écrit inspiré par la tendance de conciliation qui eut d*aprô8 lai son siège principal à Rome, au milieu du second siècle. Il se fsHide tor certaines analogies verbales entre le deuxième évangile et le quatrième pour assigner k Marc une date tardive, comme si ces analogies ne pouvaient tout aussi bien démontrer Tantériorité que la date postérieure de Marc. Quant à la théorie de la conciliation, elle tombe avec tout le système de Tubingue devant Timpossibilité de placer nos évangiles au second siècle.

ta LE TROISIÈME ÉVANGILE.

que Ton reccmnnt que, devairt Jésus, c a n'y a plus ni Grec ni Juif. » La sodéHé TéHg^eme iT^étût pas umqueme&t appelée à s'accroître et à stigran» dir; la doctrine devait s'élargir ou jdutdl se dégager de tous les préjugés judaïques. On sait queBee lattes forent nécessaires pour metke'cn lunoèBs celte grande vérité que le christianisme {n*«gt pas la rriàgien d'un peuple, mais celle de Thumanité. Les elferts, les souffira&ces et les féconds labeurs de saint Paid assolèrent seuls sa victoire. Nous avons vu qve nos deoac premiers évangiles, bien loin de refléter les passicH» fan judéo-ciiristÎAnisme étroit, poseaii, avec avitaut de sîmpUcité que de largeur, runiversaliame^vangitti^e en opposition au particularisme juif. Maîa fl était utBe que cet univcorsalisme apparût «vec plus de neUsté encore dons l'un des recueils des traditions prindltvas. C*est ce qui eut lieu dans le troidème évangile, appelé, à bon droit, Tévangite panliniaft, H n*«6t pas |Atts en eonttadiction avec les deux premiers réotti eanoniqaes que Paul lin-même ^e Ta été avec les dottfle. n est aussi modéré dan» son univeaMlîane que Matthieu dans son jndécHcfaristiaiDisnie. Luc mai&tient la perpétuité de la loi ' ; la partie prophétique a conservé une couleur hébraïque^; le dniH d'aisesse des Juifs dans le royaume de Bien est expUcîtement reconnu dans la parabole de l'^ofiint prodigue '. Bvi-

t Luc XX, 17.

■ /d., xxn, 30.

•Ici., XV, 25.

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