LUC AUTEUR DU TROISIÈME ÉVANGILE
entre Epapliras et Démas qui étaient des prosélytes grecs, on est en droit de supposer que Luc était de la même origine que ces derniers. La tradition l'a fait naître à Antioche ; il était médecin, et, par conséquent, d'un esprit cultivé. On voit par son prologue comme par les Actes, qu'il écrivait le grec très correctement. Nul homme n'était évidemment mieux préparé à recueillir avec soin la tradition évangélique en s*attacbant de préférence aux portions sur lesquelles saint Paul avait fondé son enseignement spécial. Le troisième évangile est adressé à un homme de distinction, selon une coutume fréquente des anciens. Tl est donc né, comme les autres récits canoniques^ d*une circonstance particulière, et il a, comme eux, ce cachet de simplicité et de vérité que n'ont pas les livres publiés officiellement et à grand fracas. De même que Tévangile ds Matthieu nous conserve le type de la pré* dication des douze, l'évang^e de Luc est le monument de cette prédication plus large du treizième apôtre, qui avait été précédé dans cette voie par le diacre Etienne.
Cest bien à tort que Ton ferait de Luc un simple compilateur; il ne l'est pas plus que Marc n*est un abréviateur. Un sou£9e de poésie sublime et de vérité candide traverse cette narration plus limpide, plus attrayante que les deux autres. Il nous paraît certain que Luc a connu Marc, dont l'écrit, surtout sous sa forme première, répondait à ces narrations sans ordonnance précise dont le troisième évangéliste dé-