LES BASES DOCTRINALES
moQr, Tunion du Père et du Fils, t Au commencement étaitie Verbe, et le Verbe était près de Dieu, et le Verbe était Dieu. » Surcette relation duPère et duFilsplane une ombre sacrée, qu'aucune théorie humaine n'a pu percer, car les analogies nous manquent et le langage ne saurait porter le poids de telles pensées. L'éclair rapide qui illumine ces profondeurs nous révèle un Dieu vivant, aimant, qui n'a pas besoin de chercher dans le monde créé l'objet de son amour, mais qui le trouve dans l'être semblable à lui qui est sa parfaite image. Créer n'est donc pas pour lui une nécessité comme s'il ne pouvait sortir d'une solitude inerte qu'en produisant le monde. La création est un acte libre, un acted'amour, accompli par le Verbe. € Toutes choses ont été créées par lui et rien de 08 qui est n'a été créé sans lui. » La création morale est non-seulement son œuvre, mais encore son reflet et sa manifestation, c En lui est la vie, et la vie est la lumière des hommes. Il est cette vraie lumière qui éclaire tout homme venant au monde. » Il y a donc une relation naturelle et primordiale entre l'humanité et le Verbe. La vie supérieure chez l'homme est une communication du Verbe. C'est sur cette relation que se fonde la possibilité de l'incarnation du Fils de Dieu, car il est évident que la nature humaine atteint en lui son idéal, puisque c'est en lui qu'elle trouve la plénitude de la vie morale.
D'après le prologue de Jean, la lumière incréée du Verbe a jeté quelques rayons dans la nuit d'un monde séparé de Dieu. € La lumière brille dans les ténè-
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brei. » Mtt» qwmi il s'est agi de raèhsterce maoèty de le fi«a¥er^ et d'él^ar TbotBasie jttstju'à DîeA, alors c le Verbe sTeat &st cludr; > œ qû ne signifie pas mû- ,pisiMmti|a'il«nvètoimoorpBibiuimii^.iBaM^^ est de?eau vraiment homme et s'est .soumis à ioHies ks coBdîtions de notie ezistenee. Jésus-Cbrist n'jBstpes le Fils de Dieu caclié dans le Fils dePhoracme, cetaervant tonslea attributs de la divinité à l'état latent Ce Be»t admettre UHe daaiiié irréductible qui ftcait di^aratee Tumîté de sa personne et la souslraôrait aux cooditÎQas normales d'une existence humaise : son obéiasanœ dépendrait illuacHre et son exemple serait sans appUcation pour notre race. Non, quand le Verbe est devenu cfaadr, il s'est anéanti, il s'est dépouillé de sa glmoe; < étant riebe, il s'est fait pauvre, » il e^ deveoru eoinme l'un de nous, sauf le mal, pour traverser la lutte morale avec tous les risques de la liberté. Cest un Fils de Dieu volontairement abaissé, et cet abaissement est le commencement comme la condition de son sacrifice. Il a gardé de la divinité ce qui en constitue en quelque sorte l'essence morale; il n'est pas moins faonune pour 0^, parce que l'homme ne s'achève qu'ai Dieu. Sôus peine de tomber dans un docétisme qui fisnùt de Christ un fantôme et de l'Evangile nne ilksicm, il fismt admettre dans tout son sérieux et avec tout son mystère cet abaissement du Verbe, beaucoup trop oublié fêx l'Eglise tivéologienne du quatrième siède. A Fâge antérieur, au milieu des hésitations et des incertitudes dé la fbmmle, on n'a pi» cessé de croire an Christ vrai-
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ment homme; on n'a pas etr reccmrs au dogpne des deux natiireB et Ton «est demeuré fidèle aux oroyanœs 4es temps apostoliques trop Tivantes et trop profondes podf se perdre dans ces disfioictionB métaphysiques. ffoPM fàttUB est, disait Irénée, nt nos aesue/aceret
Ainsi donc le Christ, dont nous allons retracer là Tie, n'est pas ce Messie étrange qui a, comme Dieu, la toute-science et la toute-puissance, tandis que, comme homme, ses connaissances et son pouvoir sont bornés. Nous croyons en un Ohrist qui nous est devenu véri-
^ Deux livres sur les questions que je viens d'aborder ont paru depuis la première édition de cet ouvrage, Tim • en • Altetniigne et Tautre en Angleterre. Le premier est la Christologie des Neuen Testaments de Beyschlag ; le second, le livre intitulé : Ecce Homo, qui a soulevé en Angleterre d'ardentes discussions. L'essai exégétique de M. Beyschlag relève avec une grande force Thamanité de Jésus-Christ, mais conteste sa préexistence personnelle et par conséquent toute la théorie que nous avons formulée. Sans contester la grande valeur scientifique et religieuse de ce livre, nous ne pouvons admettre ses conclusions, parce que Fauteur nous semble faire violence aux textes les plus précis pour établir sa thèse. Il faut renoncer à fonder sa théologie sur TËvangile, si Ton ne veut pas reconnaître la préexistence du Verbe dans Jean I, 14 et dans tant d'autres déclarations.
Quant au livre anglais {Ecce Homo), il porte l'empreinte de la plus haute distinction intellectuelle, mais, bien qu'il admette en principe le surnaturel, il ne lui fait pas sa vraie place, le christianisme étant plutôt pour l'auteur anonyme une manifestation de l'idéal qu'une rédemption pour une race déchue. Nous avons là une sorte de stoïcisme transcendant dans le cadre évangélique : au reste, les pensées riches et profondes, je dirais presque les traits de génie, abondent dans cette caractéristique de l'œuvre du Christ Aussi, malgré ses graves lacunes, offre-trelle de précieuses ressources à l'histoire de Jésus. Les rapprochements de la religion nouvelle avec l'antiquité classique sont surtout admirables. L'auteur est nourri de la moelle des grandes littératures de la Grèce et de Rome.
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tablement semblable, qui s'est soumis aux conditions du progrès, du développement graduel de la vie et qui a obéi jusqu'à la mort de la croix. C'est à ce prix que l'Evangile est vivant et humain, et qu'il cesse de ressembler à une peinture byzantine, roide et immobile dans son cadre d'or, où l'expression individuelle se fond dans une couleur de convention, c II a fallu» dit l'auteur del'épître aux Hébreux, qu'il fCit semblable en toutes choses à ses frères, afin qu'il fût un souverain sacrificateur miséricordieux, car ayant soufiert luimême et ayant été tenté, il peut aussi secourir ceux qui sont dans l'épreuve * . »
1 Hébr. U, 17, 18.