‹ Jésus de NazarethChapitre 16 sur 47 · CAN · texte numérisé non relu

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relations du Christ avec les esprits, mais ils péuvent …

avoir été incorporés aux idées juives avant Paul. Rien ne serait cependant plus faux que de voir dans la christologie pauhinienne un simple développement de prémisses juives ou judéo-helléniques. Ce qui lui donne son origina-

lité, c’est la synthèse réalisée entre ces éléments et l'ÉRE

ts historique de la vie et de la mort de Jésus. On ne peut, comme le voudrait M. Couchoud, ramener

l’un à l’autre l'élément historique et l'élément dogmatique de la christologie paulinienne. C’est ce qu’établit déjà le fait que nous ne trouvons pas chez Paul une conception homogène des causes de la mort du Christ comme

ce devrait être le cas si toute l’histoire de Jésus, et en

particulier sa mort, avaient été postulées au nom de prin-

(1) Sur la doctrine messianique juive voir Scnürer, Gesch., II, p. 496- 556 ; Bousser, Die Religion des Judeniums, Berlin, 1903, p. 195 s.; BALDEN- SPERGER, Die messianisch-apokalyptischen Hoffnungen des Judeniums, Strassburg, 1903 ; Brückner, Die Entsiehung der TT Christologie, Strassburg, 1903, p. 97-218,

(2) Brückner, Die e RARE d. paul. Ch 93 s.

FRAME TEE x OL RCE ET PE à Ÿ

cipes dogmatiques. D’après 7 Cor., 2, 8, le Christ meurt crucifié par l’action des archontes ou anges révoltés contre Dieu (1). D’après Rom., 8, 3, il meurt parce que, bien qu’il ne soit pas personnellement pécheur mais à cause de la solidarité qu’il a acceptée avec l’humanité, Dieu le traite comme s’il était le péché lui-même et lui inflige le châtiment mérité par les pécheurs. Ces deux conceptions ne sont pas dialectiquement inconciliables. On pourrait se représenter les- archontes comme des agents dont Dieu se sert pour punir le péché. Sans doute aussi les deux conceptions sont loin d’avoir exactement la même portée et d’être sur le même plan. La première n’est indiquée que d’une manière toute incidente,dans un développement qui traite, non de la mort du Christ, mais de 1 sagesse de Dieu. La seconde est en relation directe avec la doctrine de la justification qui est au centre des préoccupations de l’apôtre. La coexistence de ces deux explications indique cependant que nous n’avons pas affaire à une conception créée d’un seul jet, mais à un système qui résulte, non du développement d’un mythe ou d’une doctrine, mais de l'interprétation par cette doctrine d’un fait historique.

La justification et la rédemption du pécheur

La même conclusion ressort, avec plus d’évidence encore, de l’examen de la théorie paulinienne, de la justification et de la rédemption du pécheur. La mort du Christ, nous l’avons vu, abolit les conséquences du péché

(1) Nous avons vu plus haut (p. 121 s.) le sens de ce passage,

et contient en germe la défaite des démons auxquels lhumanité est assujettie et dont l’action produit le péché et la mort.Mais, si efficace qu’elle soit, cette mort n’abolit pas les conséquences actuelles du péché. La destruction théorique de sa puissance n’empêche pas que les hommes continuent à porter, en fait, les conséquences des fautes qu’ils ont commises, et si les puissances démo-

niaques sont, en principe, condamnées, les hommes subis-

sent encore les effets de l’assujettissement où ils ont été à

leur égard dans le passé. Leur pouvoir d’ailleurs continue

à s'exercer Jusqu'au moment où leur défaite sera complètement réalisée.

L'œuvre accomplie par le Christ en mourant sur la croix ne justifie pas aussitôt les pécheurs ipso facto, par un acte, en quelque sorte, magique ; elle rend seulement possible la justification, c’est-à-dire l’acquittement de

l’homme devant le tribunal de Dieu. La justification

ouvre au croyant l'accès du Royaume céleste et lui donne l’assurance de sa rédemption future.

Le salut ne peut être réalisé pour l'individu que par un P P que p

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