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Le folklore. Fa

Il y a dans les évangiles des éléments analogues à ES tains thèmes développés dans le folklore de différents

(1) Nous ne revenons pas ici sur le rôle de l’exégèse prophétique dont ia été question au chapitre précédent.

peuples (1) et qui doivent avoir la même origine, mais on ne peut expliquer par là que certains détails secondaires sans lien organique avec les éléments essentiels des récits et qui, le plus souvent, ne se rencontrent que dans les formes les plus jeunes de la tradition. Les conclusions qui valent pour ces détails ne peuvent être légitimement étendues à l’ensemble de la littérature évangélique.

Les exégètes ont, depuis longtemps, remarqué que les ténèbres qui se produisent sur toute la terre au moment de la mort de Jésus (Me., 15, 33. Le. 23, 44. Mit., 27, 45), les tremblements de terre et les résurrections dont parle Matthieu (27, 52-53) sont des éléments qui se rencontrent en dehors des évangiles, dans les milieux les plus divers (2), mais il ne serait pas plus légitime d’en conclure que la mort même de Jésus est mythique qu’il ne le serait de penser que Jules César n’a pas été un personnage réel parce que de nombreux écrivains ont raconté que sa mort avait été accompagnée de signes non moins extraordinaires (3).

Il y a chez divers peuples des légendes analogues aux récits évangéliques de la marche sur les eaux (Ac., 6, 45- 02. Mi, 14, 22-33), ou des multiplications des pains (Mc., 6, 31-43 ; 8, 1-10. Me, 14, 13-29 ; 15, 32-39: Le., 9, 10-17. Jn., 6, 1-13) et les parallèles réunis par M. Saintyves sont aussi intéressants qu’instructifs (4). Leurs rapports avec l’épisode évangélique sont cependant moins directs que ceux que présentent certains textes de l’Ancien Testament et, surtout, ils ne portent que sur quelques détails accessoires. Dans les récits des multiplications, le miracle n’est pas l'élément essentiel.

(1) P. Sarnrvves, Essais de folklore biblique, Paris, 1928,

(2) Sarnrvyves, Essais, p. 435 s.

(3) Prurarque, César, 75. Vireixe, Géorgiques, I, 466-488, Ovior, Méta- Mmorphoses, XV, 782-798.

(4) Sarnryves, Essais, p. 253 s., 306 8.

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Tout l'intérêt est concentré sur le repas de Jésus et de ses disciples auquel la foule est associée. Quant à l'épisode de la marche sur les eaux, rien ne prouve qu'il soit, du moins sous la forme que nous lisons, un élément premier de la tradition. Sans doute, Marc et Matthieu, en le rapportant, ont entendu raconter un miracle. On peuten dire autant de Jean (6, 17-21). Mais quand on hit, en particulier, ce dernier récit, on a l'impression que ce qui pourrait originairement avoir paru extraordinaire, c’est que Jésus, qui avait voyagé à pied, soit arrivé du côté de Capernaum avant les disciples qui avaient traversé le lac en barque. On peut concevoir de ce fait une exphication toute naturelle. L’élément mythique et surnaturel paraît être intervenu, non à l’origine de la tradition, maïs au cours de son développement littéraire (1). Qu’y a-t-1l: de surprenant à ce que les rédacteurs des évangiles, quine voyaient pas en Jésus un homme ordinaire, lui aient attribué un pouvoir surnaturel sur les éléments ?

La présence dans les récits évangéliques de quelques thèmes empruntés au mythe ou au folklore témoigne de l’état d'évolution déjà assez complexe que présente la. tradition sous la forme que nous connaissons, elle ne. prouve pas que cette tradition toute entière ait eu, dès ses origines, un caractère exclusivement mythique.

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