‹ Jésus de NazarethChapitre 32 sur 47 · La liturgie · texte numérisé non relu

La liturgie

Il reste à examiner un dernier facteur par l’action duquel on a cru pouvoir expliquer la formation des évangiles :

(1) Qui est attesté comme nom de femme. Voir PrEuscuEN, Die A postelgeschichte, Tübingen, 1912, p. 62.

(2) Elle disparaîtrait même complètement, si, avec WezLnAUSEN (Das Evangelium Marci, p. 43 s.) et E. Kcosrermanx (Marcus, Tübingen, 1907, p. 45), on admettait, sur l'autorité de quelques témoins occidentaux, la lec-

ture rabitha koum,

c’est le facteur liturgique. M. Loisy pense devoir, enraison de leur style, attribuer aux évangiles un caractère prophético-liturgique et il a indiqué que ce fait ne serait pas sans avoir des conséquences fort graves. Les dis-. cussions relatives à l’historicité des évangiles perdraïent, d’après lui, une grande partie de leur portée si « c’étaient des livrets en rapport avec le culte du Seigneur Christ, si les oracles du Seigneur Jésus avaient été hbellés parles prophètes du premier âge chrétien, si le récit de la passion était en rapport avec le rituel ou avec les rituels de la pâque chrétienne dans les premiers temps » (1). L'idée que les évangiles ne seraient que des livrets hiturgiques ne peut en tout cas être considérée comme établie. Pour la justifier, M. Loisy invoque le rythme, mais, jusqu’à présent, malgré des tentatives diverses et souvent ingénieuses qui ont été faites dans ce sens, il a étéimpossible de découvrir la loi de ce rythme. Il n’est guère contestable qu'il y ait dans le Nouveau Testament, aussi bien dans les épîtres de Paul que dans les évangiles, des morceaux où l’on perçoit un certain balancement et que l’on peut considérer comme rythmés. Mais tant que l’on ne sera pas parvenu à définir avec précision ce qui cons titue la ligne et la strophe, l’on ne pourra considérer les évangiles tout entiers, et à plus forte raison l’ensemble du Nouveau Testament, comme écrit sous une forme rythmée plus ou moins semblable à celle des Oracles Sibyllins. Le rythme que l’on reconnaît dans les évangiles ne dépasse pas le plus souvent ce qui caractérise les formes de la pensée orientale avec sa prédilection pour le parallélisme et pour l’antithèse et aussi ce qui résulte de procédés dialectiques qu’elle emploie couramment et qui sont

l'opposition, l’énumération, la gradation. Rien n’autorise à reconnaître dans tout cela un style proprement liturgique.

(1) Lorsy, Revue critique, 1923, p. 402.

re) à

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