MASSE PI TEL SIMS
l'Ancien Testament avec le sens de protecteur gardien, Elle serait plus ancienne encore puisque le te babylonien Na-Sa-Ru se rencontre 7 fois avec le mên e sens dans le code d’Ifammurabi. La forme syriaque À @sarya, dans laquelle on reconnaît le nom divin yah, si: gnilierait : € Dieu est protecteur ». Ce ne serait pas à # terme d’origine géographique mais un nom cultue el. Cette hypothèse ne pourrait être envisagée que säly. avait des preuves réelles de l'existence d’une secte y chrétienne de Nazaréens. Les indices invoqués par mythologues ne sauraient en tenir lieu. .
Il y a dans lévangile de Matthieu un passage qui er mi barrasse les interprètes. Après la mort d'Hérode, Joseph et Marie quittent l'Égypte pour venir se fixer à Nazare en Galilée. € C'était, dit l’évangéliste, afin que fût. compli ce qui avait été dit par les prophètes : il appelé Nazaréen » (M4, 2, 23). Il est impossible d'ic tifier avee certitude la prophétie à laquelle il est ici fa allusion et, si l’on ne veut pas recourir à lhypot gratuite de r utilisation d’un écrit apocryphe non conser il faut supposer que l'évangéliste rattache le terme. Nazaréen à quelque passage de l'Écriture où se trot un mot de même racine ou présentant avec lui qu assonance (1). Il y aurait ici une sorte de jeu de. que nous serions RD P de comprendre exacten
(1) I J, Hourzmanx (Die Synoptiker, Handkomm. x, N. T, 1, 4! zig, 1901, p, 194) et F, Nicocanpor (Les procédés de rédaction des trois pi dvangélistes, Paris, 1908, p, 31) pensent à Ës., 11, 1, où le Messie est Nèxer (rojeton). Il est impossible de rattacher le terme de Nazaréen A:
Me, 2 2, 18-20, Me, 9, 14-15, Le,, 5, 99-85) a oubér ré le où) quo Jésus n'avait pas 616 un ascète à la manière de Jus
% ci
L'HYPOTHÈSE D'UN PRÉCHRISTIANISME 6
qui, toujours, cherche à montrer dans l’histoire évangélique la réalisation de prophéties.
Le terme de Nazaréen contient peut-être une allusion à Jean-Baptiste et à ses disciples avec lesquels Jésus a certainement été en relation au début de son ministère. On sait que la tradition mandéenne représente Jésus comme un apostat de la communauté baptiste. Ainsi s’expliquerait que les Chrétiens aient été, eux aussi, appelés Nazaréens alors qu'il serait peu naturel qu'ils aient été désignés comme les gens de Nazareth parce que leur maître était originaire de ce village (1).
Mais la question de Nazareth n’est pas encore résolue par là. On trouve dans le Nouveau Testament les deux formes Nazarénien (Natapnvos) et Nazaréen (Natwpzios) (2). B. W. Smith (3) les estime équivalentes et justifie son opinion par la coexistence des deux formes Esséens et Esséniens. L’analogie n’est pas probante car les deux formes Nazarénien et Nazaréen ne diffèrent pas seulement par la terminaison mais encore par la quantité de la seconde syllabe. Si la forme Nazarénien peut philologiquement dériver de Nazareth (4), il n’en est pas de même
. (1) Werren, L’arrière-plan historique du christianisme primitif, R. H. L. R., 1922, p. 115 ; WezLcnAuUsen, Das Evangelium Matthaei, Berlin, 1904, p. 142.
(2) La première se trouve dans Me., 4, 24 ; 10, 47 ; 14, 67 ; 16, 6. Le., 4, 34 24,19, La seconde dans Me., 2, 23 ;: 16, 71. Lc., 18, 37. Jn., 18, 5. 7 ; 19, 19; Acies, 2, 22 ; 3, 6 ; 4, 10 ; 6, 44 ; 22, 8 ; 28, 5 ; 26,9. I1y a un peu de flottement dans les manuscrits, ainsi la forme Nazaréen se trouve dans Mc., 10, 47, dans N. À, C., dans Le., 24, 19, dans À. D. N. La forme Nazarénien dans Le., 18, 37 et dans Jn., 18, 5, dans D. La dualité de forme est cependant certaine et le témoignage des Actes prouve que c’est la forme Nazaréen qui a prévalu,
(3) Suiru, D, varchr. Jes., p. 53.
(4) La correction dela dérivation Nazarénien est reconnue par Meyer, (Uspr. u. Anf., III, p. 423, n. 2) qui cite l'opinion de Lipzsarskr. On trouve dans le Nouveau Testament ; Nazara, Nazarat, Nazaret, Nazareth, ete. Les formes varient beaucoup, sans même qu'il y ait, dans les manuscrits les plus anciens, une orthographe constante,
de Nazaréen qui doit avoir une autre origine (1 plication la plus simple est qi appliqué à Jésus, 1
que l’association avec le terme de Nazaréen par L se désignaient les disciples de Jean-Baptiste a fait ab les Chrétiens Nazaréens, par quoi on voulait marq qu’ils n'étaient que des apostats de la communat baptiste. Il semble bien, en effet, qu’à l’origine, les Ch: tiens se soient désignés eux-mêmes par les terme disciples ou de frères, plus tard de saints, et que les not de Nazaréens et de Chrétiens leur aient été donnés leurs adversaires.
; MERE. ÿ L’hypothèse d’une secte de Nazaréens préchrétiens 1 adorateurs de Jésus ;
vait établir l'existence d’une secte de Nazaréens chrétiens, adorateurs de Jésus, comme le soutient particulier B. W. Smith qui intitule un de ses He Jésus préchrétien ».
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de cette secte est tirée de Haut des Nana oi remonterait à la plus haute antiquité et attesterait culte d’un Jésus céleste (3). Il y est question de l'An qui a quitté le royaume de la lumière et qui gémit dan la douleur et dans les larmes. Perdue dans un labyr
2 (1) Gurxs, art. Nazareth, R. E., XIII, p. 677. F4 (2) Conservé par Hippozyre, Philasophonumena, Nr T0 8 VIe ÿ (3) Sur, D. vorchr. Jes., p. 31 8. ; Drews, D, Christusm., Li pe LE ,
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elle cherche vainement une issue. « Alors Jésus dit (1) : Contemple à Père, cet être tenté qui, loin de ton souffle, erre misérablement sur la terre. Il voudrait fuir le chaos amer mais ne sait comment en remonter. Pour son salut, Ô Père, envoie-moi : que je descende avec les sceaux (2) dans mes mains, que je traverse tous les éons, que j'ouvre tous les mystères, que je lui révèle l’essence de Dieu et lui annonce le mystère de la voie sainte qui s’appelle la gnose ». D’après les mythologues, le Jésus de cette hymne n'aurait aucun contact avec le christianisme et serait un être purement céleste. Leur conclusion paraît formulée avec quelque précipitation. Rien n’autorise à faire remonter l'hymne naassène au delà de l’ère chrétienne. Hilgenfeld (3) a montré que les Naassènes avaient utilisé les épîtres de Paul et le quatrième évangile.Sous la forme que nous connaissons et quelles que puissent être ses origines lointaines, la doctrine naassène trahit l’influence du christianisme (4); elle ne saurait donc établir l’existence d’un culte préchrétien de Jésus, et cela d'autant moins que, suivant une très judicieuse remarque de Bousset (5), il n’est pas certain que dans l’hymne conservée par Hippolyte le nom de Jésus ne provienne pas d’un remaniement ou d’une corruption du texte (6) puisque, au début de l'hymne, est posée comme première hypostase,le Noûs avec,à côté de lui,le Chaos et l’Ame à sauver. Dans ces conditions PArGRUIERR décisif que crpyaient tenir les mythologues s’évanouit.
.(4) Le texte n’est pas absolument certain.
(2) Il est souvent question des sceaux chez les gnostiques, notamment dans la Pistis Sophia.
(3) Hizcexrezn, Die Keizergeschichte des Urchristentums, Leipzig, 1884, p. 262.
(4) Reirzensrtein, Poimandres, p. 81 ss.
(5) Bousser, Noch einmal der vorchristliche Jesus, Th. R.;, XIV, 1911, p- 384, n. 1.
(6) Etrev 9 ’Incods pour elnev Ôë 6 vod,
Épiphane (Haer., 18) mentionne, parmi les hérésies juives, une secte de Nasaréens et ce qu’il en dit ne permet pas de lui attribuer un caractère chrétien. Comme il n'indique pas qu’elle ne se soit développée qu'après le christianisme, cela prouverait, d’après Smith, que ces Nasaréens sont une secte préchrétienne dont le christianisme sans doute, a beaucoup tiré (1). Et à cette conclusion on ne saurait, d’après lui, opposer le silence des autres hérésiologues qui, moins naïfs ou moins honnêtes qu'Épiphane, ont vu combien l'existence de ces Nasaréens était dangereuse pour la doctrine officielle de l’Église et ont gardé à son sujet un silence prudent (2).
Il y a une singulière disproportion entre ce que dit
Épiphane et la conclusion qu’on prétend en tirer. Toute:
une construction historique de la plus haute importance et qui renverserait bien des faits qui semblent solidement établis, repose sur un témoignage unique, celui d’un homme qui ne se montre pas toujours bien informé et qui, souvent, n’a pas utilisé judicieusement les rensei-
gnements dont il disposait (3). Si l’on essaye de serrer de près le témoignage d’Épiphane, on constate que de ces.
Nasaréens, il ne paraît pas connaître autre chose que le
nom ; en particulier il ne dit rien qui leur attribue un
culte de Jésus (4). Tout ce qu’il y a de commun entre eux
et les Chrétiens, c’est seulement un nom. Pour que lon puisse tirer de ce fait quelque conclusion, il faudrait que l’on ait établi qu'il ne peut pas y avoir une simple coïn-
cidence, ou, ce qui paraît plus probable encore, une
(1) Surru, D, vorchr. J'es., p. 56-57.
(2) Surru, D. vorchr. Jes., p. 64.
(3) « Sa critique est peu sûre ; dès qu’il sort des faits contemporains, ses renseignements doivent être contrôlés, ils sont confus et imprécis.. C'était
un tempérament tout d’une pièce, manquant d'une certaine finesse intellec-
tuelle », (TixeronT, Patrologie, Paris, 1918, p. 253 s.). (4) Jon. Werss, Jes. v. N., p. 19 s.; Winpiscn, Der geschichtliche Jesus, Th. R., XIII, 1910, p. 166.
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confusion commise, soit par Épiphane, soit par l’auteur de la source qu'il utilise, Or cette démonstration n’a pas été fournie. Au contraire, deux savants, Schmidtke et Bousset, ont proposé une explication simple et plausible de l’origine du témoignage d’Épiphane. Il y aurait peutêtre quelques réserves à faire sur certains détails de leurs théories mais, dans les grandes lignes, il ne semble pas douteux qu’elles soient fondées et qu’elles aient pour conséquence de faire disparaître de l’histoire les Nasaréens préchrétiens.
Dans ses recherches sur le judéo-christianisme et les évangiles judéo-chrétiens (1), Schmidtke a établi que toutes les notices que l’on trouve chez les Pères de l’Église sur une secte judéo-chrétienne portant, non pas le nom usuel d’Ebionites, mais celui de Nazaréens ont leur origine chez Apollinaire de Laodicée (310-390). La secte des Nazaréens a réellement existé à Béroé en Syrie; elle était strictement judéo-chrétienne et utilisait un évangile araméen dont quelques fragments sont conservés et qui paraît avoir été une traduction un peu remaniée de l’évanpile de Matthieu. De ces Nazaréens chrétiens, Épiphane parle au chapitre XXIX d’après Apollinaire. Les indications qu’il fournit à leur sujet paraissent dignes de foi, C’est au chapitre XVIII qu'il parle des Nasaréens préchrétiens. Schmidtke (p. 199 s) admet qu’il dépend 1ci à la fois d’Hippolyte et d’une liste de sectes juives hérétiques. Schmidtke pense qu'Épiphane a substitué les Nasaréens aux Ebionites (2) ; il croit même que, dans une première esquisse de son œuvre, Épiphane les avait nommés Ebionites. La caractéristique qu'il donne de
(1) Scaminrxse, Neue Fragmente und Untersuchungen zu den judenchristlichen Evangelien, T. U., XXX VII, 1, Leipzig, 1911.
(2) 1 écrit leur nom avec un sigma et non avec un zèta pour les distinguer des Nazaréens chrétiens, de même qu'il distingue entre les Esséniens et les Osséniens.
GocueL. — Jésus de Nazareth 5
ceux-ci au chapitre XXX correspond en effet exactement:
à celle qu’il donne des Nasaréens (XVIII). Épiphane s’est
trompé en prenant pour une secte Juive les Nazaréens”
que les Juifs, dans leur prière quotidienne, maudissaient
sous le nom de Nozrim en même temps que les hérétiques.
(Minim) (1).
Bousset (2) qui admet dans les grandes lignes la dé-.
monstration de Schmidtke, et qui pense qu'il a défimi-
tivement trouvé le mot de l’énigme, croit que, dans la.
source qu'il utilise sur les Nasaréens, Épiphane n’a trouvé qu’un renseignement géographique sur le lieu où on ren: contrait la secte et que, pour écrire sa notice, il a pris,
dans ce qu'il savait des groupes judéo-chrétiens, tout ce …
qui n’avait pas un caractère chrétien. Bousset pense que
les Nazaréens étaient mentionnés dans la liste des hé-
résies juives utilisée par différents Pères. L'auteur juif qui l’a fournie y mentionnait en effet le christianisme parmi les hérésies à rejeter.
On ne peut, dans ces conditions, que souscrire à la
conclusion que Bousset formule en ces termes : « Les Na=…
saréens préchrétiens d’Épiphane sont définitivement …
classés dans le domaine des erreurs et des malentendus et. il faut espérer qu’ils disparaîtront pour toujours de Par-…
senal des preuves invoquées en faveur d’un culte pré
chrétien de Jésus » (3).
Mais, même privés de l’hymne des Naassènes et ñé EN
(1) La douzième demande des Schemonè Esrè est ainsi formulée dans le texte découvert dans la geniza de la synagogue du Caire et publié en 1897;
« Qu'il n’y ait pas d’espérance pour les apostats ! Puisses-tu, de nos jours,,
anéantir la domination des insolents ! Que les Chrétiens (nosrim) etles héré-
tiques (minim), soient soudain anéantis ! Qu'ils ne soient point inscrits dans … (le livre de) vie ! Loué sois-tu Yahvé qui abaisses les insolents ! » (SrrAcKk, -
Jesus die Haeretiker und die Christen nach den aeltesten jüdischen Angaben, p-'66*s. CE Bousser, Th. R., XIV, ne p- 376). |
(2) Bousser, Th. R., XIV, 1911, p. 376 s.
(3) Bousser, Th. R., XIV, 1911, p. 381.
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secte des Nasaréens,les mythologues ne sont pas désarmés ! il leur reste les indices positifs de l’existence d’un Jésus préchrétien qu’ils croient trouver dans le Nouveau Testament lui-même.
Le premier de ces indices est le passage du livre des Actes relatif à Apollos. C’est, pour Smith, le texte le plus précieux de l’ancienne littérature chrétienne (1). On lit dans Actes, 18, 24-26 : « Un certain Juif, du nom d’Apollos, de race alexandrine, homme éloquent, arriva à Éphèse. Il était versé dans les Écritures. Il était instruit de la voie du Seigneur, il était brûlant d’esprit (2). Il prêchait et enseignait avec soin ce qui concerne Jésus (rèmspt «05 'Insoë) bien qu'il ne connût que le baptême de Jean. Il commença à parler librement dans la synagogue. Priscille et Aquilas qui l’entendirent, le prirent avec eux et lui enseignèrent exactement la voie de Dieu ».
Il ressort de ce texte, pense Smith, qu’'Apollos ne savait rien de Jésus, il aurait dû, sans cela, tout connaître y compris la doctrine du baptême. Cette ignorance ne l’empêchait pas de prêcher « ce qui concerne Jésus ». « Il est donc, écrit Smith, clair comme le soleil en plein midi que cette formule ne peut avoir aucun rapport avec l’histoire de Jésus ». Elle doit viser la doctrine sur Jésus, doctrine que pouvait, non seulement professer, mais prêcher un homme qui ne savait rien d’un Jésus historique. Ce texte est donc, pour les mythologues, — l’expression est encore de Smith — un « diamant inestimable » (3).
Mais, à l’examiner de près, le passage n’a peut-être pas toute la portée qu’on lui prête ou, plus exactement,
(1) Suite, D. vorchr. Jes., p. 7.
(2) Le texte peut être traduit de deux manières différentes, ou bien « c'était une âme ardente», ou bien « l’Esprit divin le rendait bouillonnant », Le rapprochement avec Rom., 12, 11, recommande cette seconde interprétation.
(3) Suis, D. vorchr. Jes., p. 7-9.