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romaines , et perdu sa souveraineté.
Devenu simple annexe de la province de Syrie, Jérusalem voyait dans ses murs une garnison impériale; Pilate y commandait au nom de César, et le ci-devant peuple de Dieu gémissait sous la double tyrannie : du vainqueur dont il abhorrait le pouvoir et détestait l’idolâtrie, et de ses prètres qui s’efforçaient de le retenir encore dans lesliens étroits du fanatisme religieux.
Jésus-Christdéplorait les malheurs de sa patrie. Combien de fois ne pleura-t-il pas sur Jérusalem! Lisez dans Bossuet (Politique tirée de l’Écriture sainte) l’admirable chapitre qu’il a intitulé:
Jésus-Christ boncitoyen. Il recommandait à ses compatriotes l’union, qui fait la force des États. « Jérusalem, s’écriait
TRE Lu
«a il, Jérusalem qui tues les prophètes, | «et qui lapides ceux qui te sontenvoyés, «combien de fois ai-je voulu ramasser «tes enfants comme une poule qui ra- «masse ses pelits sous ses ailes! et tu «n'as pas voulu, Jérusalem !»
Il passait pour être peu favorable aux Romains ; mais il n’en aimait que mieux ses concitoyens. Témoin ce discours des Juifs qui, pour le déterminer à rendre au ceniurion un serviteur malade qui lui était cher, n’imaginèrent rien de plus pressant que ces mots : « Venez, il «mérite que vous l’assisliez : car il aîme «notre nation. Et Jésus alla avec eux, «et guérit ce serviteur. » (Luc, va, 5, 4, 5, 6, 10.)
Touché de la misère du peuple, Jésus le consolait en lui présentant l'espoir
d’une autre vie; il effrayait les grands, les riches et les orgueilleux par la perspective d’un jugement dernier où cha- . Cun serait jugé, non selon son rang, mais selon ses œuvres. Il voulait ramener l’homme à sa dignité originelle; il lui parlait de ses devoirs, mais aussi de ses droits. Le peuple l’écoutait avec avidité, le suivait avec empressement ; ses paroles touchaient, sa main guérissait, sa morale instruisait, il préchait et pratiquait une vertu inconnue avant lui et qui n'appartient qu’à lui, la charité Mais celte vogue, mais ces prodiges, excitèrent l’envie. Les partisans de l’ancienne théocratie eurent effroi de la nouvelle doctrine ; les princes des prêtres sentirent leur domination menacée ; l’orgueil des pharisiens se vit
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humilié; les scribes vinrent à leur secours, et la perte de Jésus fut résolue.
Si sa conduite était coupable, si elle donnait prise à une accusation légale, pourquoi ne pas l’intenter à découvert ?
pourquoine pas l’accuser sur ses actions, sur ses discours publics ? pourquoi employer contre lui des subterfuges, la ruse, la perfidie, des violences? car c’est ainsi que l’on procéda contre Jésus.
Reprenons donc, et voyons les récits qui sont parvenus jusqu'à nous. Ouvrons avec M. Salvador le livre des Évangiles; car il n’en récuse pas le témoignage, il s’en appuie : « C’est dans les Évangiles « mêmes, dit-il (p. 81), que je puiserai «tous les faits. »
Et, en effet, comment, à moins de preuves contraires (etil n’en aies pas),