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$ II.—Corruption et trahison de Judas.
Suivant M. Salvador, ce qu’il appelle «le sénat, ne commence pas par s’em- « parer de Jésus, comme cela, dit-il, se
* «pratiquerait de nos jours; il commence
L Ke « par rendre un jugement pour qu’il soit
» «saisi. »—EÆt il cite en preuve de son
sl assertion (saint Jean; x1, 53, 54, et saint Matthieu, xxvi, 4, 5.)
Mais d’une part, saintJean ne dit rien de ce prétendu jugement. Il parle, non d'une audience publique, mais d’un conciliabule tenu par les princes des prêtres et les pharisiens, que je ne sache pas avoir constitué chez les Juifs un corps de judicature. « Les princes des prêtres «et les pharisiens S’assemblèrent donc,
«et disaient entre eux : «Que faisons- .
|« nous? Cet homme a fait plusieurs | « miracles. » (Saint Jean, x1, v. 47.)—Ils"
ajoutent, v. 48 : «Si nous le laissons
« faire, tous croiront en lui. » Ce qui pour eux signifiait : ef l’on ne croira plus en nous. Or, j’aperçois bien là la crainte … de voir prévaloir la morale et la doctrine de Jésus ; mais où est le jugement? je ne le vois pas.
« L’un d’eux, nommé Caïphe, qui « était le grand-prêtre, leur dit : Vous «n’y entendez rien,et vous ne considérez « pas qu’il vous est avantageux (quia « expedit vobis) qu'un seul homme « meure pour le peuple. et il prophé- « {isa que Jésus devait mourir pour la « nation des Juifs. » (1bid. v. 49, 50, 51.) — Mais prophétiser n’est pas juger ;
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