Mener de Caïphe à Pilate » est passé en proverbe
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Puisqu’ils ne voulaient pas entrer, « Pilate les vint donc trouver dehors»
(Jean, xvur, 29.) — Faites bien attention à ses paroles; il ne leur dit pas : Où est l’'arrét que vous avez rendu ? comme il eût dû le faire, s’il n’avait eu à donner qu’un simple exequatur ; mais il prend les choses à leur source, comme doit le faire celui qui possède la plénitude de la juridiction, et il leur dit : «Quel est le «crime dont vous accusez cet homme?»
(Ibid.)
Ils répondent avec leur orgueil accoutumé : «Si cen’était point un malfaiteur, « nous ne vous l’aurions pas déféré. »
(Jean, xvin, 30.) Ils voulaient donner à entendre par là que, s'agissant de blasphème, c'était une cause de religion, dont ils étaient meilleurs appréciateurs
cas PR que qui que ce soit. Ainsi Pilate se | serait vu réduit à les en croire sur parole.
Mais le Romain, choqué d’une prétention qui eût restreint sa compétence, en le rendant Finstrument passif de la.
volonté des Juifs, leur répondit ironiquement: » ER bien! puisque vous dites « qu’il a péché contre votre loi, prenez- « le vous-mêmes et le jugez selon votre « lol: Accipite eum vos, et secundum « legem vestram judicate eum. » (Jean, XVHL, 31.)
C'était pour eux une véritable mystification, puisqu'ils reconnaissaient leur impuissance de le condamner à mort.
Force leur fut donc de se soumettre, et de déduire devant Pilate les causes dei l'accusation.
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Quelles seront ces causes ? les mêmes sans doute qui jusqu'ici ont été alléguées contre Jésus : l’accusation de blasphème, la seule portée par Caïphe devant le conseil des Juifs?—Point du tout :
désespérant d’obtenir du juge romain une sentence de mort pour une querelle religieuse qui n’intéressait pas les Romains ‘, ils changent subitement de système : ils se départent de leur accusation première l'accusation de blasphème, pour y substituer une accusation politique, un crime d’État.
C’est ici le NOEUD DE LA PASSION, et ce
. 1. C’est ainsi que Lysias écrivait au gouverneur Félix, au sujet de Paul : « Mais j'ai trouvé « qu’il n’était accusé que de certaines choses « qui regardent leur loi, sans qu’il y eût en lui « aucun crime qui soit digne de mort ou de « prison. » (Act. des apôt,, ch, xvirt, v. 29.)
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qui accuse le plus vivement les délateurs de Jésus. Car, tout entiers à l’idée de le :
perdre de quelque manière que ce soit, ilsne se montrent plus désormais comme vengeurs de leur religion prétendue outragée,de leur culte soi-disantmenacé; imais, cessant d’être Juifs, pour affecter des sentiments étrangers, ces hypocrites ne se montrent occupés que des intérêts de Rome ; ils accusent leur compatriote de vouloir restaurer le royaume de Jérusalem, se faire roi des Juifs, et soulever le peuple contre les conquérants.
Laissons-les parler :
«Et ils commencèrent à l’accuser, en «disant : Voici un homme que nous «avons trouvé qui pervertissait notre «nation et qui empêchait de payer le