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MODÈLE DKS ENFANTS. | 39 prends -pourquoi tu n’as pas eu peur ; c’est que tu as fais ta prière ce matin. » Je ne l'avais pas faite, mais Je l’ai faite tous les jours depuis. » — Est-ce qu'on ne pouvait pas dire, de ces deux petits garçons, ce que dit saint Luc de Jésus-Christ : «Ils « étaient remplis de sagesse, et la grâce de Dieu « était sur eux? »
Mais s’il yen a de plus petits que douze ans dans les écoles, il y en a aussi de plus grands, Ceux-là, et les jeunes gens plus âgés encore présents dans cette assemblée, qui ne peuvent plus être toujours sous les yeux de leur mère, ni conduits comme des enfants par un maître, quelle leçon Jésus jeune homme leur donnerat-il? Ecoutez, mes Jeunes amis. Sur la vie de Jésus, depuis sa visite au temple, jusqu’à son baptême, c’est-à-dire depuis douze ans jusqu’à trente, nous avons deux versets seulement ; mais il y a beaucoup à apprendre dans ces deux versets, et surtout dans un mot qui en fait partie. Voyez s'il vous frappera comme moi : «Et il descendit avec eux, et vint à Naza- « reth ; et illeur était soumis; et sa mère conservait «toutes ces paroles-là dans son cœur. Et Jésus s'avan- « çait en sagesse, et en stature, et en grâce envers « Dieu et envers les hommes. » Jésus ne restait pas stationnaire ; cette sagesse et cette grâce, que nous venons de lui reconnaître dès sa plus tendre en-
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fance, elles allaient toujours en croissant ; ainsi le jeune Jésus réalisait complétement, dans sa personne, cette belle parole du livre des Proverbes : «Le sentier du juste est comme la lumière resplen- « dissante, qui augmente son éclat jusqu’à ce que « le jour soit dans sa perfection.» Grande leçon pour vous, mes amis ; il fautioujours avancer dans le bien, et ne s'arrêter jamais : aussi bien, si l’on n'avance pas, on recule... Ce n’est pourtant pas là le mot que je veux surtout vous recommander; mais le voici : «Ïl leur étaitsoumis.» — Jésus n’esi plus un enfant : il allait sur ses dix-huit, vingt ou vingt-cinq ans; et pourtant «il leur était soumis.» Jésus s'était montré dans le temple, au milieu des docteurs, revêtu d’une mission de Dieu, qu’il ne pouvait sacrifier, même à ses parents; et pourtant «1l leur était soumis.» Il avait plus de sagesse et plus de grâce qu'aucun homme ; il était le Fils de Dieu, le Sauveur, et ses parents n'étaient que des hommes pécheurs, qui avaient besoin de lui, comme tous les autres, pour être sauvés ; et pourtant «il « leur était soumis. » Après cela, mes amis, devez-vous, ou ne devez-vous pas, voulez-vous ou ne voulez-vous pas, être soumis à vos parents et à vos supérieurs? Je vous le demande et je vous
4 Prov. 1V, 18.
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en laisse juges... « Honore ton père et ta mère ! »
Si au lieu de vivre où et quand il a vécu, Jésus avait vécu en France et de nos jours, croyez-vous qu’il auraitété moins obéissant à ses parents? Vous n’oseriez le penser. Il aurait pourtant reçu des exemples, entendu des maximes bien contraires. Où voit-on aujourd’hui chez nous cette soumission de la jeunesse? Visitez nos rues, nos places publiques. Cette bande de jeunes gens des écoles se séparant et se reformant tour à tour pour aller porter à l'assemblée nationale ses plaintes sous le nom de pétition, et contraignant enfin l'autorité à la disperser par la force, était-elle animée de l'esprit de Jésus? soumise à ses maîtres? soumise à la discipline des études? soumise à la volonté de leurs pères et de leurs mères, et appliquée à leur plaire? Entrez dans les maisons, assistez à une discussion politique, littéraire, philosophique, ou bien religieuse. Quelle est cette voix qui domine toutes les autres? à qui cette opinion si tranchée, et cette parole si tranchante ? Cet orateur qui tient le haut bout de la conversation, qui ne doute de rien, qui interrompt brusquement son interlocuteur, qui est-il? C’est un jeune homme (je ne veux pas même supposer que ce puisse être une jeune fille); c’est un petit homme de vingtans; celui qu’il interrompt, c’est son père; ceux à qui
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il fait la leçon, ce sont les contemporains de sm l* père, peut-être des hommes mûrs, instruit, N° éclairés ; et qui sait s’il n’y a pas dans le nombre quelque vieux serviteur de Dieu, qui a appris à K° dire comme le bon John Newton : «Quand j'étais à jeune, j'étais sûr de beaucoup de choses ; aujour. K d’hui, je ne le suis plus que de deux : c’est qu je suis un misérable pécheur, et que Jésus-Christ m'a racheté par son sang. » — Sortez des villes, et visitez nos campagnes. Même esprit d’insubor dination, revêtant des formes plus grossières, et passant des paroles aux actes. Le malin Diogène s’en allait, la nuit, sa lanterne à la main, à la recherche d’un homme. Prenez votre lanterne, mes amis, et allez par les villes et par les campagnes, par les salons et par les boutiques, dans les palais et dans les chaumières, — allez chercher la piété filiale et l’autorité paternelle; et quand vous aurez trouvé un fils de dix-huit, de vingt, de vingt-cinq ans, soumis à ses parents, faites sonner les cloches de la chrétienté pour annoncer la découverte de cette merveille au monde!
Et savez-vous ce qui résulte de cet état de choses? La famille est le berceau de la société. Tel qu'un homme a été, jeune encore, pour ses parents, tel 1l sera pour ses maîtres, pour ses pasteurs, pour les magistrats, pour tout ordre hu-
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main, Soumis à ses parents dans la jeunesse, il se serait exercé à l’être à toutes les autorités diverses que Dieu a établies, et qui sont les colonnes de la société et de l'Eglise. Désobéissant et irrespectueux avec ses parents, il apprend à l'être avec tous ses supérieurs. Dans l’école, il résiste à son maïtre et néglige les précieux moyens d'instruction que Dieu a mis à sa portée, Dans l'Eglise, il trouve plus facile de critiquer le pasteur que de profiter de ses exhortations, et sa première communion faite, souvent hélas! trop légèrement, il s'éloigne d'eux par degrés et vit sans direction spirituelle aucune. Dans Etat, il traite l'autorité quelle qu'elle soit et quoi qu'elle fasse, comme une ennemie dont il accueille tous les actes avec soupçon; pas une mesure qu'il ne blâme impitoyablement, systématiquement; pas une puissance si pelite ou si grande, depuis le maire jusqu’au roi ou jusqu’au président de la république ‘, dont il ne parle sans réflexion, sans respect, sans charité. Parler, mais est-ce donc un si grand mal? Oui, mes amis, car il est écrit : « Tu ne parleras pas en mal du prince de ton peu- « ple*s» et ce mal est le commencement de tous les autres. Nous devrions tous le savoir , le sou-
1 Voir l'Avertissement au commencement du volume. 2 Ex, XXII, 28; Actes XXII, 3.
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venir n’en est pas si vieux ; on Commence par mal parler du pouvoir établi ; à l'amour succède le refroidissement; au refroidissement, la désaffection ; à la désaffection, la haine; et la haine saisit la première occasion qui s'offre pour ramasser des pavés et faire des barricades. .….
Voilà pour vous, mes amis, je mets sur votre conscience ce mot de saint Luc, du Saint-Esprit : « Il leur était soumis.» Jésus était soumis. Je voudrais pouvoir aller dire cela à toutes les classes de la société, aux petits et aux grands, aux enfants et aux parents, aux élèves et aux maîtres, aux femmes et aux maris, aux gouvernés et aux gouvernants, aux maires et aux préfets, aux ministres et à l'assemblée nationale et au président de la république; car chacun doit être soumis à quelque chose, et tous doivent l’être à Dieu”. Croyez-vous, disais-je tantôt, que Jésus, s’il vivait aujourd’hui et en France, au lieu d’avoir vécu à Nazareth et il y a dix-huit cents ans, serait moins soumis à ses parents? Il le serait si possible davantage, pour opposer à un si grand mal un exemple d'autant plus salutaire, et une protestation d’autant plus énergique. Cet exemple, cette protestation, je l’attends de vous, mes jeunes amis, non pas en
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aroles, mais en action. Soumis à vos parents, oumis à vos pasteurs, soumis à vos maîtres, sounis aux magistrats, soumis aux lois, «soumis à « tout ordre humain,» montrez Jésus dans vos œurs, et qu'il revive en vous, au sein de cette ‘énération perverse qui l’invoque des lèvres, tout n le reniant par ses actes, et qui semble quelquefois n’emprunter son nom sacré que pour mieux ouvrir l'abandon des choses.
Tous ensemble, enfants, jeunes gens, mes hers amis, mettez dans votre cœur tout ce que je riens de vous dire. Ayez toujours devant les yeux exemple de Jésus enfant, el prenez à tâche de lui “essembler. Vous ne le pouvez pas de vous-mêmes, mais c'est lui qui vous en donnera la force, si vous royez en lui. Allez à lui, comme de pauvres pé- :heurs, pour obtenir grâce par son sang répandu pour vous ; allez à lui, comme des créatures faibles, mauvaises, « qui ne sont pas, d’elles-mêmes, « capables d'une bonne pensée.» Oui, mes amis, le secret de vivre comme Jésus, c’est de vivre avec Jésus, par la foi en Jésus.
Pères et mères! si j'ai réservé pour vos enfants tout le temps dont je pouvais disposer dans cette occasion unique, vous n’en serez point jaloux.
Mais sachez bien que pour conserver et fortifier les impressions salulaires qu'ils peuvent avoir recueillies aujourd'hui ; pour sauver la précieuse semence tombée dans leurs jeunes cœurs des oiseaux de l’air, du soleil brûlant et des épines, c'est sur vous, après Dieu, que je compte. Ils doivent sancfier le dimanche et prendre part aux saintes assemblées : mais comment sanctifieront-ils le dimanche, si vos maisons ne le sanctifient pas? et comment assisieront-ils aux saintes assemblées, si vous n'y assistez avec eux ? Ils doivent lire, méditer, sonder les Ecritures : mais comment liront-ils, méditeront-ils, sonderont-ils, si vous ne lisez, méditez, sondez aussi bien qu'eux? Ils doivent s'appliquer à l’œuvre que Dieu leur a préparée pour l'avenir, et s'y exercer en accomplissant aujourd'hui l’œuvre présente : mais comment s’exerceront-ils, comment accompliront-ils, si vous ne leur donnez l'exemple de faire leur œuvre , en faisant la vôtre devant eux? Ils doivent vous être soumis : mais comment seront-ils soumis si vous ne maintenez, si vous ne faites respecter l’autorité paternelle ? Grande, grande, grande est votre responsabilité ; la plus grande qui soit au monde, parce que l'autorité que Dieu a remise entre vos mains est la plus forte et la plus douce tout ensemble qui existe sur la terre. En vous disant cela,
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mes frères et mes sœurs, je ne sépare point ma condition de la vôtre ; en vous exhortant, je m’exhorte moi-même. Combien nous serions coupables si nous nous mettons entre nos enfants et Jésus- Christ! Combien coupables aujourd’hui, et combien misérables demain, au jour du jugement, quand Dieu aurait à partager la responsabilité de leur perdition entre eux, le Diable et nous! Mais « quoi- « que je parle de la sorte, j'attends de vous des « choses meilleures *. » Nous voudrons croire en Jésus, nous-mêmes, n'est-il pas vrai? ne füt-ce que pour amener à la foi nos enfants; nous voudrons être rendus semblables à Jésus, ne fût-ce que pour que nos enfants lui ressemblent; nous voudrons vivre avec Jésus, ne fût-ce que pour que nos enfants vivent avec lui. Nos enfants seront nos maitres à leur tour, et peut-être l'amour paternel déterminera dans plus d’un cœur le commencement d’une œuvre de grâce, que la seule frayeur des jugements de Dieu ou la seule reconnaissance de ses bienfaits n’a pu commencer ! Oh! alors quelle sera la joie du dernier jour, quand on ne saura, entre nos enfants et nous, qui aura plus droit de s’appliquer la belle maxime du Sauveur : «Il y a « plus de bonheur à donner qu'à recevoir”;» et
1 Hébr. VI, 9, — 3 Actes XX, 35,
quand les uns et les autres nous nous humilierons d’un même cœur aux pieds d’un Sauveur crucifié, afin que celui qui a commencé par tout donner, finisse du moins par recevoir ce dont il a le plus faim et soif, les âmes qu’il a rachetées et les cœurs qu’il a renouvelés !
TEL ENFANT, TEL HOMME
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