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marie? Le plaisir de la voir guérit. Elle donne ce qu'elle peut, un sourire, une espérance, et cela n'est pas yain.
Jésus, pas plus que ses compatriotes, n avait Tidée d*une scieuce médicale rationnelle ; il croyait avec tout le monde que la guérison devait s'opérer par des pratiques religieuses, et iine telle croyance était parfaitement conséquente. Du moment qu'on regardait la maladie comme la punition d'un péché, ou comme le fait d'ua démon, nullement comme le résultat de causes physiques, le meilleur médecm était le saint homme, qui avait du pouvoir dauis l'ordre surnaturel. Guérir était considéré comme une chose morale; Jésus, qui sentait sa force morale, devait se crcâre spécialement doué^jour guérir. Convaincu que l'attouchement de sa robe, l'imposition die ses mains, faisaient du bien aux malades, il aurait été dur, s'il avait refusé à ceux qui souffraient un soulagement qu'il était en son pouvoir de leur accorder. La guérison des malades était considérée comme un des signes du royaume de Dieu, et toujours associée à l'émancipation des pauvres. L'une et l'autre étaient les signes de h grande révolution qui devait aboutir an redressement de toutes les infirmités.
Un des genres de guérison que Jésus opère le plus souvent est l'exorcisme, ou l'expulsion des démons. C'était wie cipinion universelle, non-seulement en Judée,
maïs dans le monde entier, que les démons s'emparent du corps de certaines personnes et les font agir contrairement à leur Tolonté. L*épilepsie, les n)aladics mentales et nenreuses, où le patient semble ne plus s'appartir, les infirmités dont la cauâe n'est pas visible, comme la surdité, le mutisme, étaient expliquées de la même manière. Il y avait alors beaucoup de fous eu Judée, sans doute par suite de la grande exaltation des esprits. Ces fous, qu'on laissait errer, comme cela a lieu «encore aujourd'hui dans les mêmes régions, bubHaient les grottes sépulcrales abandonnées, retraite ordinaire des vagabonds. Jésus avait beaucoup de prise sur ces malheureux. On racontait au sujet de ses cures mille histoires singulières, où toute la crédulité du temps se donnait carrière. Hais, ici encore, il ne faut pas s'exagérer les difficullés. Les désordres qu'on expliquait par des possessions étaient souvent fort légers. D^! nos jours, en Syrie, on regarde comme fous ou possédés d'un dé* mon des gens qui ont seulement quelque bizarrerie. Une douce parole suifit souvent dans ce cas pour chasser le démon. Tels étaient sans doute les moyens employés par Jésus. Une complète innocence, l'enthousiasme, qui lui ôtait jusqu'à la pobeibilité d'un doute, couvraient testes oos hardiesses. I)es hommes moins purs que lui cherchaient à abu3er de son nom pour des mouvement séditieux. Mais la direction toute morale et nullement politique du caractère de Jésus le sauvait de ces entral-
les JÉsirs.
nements. Son royaume k lui était dans le cerde d enfants qu'une pamlle jeunesse d'imagination etufimême avant-goût du cid avaient groupés et retenaient autour de lui.