III. — Infériorité de l'Humanité en Jésus, dans sa durée
La notion d'un être infiniment et divinement parfait, entraîne celle d'une éternité sans commencement ni fin. La notion de créature, fût-elle la plus parfaite qui puisse sortir des mains de Dieu, comporte une idée de commencement. Ce qui n'est pas éternel commence nécessairement ; et c'est ce qui met entre le Créateur et la créature une distance que l'imagination est incapable de mesurer. Donc pour assister à la création de l'humanité, nous sommes obligés de nous éloigner presque infiniment de l'existence éternelle de la Divinité. Il n'y a entre ces deux points extrêmes que l'éternité du côté de Dieu et que le néant du côté de la créature. Quand on a contemplé en face la majesté suprême et l'éternelle nécessité de Dieu, et que l'on tourne ensuite ses regards vers l'œuvre de ses mains, fût-elle créée à son image et à sa ressemblance, on comprend
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un peu l'abîme infranchissable qui les sépare tous deux.
Parce que l'humanité est l'œuvre de Dieu, elle est belle et elle rend hommage à son Créateur ; mais elle n'en est pas moins dans un état d'infériorité infinie, par ce fait, particulièrement, qu'elle n'est pas éternelle. Non seulement l'humanité est née dans le temps, mais encore ce que Jésus en a pris, en s'unissant la nature humaine, a eu un commencement. Cette assomption de l'Humanité en Jésus s'est faite à une époque déterminée de l'histoire ; attendu pendant plus de quatre mille ans, ce mystère s'est opéré à une heure précise de la durée ; de sorte que la nature humaine en Jésus, devenue adorable par son union avec la Personne divine, n'existait nullement en Lui avant cette union.
D'ailleurs, dès le premier instant de son existence humaine, Jésus a été soumis à toutes les lois du temps. Comme Homme, Il n'a pas été immédiatement parfait ; Il n'est arrivé que peu à peu à la perfection complète de sa constitution. Il est apparu au monde avec la faiblesse de l'enfance, Il a grandi progressivement, Il s'est développé normalement. Il n'a vécu, comme tous les hommes, que vingt-quatre heures par jour ; Il a vu chaque jour le soleil se lever à l'horizon et,
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poursuivant sa course, disparaître aux approches de la nuit. Il lui a fallu du temps pour tout ; Il a appris à marcher et à parler comme tous les petits enfants ; en allant d'un endroit à un autre, Il n'a occupé que successivement les points de l'espace qu'il parcourait. Lorsqu'il a voulu faire connaître sa pensée, Il ne l'a exprimée totalement qu'avec une sucession de paroles ; lorsqu'il a voulu accomplir sa divine mission, Il a dû prendre le temps et d'enseigner, et de faire des miracles, et de préparer ses disciples, et de se révéler dans sa puissance et son amour. Et quand l'heure suprême du sacrifice a sonné, II n'a pas enduré tout à la fois et dans un instant unique toutes les souffrances, toutes les humiliations et toutes les ignominies de sa Passion ; Il n'a pas versé tout son Sang comme dans une rapide vision. Tout s'est fait graduellement et successivement dans sa vie, jusqu'à son dernier soupir ; ce qui équivaut à dire que, comme tous les hommes, dont 11 avait pris la nature, Jésus a été sujet aux conditions naturelles du temps.
Cela fait contraste avec la stabilité divine, par laquelle Dieu voit tout, le passé comme l'avenir, dans un éternel présent. Il assiste à la succession des événements, mais il n'en est nullement atteint ; les générations se succèdent devant lui, les vies humaines naissent et disparaissent, mais
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lui demeure éternellement le même1. Dieu le Père, dont le Verbe possède la nature divine, a vu Jésus naître, vivre et mourir dans son existence terrestre ; de sorte que, de son essence éternelle et immuable, il a assisté aux changements successifs, survenus dans l'Homme-Dieu par le fait de l'union que celui-ci avait contractée avec la nature humaine : ce qui fait ressortir davantage l'infériorité de l'Humanité en Jésus.
Une dernière différence, due encore au temps, c'est que ce qui a commencé en Jésus, au point de vue humain, n'est pas resté en tout permanent. II est vrai que l'Humanité qu'il a prise, Lui reste unie pour toujours, et que l'union des deux natures en Lui, quoiqu'elle ait eu un commencement, n'aura jamais de fin ; ce que le Verbe s'est une fois uni, Il se l'est uni éternellement. Néanmoins, les deux parties essentielles qui constituent la nature humaine, le corps et
1 « Par cela, dit Saint Thomas, que Dieu donne l'être aux choses par un acte de sa volonté, il est évident qu'il peut, sans éprouver de changement, appeler de nouveaux êtres à l'existence. Il peut arriver qu'il veuille agir maintenant, après n'avoir pas voulu auparavant. Rien n'empêche que, sans changement aucun, quelqu'un n'ait la volonté d'agir plus tard, même lorsqu'il n'agit pas présentement. Ainsi, sans qu'il survienne de changement en Dieu, il peut arriver que Dieu, quoique éternel, n'ait pas produit les choses de toute éternité. » S. Thom,, Op. 2, c. 27.
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l'âme, faites pour se compléter l'une l'autre, ont vu leur union se rompre et sont demeurées séparées depuis la mort de Jésus jusqu'à sa résurrection ; elles se sont ensuite réunies de nouveau et pour toujours, mais elles n'en ont pas moins subi l'infirmité du temps.
Opposées à la nécessité absolue en Dieu, ces variations de la nature humaine nous ramènent à un niveau inférieur de perfections relatives, lesquelles ne nous font que plus admirer en Jésus le Mystère adorable qui, de Verbe éternel de Dieu en a fait le Verbe Incarné, notre Frère par son Humanité, notre Sauveur par sa Divinité.
IV. — Infériorité de l'Humanité en Jésus, dans son existence terrestre et mortelle
Pour avoir du Mystère de l'Incarnation une intelligence complète, autant que possible, et solidement établie sur les bases fondamentales de la vérité, il nous faut connaître Jésus non seulement dans son essence divine et humaine, mais encore dans les détails de son existence terrestre. Quant à son existence divine, elle nous restera perpétuellement un mystère ; nous pourrons bien arriver à une certaine connaissance des attributs et des perfections de Dieu, mais il
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ne nous sera pas donné, du moins sur cette terre, de pénétrer dans les profondeurs cachées de la Divinité et d'en découvrir les adorables secrets.
Il n'en est pas de même de l'existence terrestre du Verbe Incarné. Nous pouvons Le suivre pas à pas, nous pouvons assister aux diverses phases de sa vie ; nous pouvons entendre ses paroles, contrôler ses actes, connaître même ses intentions et deviner ses sentiments ; nous pouvons être témoins de ses miracles, analyser sa divine doctrine, sympathiser à ses peines et à ses joies, vivre en quelque sorte ses douleurs, souffrir et mourir avec Lui.
Notre amour venant au secours de notre foi, nous voudrons pénétrer dans ce sanctuaire humain de la Divinité et ne pas perdre un souffle de cette vie divine qui se voile sous l'infirmité d'une existence humaine. Tout nous sera un sujet d'adoration et d'amour ; et plus nous rencontrerons d'abaissements, plus aussi nous exalterons la grandeur de l'Homme en qui nous adorons un Dieu.
Il est manifeste toutefois que Jésus étant à la fois Dieu et Homme, et vivant sur la terre d'une vie semblable à toutes les vies humaines, Il doit porter nécessairement les caractères de toute existence terrestre, alors même que cette exis-
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tence est vivifiée essentiellement par la vie divine. Aussi, Le voyons-nous, dès l'aurore de son apparition dans l'humanité, réclamer le concours d'une Mère et emprunter dans son chaste sein la substance destinée à former son corps. Dès le premier instant de sa conception, Il se constitue Lui-même l'hostie et la victime de son divin Père, et II ajoute ainsi une nouvelle infériorité à la première.
Toute sa vie, Jésus demeurera dans cet état de dépendance, de soumission et d'obéissance visà-vis de son Père. Il en aura les sentiments et II en posera les actes. Il se fera universellement obéissant ' : et envers son Père, qu'il consultera en toutes choses et dont II s'appliquera à accomplir fidèlement toutes les volontés - ; et envers Marie et Joseph, dont II se montrera toujours le fils soumis et respectueux ' ; et à l'égard des exigences de la vie terrestre, dont II embrassera volontairement les misères et les nécessités ; et à l'égard des lois civiles et religieuses de son temps, auxquelles II voudra librement se soumettre, pour donner l'exemple et pour mener
1 <> Quoiqu'il fût le Fils de Dieu, il a appris l'obéissance. » Hébr., v, 8.
2 « Celui qui m'a envoyé est avec moi, parce que pour moi je fais toujours ce qui lui plaît. » Jean, viii, 29.
" « Et il descendit avec eux et vint à Nazareth, et /'/ leur était soumis. •. Luc, h, 5i.
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une vie modeste qui n'attire point sur Lui les regards humains ' ; et envers les souffrances de tout genre, qu'il laissera s'approcher de Lui pour Le torturer ; et envers les lois physiques, qui régissent le corps humain et Le feront s'affaiblir à mesure qu'il perdra son sang, puis mourir quand son Cœur cessera de battre ; et jusqu'envers ses bourreaux, à qui II donnera le pouvoir de Lui enlever la vie.
Voulant que tout dans sa vie soit inspiré par les sentiments qui L'ont poussé à se faire Victime pour les péchés du monde, Il apparaîtra pauvre et misérable, et II vivra dans une humble et basse condition ; Il se fera petit et passera inaperçu pendant trente années de sa vie ; Il apprendra un humble métier d'artisan et II se mêlera aux ouvriers qui gagnent péniblement
1 « Dieu a assujetti son Fils à la loi pour racheter ceux qui étaient sous la loi. » Gal., iv, 4, 5.
« Etant venus à Capharnaùm, ceux qui recevaient ledidrachme (monnaie de la valeur de deux francs environ), s'approchèrent de Pierre et lui dirent : Votre Maître ne paye-t-il pas le didrachme ?... Jésus lui dit : Pour que nous ne les scandalisions pas, va à la mer et jette l'hameçon, et prends le premier poisson qui montera, et, ouvrant sa bouche, tu trouveras un statère (pièce d'argent valant quatre francs). Prends-le et donne-le leur /tour moi et pour toi. » Matth., xvh, 23, 26.
Suivant l'opinion généralement admise aujourd'hui parmi les exégètes, il s'agit ici d'un impôt religieux et théocratique. Le miracle que fait Jésus pour s'en acquitter, prouve sa puissance divine et montre par là même qu'il se soumet librement à la loi sans y être tenu.
leur vie ! ; Il rencontrera sur son chemin des contradicteurs, des ennemis acharnés, des persécuteurs pleins de haine, et II subira leurs sarcasmes, leur fourberie et leur malice ; Il sera méprisé à cause de son lieu d'origine2; Il sera publiquement traité de méchant1, de pécheurs
1 L'Evangile est explicite sur ce point. Comme, d'après la loi, tout Juif devait exercer un métier traditionnel dans la famille, Jésus travailla avec Joseph, en sa qualité de fils ; c'est pourquoi il est appelé « le fils du charpentier » (Matth., xiii, 55). — Personnellement Jésus exerça le métier de charpentier ; Saint jMarc, en effet, le fait appeler expressément par les habitants de Nazareth, « le charpentier, le fils de Marie » (vi, 3) : sans doute parce qu'après la mort de Saint Joseph et jusqu'au moment de sa vie publique, Jésus continua le métier de son père adoptif, pour soutenir sa Mère.
- « Philippe rencontra Nathanaël et lui dit : Celui de qui Moïse a écrit dans la loi et qu'ont annoncé les prophètes, nous l'avons trouvé, Jésus, fils de Joseph, de Nazareth. Et Nathanaël lui dit : Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth ? » Jean, i, 40, 46.
« Dans la foule, les uns disaient : Celui-ci est vraiment le prophète. D'autres disaient : Il est le Christ. Mais quelques-uns disaient : Est-ce de la Galilée que doit venir le Christ ? » Jean, vu, 40, 41.
« Les Pharisiens répondirent à Nicodème : Es-tu Galiléen, toi aussi ? Scrute les Ecritures, et tu verras que de la Galilée il ne sort point de prophète. » Ibid., 52.
;t « Il y avait dans la foule une grande rumeur à son sujet. Les uns disaient : C'est un homme de bien. D'autres disaient : Non, mais il égare la multitude. » Iwu., 12.
1 « Quelques-uns disaient : Il n'est pas de Dieu, cet homme qui ne garde pas le sabbat, dominent un homme pécheur peut-il faire ces miracles ?... Nous savons que cet homme est pécheur. » Jean, ix, 16, 24.
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d'insensé1, d'agitateur- et de suppôt de Satan3; Il s'entourera de pauvres, de misérables, de malheureux et de pécheurs1; Il choisira ses Apôtres parmi les ignorants et c'est à eux qu'il confiera les sublimités et la prédication de sa divine doctrine \
Que d'humiliations et d'abaissements réunis, en face de la souveraine majesté de Dieu et de cette toute-puissance divine qui domine et vivifie tout ! L'Humanité du Sauveur pouvait en porter
1 « Beaucoup parmi les .luits disaient : Il est insensé, pourquoi l'ccoutez-vous ? » Jean, x, 20.
2 Les Juifs dirent à Pilate : « Nous avons trouve celui-ci pervertissant notre nation... // agite le peuple en enseignant dans toute la Judée. » Luc, xxin, 2, 5.
'• « Ne disons-nous pas avec raison que tu as un démon ? » Jean, vin, 48.
« C'est par le prince des démons qu'il chasse les démons. » M ai th., ix, 34.
'• « Voilà un homme ami des publicains et des pécheurs » (Matth., xi, 19) : « qui reçoit les pécheurs et mange avec eux » (Lie, xv. 2).
•"■ « Voyez, frères, quels sont parmi vous ceux qui sont appelés. Ils ne sont pas nombreux les sages selon la nature, ni les puissants, ni les nobles. Mais Dieu a choisi ce qu'il y a de fou en ce monde pour confondre les sages ; et Dieu a choisi ce qu'il y a de faible en ce monde pour confondre les forts ; et Dieu a choisi ce qu'il y a en ce monde de vil et de méprisable, et ce qui n'est rien, pour détruire ce qui est. » I Cor., 1, 26-28.
« Lorsque les membres du sanhédrin virent l'assurance de Pierre et de Jean, sachant d'ailleurs que c'étaient des hommes du peuple sans instruction, ils furent étonnés. » Act., iv, i.>.
le poids, et le Verbe Incarné se l'était précisément unie dans ce but.
Mais Jésus n'était pas venu pour toujours vivre, son désir comme son but était de mourir. Dieu est trop grand, trop nécessaire, trop parfait et trop éternel, pour passer par la mort : grâce à son Humanité le Verbe pourra pousser jusquelà son abaissement et son amour. Il est impossible de passer par les déchirements physiques et moraux de la mort sans souffrir : Jésus souffrira. Lui, l'impassible, Il embrassera la souffrance et en fera sa compagne la plus chère. Il voudra et aimera tout ce qui développera en Lui son état d'immolation et L'acheminera vers son Sacrifice suprême. Prenant dans son Humanité les puissances presque infinies de souffrance qu'il y a déposées, Il se fera un trophée de gloire de toutes les douleurs et II se constituera la Victime perpétuelle de la justice divine pour le salut des hommes. Se regardant comme l'unique pécheur chargé de tons les péchés du monde \ Il se vouera à toutes les humiliations ; Il ira au-devant de toutes les infamies ; Il subira tous les affronts ; Il se laissera submerger par toutes les amer-
1 « Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, s'étant fait lui-même un objet de malédiction pour nous. » Gal., m, i3.
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tûmes ; Il entrera dans des tristesses mortelles ; Il agonisera sous des flots d'angoisses indicibles; Il boira le calice jusqu'à la lie; et, enivré de souffrance et d'amour. Il soupirera après les dernières avalanches de cruautés et d'outrages sous lesquelles II expirera dans l'humiliation suprême et l'abandon universel, en jetant vers le Ciel ce dernier cri de la douleur qui meurt : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné?1 » Jésus, ce grand vaincu de la mort, en descendant au tombeau, avait conduit son Humanité sainte jusqu'aux dernières limites de l'anéantissement '-. Ses abaissements volontaires avaient divinement glorifié le Père céleste qui L'avait donné au monde. A son tour, le Père Le glorifie, le tombeau s'ouvre et Jésus le Verbe Incarné, longtemps humilié, rentre dans sa gloire éternelle, où II sera loué, aimé et adoré dans les siècles des siècles.
1 Mattii., xxvii, |(>.
- « Celui qui ne connaissait pas le péché s'est fait péché pour nous. » II Cor., v, 21.
A Jésus, Dieu-Homme
O Jésus, Verbe de Dieu Incarné,
qui êtes descendu dans notre pauvre humanité
pour l'élever jusqu'à votre Divinité;
qui avez daigné vivre de notre vie humaine
pour nous apprendre à la sanctifier;
et dont l'amour, sous l'impulsion de votre Divinité,
a transformé votre Humanité
en une Victime pour toujours immolée :
je Vous adore à genoux et je Vous rends grâce
de nous avoir tant aimés.
Pour compenser vos humiliations,
je voudrais Vous louer et Vous glorifier sans fin.
Pour me mettre à l'unisson de vos souffrances,
je salue la douleur et j'accepte la croix.
Pour répondre à votre mystérieux amour,
je m'attache à Vous afin de Vous aimer
d'un amour de tendresse,
comme Vous aiment les Bienheureux.
Vous êtes adorable, ô Jésus mon Dieu.
Vous êtes admirable, ô Jésus mon Sauveur.
Vous êtes grand, ô Jésus mon Maître.
Vous êtes attrayant, ô Jésus mon Amour.
Vous êtes ineffable, ô Jésus mon Tout !