‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 2)Chapitre 16 sur 40 · I. — Son état de créature · texte numérisé non relu

I. — Son état de créature

Jésus, dans son Humanité, a tous les caractères de la créature humaine et 11 est établi vis-àvis de la Divinité dans les conditions essentielles de toute créature à l'égard du Créateur. Dieu est le souverain Seigneur et le Maître absolu, la créature sa servante et son obligée ; Dieu est le Tout-Puissant en paroles et en œuvres, la créature ne peut rien par elle-même et elle tire de Dieu tout ce qu'elle possède ; Dieu est l'infïniment Parfait, la créature est imparfaite par nature et ne peut parvenir qu'à une perfection relative ; Dieu est la Sainteté suprême, la créature n'a en elle-même aucune vertu surnaturelle et ne peut mériter qu'avec le secours de la grâce; Dieu est la Sagesse éternelle, la créature est naturellement ignorante et elle n'acquiert la science que lentement et avec effort ; Dieu est l'Amour incréé, la créature ne peut le payer de retour que parce que Dieu lui a donné un cœur pour l'aimer ; Dieu est la Fin suprême de toutes choses, la créature est essentiellement ordonnée à la Divinité pour la gloire de laquelle elle existe ;

Dieu est le principe de la Vie, la créature la reçoit nécessairement de Dieu et ne doit l'employer qu'à son service.

Si, à l'encontre des autres créatures, Jésus, en tant qu'Homme, possède une science parfaite et pose des actes d'une perfection infinie, à cause de son union intime avec la Personne du Verbe, Il conserve néanmoins tous les autres caractères d'infériorité de la nature humaine. Il doit à Dieu le respect pour ses grandeurs et sa majesté, et Il se tient constamment devant lui dans une attitude d'humilité, de révérence et d'adoration1. II reconnaît en Dieu l'autorité suprême et la domination universelle sur toute créature, et II vit dans une dépendance totale et une servitude absolue -. Il sait que Dieu seul est nécessaire et éternel, et Il lui rend hommage de tout ce qu'il en a reçu'. Il voit que Dieu est l'unique principe et la souveraine raison d'être de toute création, et II se plaît à se soumettre universellement à lui \ Il connaît

1 « Pour moi, je ne cherche point ma gloire... J'honore mon Père. » Jean, viii, 49, 5o.

« Il a été exaucé à cause île son respect. » Hébk., v, 7.

- « Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » Jean, vi, 38.

;i « Toutes choses m'ont été données par mon Père. » Matth., xi, 27.

« Le Père, demeurant en moi, lait lui-même les œuvres. » Jean, xiv, 10.

4 « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et ^accomplir son œuvre. » Jean, iv, 34.

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en Dieu ses perfections adorables et ses décrets éternels, et II se fait délicatement obéissant pour ne laisser irréalisé aucun de ses bons plaisirs '. Il a une intelligence complète de la sainteté de Dieu, et II s'applique à l'honorer par chacune des vertus qu'il pratique '. Il pénètre jusque dans les profondeurs de la charité divine, et II se tient comme un mendiant devant Dieu pour en recevoir les ardeurs dont à son tour II veut être embrasé3. Il sait que Dieu est la vie par essence et la vie indéfectible, et II a sans cesse recours à lui pour alimenter la sienne '.

Tout ce que Dieu possède de droits vis-à-vis de la créature, Jésus les reconnaît et leur rend hommage. Tout ce que la créature a de devoirs à remplir vis-à-vis de Dieu, Jésus les lui rend au nom de l'humanité tout entière. Jamais respect plus grand, adoration plus parfaite, hommage plus digne, soumission plus absolue, dépendance plus totale, service plus pur, obéissance plus gé-

1 « Celui qui m'a envoyé est avec moi, et il ne m'a pas laissé seul, parce que pour moi je fais toujours ce qui lui plaît. » Jean, vin, 29.

2 « Je vous ai glorifié sur la terre ; j'ai achevé l 'œuvre que vous m'avez donnée à faire. » Jean, xvh, 4.

3 « J'ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour. » Jean, xv, 10.

4 « Mon Père qui est vivant m'a envoyé, et moi je vis par mon Père. » Jean, vi, 58.

néreuse, amour plus ardent, louange plus agréable et offrande plus délicate et plus constante de tout soi-même n'ont été offerts à Dieu par aucune créature.

Dieu le Père se complaît dans cette attitude de souverain respect et dans ces hommages ininterrompus que lui rend son Fils revêtu de notre humanité. Il reçoit une gloire incomparable et il éprouve une joie infinie, en contemplant l'honneur que l'humanité lui rend dans la Personne du Verbe Incarné1. Il reconnaît dans l'Homme- Dieu le zèle que lui-même a de sa propre gloire et l'amour dont il brûle éternellement, et il embrasse avec tendresse l'humanité coupable, à cause du Fils de ses éternelles complaisances qui s'est substitué à elle pour en effacer les iniquités '.

1 L'humanité, pour s'adresser à Dieu, emprunte la voix, les sentiments, les mérites et la sainteté de Jésus son Sauveur. L'Eglise nous rappelle sans cesse ce devoir, en nous faisant prier par Notre Seigneur Jésus-Christ. Le Prêtre, à l'autel, lorsqu'il tient dans ses mains consacrées la Victime toujours immolée pour le salut du monde, s'identifie en quelque sorte avec elle, en son nom et au nom de tout le peuple, afin d'offrir à Dieu une louange et une hostie dignes de lui : « Par Lui, et avec Lui. et en Lui, à vous Dieu le Père tout-puissant, en l'unité du Saint-Esprit, revient tout honneur et toute gloire. » Canon de la Messe.

i En deux circonstances, Dieu le Père manifesta combien il prenait ses complaisances en Jésus. — 1° Au Baptême de Jean- Baptiste : « Celui-ci est mon Fils bien -aimé, en qui je me suis

l8o OF. LA CONDITION DF. l'hOMME-DIEI'

Cet état d'humilité, de dépendance et de soumission absolue que Jésus a pris vis-à-vis de Dieu par l'Incarnation, Il le veut, Il l'aime, Il en fait ses délices. C'est librement qu'il s'est fait Homme, c'est avec joie qu'il s'est couvert des livrées de l'humanité, qu'il en a consacré toutes les conditions, qu'il en a assumé toutes les obligations et qu'il en remplit tous les devoirs vis-avis de la Divinité.

Avec Jésus, glorifions Dieu, reconnaissons ses droits souverains, soumettons-nous amoureusement à toutes ses volontés, aimons tout ce qu'il veut, faisons tout ce qu'il ordonne, répondons à tous ses appels, offrons-nous joyeusement à son action divine, et, dans une obéissance totale et toute d'amour, ne vivons que pour répondre à ses miséricordieuses avances et accomplir en tout son bon plaisir.

com/j/u. » Matth., m, 17. — 2° A la Transfiguration : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en gui j'ai mis toit tes mes complaisances. Matth., xvii, 5.

Saint Pierre proclame la vérité de cette voix venue du ciel : « Et nous avons entendu nous-mêmes cette voix qui venait du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne. » II Pierre, i, 18.

Rapprochons ces textes du passage de Saint Matthieu, après la guérison, par Jésus, de la main desséchée : « Afin que fût accompli ce qu'avait prédit le prophète Isaïe (xlii, 1) disant : Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé en qui mon âme s'est complue. » Matth., xii, 17, 18.

DIFFÉRENCE DES ÉTATS EN JÉSUS iSl

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