‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 2)Chapitre 25 sur 40 · I. — Réparer l'outrage fait à Dieu · texte numérisé non relu

I. — Réparer l'outrage fait à Dieu

L'unité de sentiments dans les trois Personnes divines est à l'égal de leurs perfections infinies et de leur amour mutuel. Le Verbe, engendré par le Père de toute éternité, en est l'image parfaite et adéquate ; et, à cause de cela, il aime infiniment le Père qui est en lui, comme il s'aime infiniment dans le Père qui est son principe. Le Père, se retrouvant parfaitement dans le Fils, s'y aime aussi infiniment, comme il s'aime en lui-même. Le Saint-Esprit, procédant substantiellement de cet amour mutuel et dans la même perfection infinie, aime en lui le Père et le Fils dont il procède, de même qu'il s'aime et infiniment dans les deux premières Personnes dont il est le lien substantiel et nécessaire1.

1 Le Docteur angélique a écrit, dans ses Opuscules, une bien belle page sur l'amour mutuel des trois Personnes divines. « Il

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Tout est donc parfaitement à l'unisson entre les trois Personnes divines, et cela d'une nécessité absolue et éternelle. La gloire de l'une est la gloire des deux autres ; et comme cette gloire est essentielle en Dieu, elle est voulue inévitablement. Dans son essence Dieu ne peut donc pas ne pas être glorifié, puisqu'il est à lui-même sa propre et nécessaire glorification. Mais il est une autre gloire, quoique non essentielle, à laquelle Dieu a également droit : c'est celle qui lui vient de ses œuvres extérieures. Tout a été créé pour sa gloire et, parmi tous les êtres qui existent, les créatures intelligentes, faites à son image, doivent le glorifier davantage.

Par la désobéissance du premier homme, l'humanité a manqué à son devoir essentiel et, autant qu'il a été en son pouvoir, elle a enlevé à Dieu la

est écrit dans Saint Jean (v, 20) « que le Père aime le Fils », et de nouveau (xiv, 3i) il est dit dans la Personne du Christ : « J'aime mon Père ». Cet amour n'est pas inférieur dans celui qui aime et dans celui qui est aimé, puisque c'est le Saint-Esprit qui est l'amour du Père et du Fils. Ainsi l'amour n'est pas moins aimé de celui qui aime et de celui qui est aimé, que l'amant l'est de l'aimé et l'aimé de l'amant.

« Et cette tendre, affectueuse et infiniment parfaite dilection des trois Personnes en une seule substance, se trouve où l'amant est le même que l'aimé, où l'aimé est le même que l'amant, où l'amour est le même que l'amant et l'aimé, où l'aimé et l'amant sont les mêmes que l'amour, où enfin l'amant, l'aimé et l'amour participent à la même essence, n'ont que la même volonté et le même déplaisir, ont le même pouvoir et possèdent tout. » S. Thom., Op. 62, c. 2.

gloire à laquelle il avait droit de sa part. Cet outrage aux droits souverains de Dieu, diminuant sa gloire extérieure, demandait une réparation et une réparation à la hauteur de l'offense. Quel sublime et divin objectif se dressait alors devant les yeux du Verbe Incarné ! Quel mobile puissant à son Incarnation ! Quel aliment à son zèle et à son amour ! Il s'agira de reconquérir la gloire de Dieu, de lui rendre ce que le péché lui a enlevé, de rétablir l'ordre que sa Sagesse avait établi, de satisfaire à sa Justice et de renouer les relations divines avec l'humanité sur les bases que Dieu avait lui-même établies dans la vérité et la sainteté.

Tout l'amour que Jésus, en tant que Verbe, a pour son divin Père. Il le reportera sur l'humanité défigurée, où ne se lisent plus les traits de la Divinité. Il voudra rendre à Dieu autant que l'humanité lui a repris, et pour cela II ne reculera devant aucun sacrifice. Il commencera par prendre Lui-même la forme d'esclave, Il se fera créature avec les créatures, et II imprimera dans l'humanité, par le seul fait de son Incarnation, l'image de Dieu infiniment plus parfaite qu'elle ne l'était à l'origine de la création.

Perpétuellement Jésus s'offrira à son divin Père, au nom de l'humanité tout entière uont Il s'est revêtu pour la représenter auprès de lui ;

et cette offrande sera déjà une admirable réparation à la Divinité. Jésus poursuivra cette mission pendant toute sa vie ; Il emploiera tous les moyens pour rendre sa réparation parfaite. C'est dans cette vue qu'il priera, agira, travaillera, souffrira et mourra. Il se considérera comme l'unique réparateur et II sera en vérité chargé de tous les péchés des hommes, afin d'offrir pour chacun d'eux, par ses mérites infinis, une compensation aux outrages que ces péchés infligent à Dieu.

Dévoré de zèle pour la gloire de Dieu, Jésus cherchera à faire oublier en quelque sorte les infidélités et les ingratitudes de l'humanité. Il attirera les yeux de son Père sur la sainteté de sa vie ; Il le suppliera d'avoir égard à ses mérites ; Il lui rappellera ses suprêmes humiliations ; Il lui fera entendre d'incessantes supplications ; Il fera valoir chacune de ses souffrances ; Il voudra le consoler et II lui exprimera son amour ; Il lui redira de toute manière qu'il est son Prêtre et sa Victime, qu'en tant que Sacrificateur II ne faillira pas à sa mission et qu'en tant que Victime II a déjà versé en désir jusqu'à la dernière goutte de son sang.

Jésus ne se donnera aucun repos, tant qu'il n'aura pas accompli son œuvre de réparation divine. C'est ce qu'il a à cœur avant tout. Si son

divin Père est glorifié, Il sera heureux, et II pourra mourir. Aussi L'entendons-nous s'écrier dans une allégresse inaccoutumée, au moment où Il va faire son entrée solennelle dans sa sublime Passion : « Mon Père, je vous ai glorifié sur la terre; j'ai achevé l'œuvre que vous m'aviez donnée à faire... Et maintenant, glorifiez -moi en vous-même de la gloire que j'ai eue en i>ous avant que le monde fût l. »

Combien est touchante cette déclaration divine qui ressemble tant à un adieu ! Ce Fils de l'Homme, qu'attendent déjà les bourreaux, et qui tout-à-l'heure sera suspendu comme un criminel au gibet infâme, ne craint pas toutefois de proclamer hautement que sa vie a honoré et glorifié la Divinité, qu'elle a rayonné les perfections divines et que tout y parle de la fidélité à la mission qu'il avait reçue du ciel. Il était venu pour donner à Dieu l'honneur, la louange et l'amour que l'humanité lui avait auparavant refusés ; la réparation était accomplie, Dieu était désormais glorifié sur la terre comme au ciel ; Il pouvait maintenant retourner dans le sein de Dieu, d'où l'amour et le zèle pour la gloire divine L'avaient fait descendre.

N'oublions point ces sentiments qui animaient le Coeur de Jésus pendant sa vie mortelle et, à

1 Jean, xvii, 4, 5.

son exemple, laissons-nous inspirer, influencer et diriger, dans les diverses circonstances de notre vie, par le désir de la gloire de Dieu '. Jésus demande à son divin Père de Le glorifier à son tour, et à nous aussi II adresse la même prière ; rendons-Lui à Lui-même ce qu'il a donné à son Père en notre nom, glorifions-Le par nos vertus, notre générosité, notre amour, notre soumission totale à toutes ses volontés et notre fidélité à toute épreuve *. ,

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