IV. — Enseigner aux hommes la science du salut
L'oeuvre que Jésus avait à opérer dans le monde devait être une œuvre durable, non seulement pour les hommes de son temps, mais encore pour toutes les générations de l'avenir qui allaient se succéder sur la terre. Jésus ne venait pas simplement frapper les esprits et gagner momentanément les cœurs ; sa mission ne pouvait consister
1 « Soit que nous vivions, c'est pour le Seigneur que nous vivons ; soit que nous mourions, c'est pour le Seigneur que nous mourons. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. » Rom., xiv, 8.
2 « A l'image du Saint qui vous a appelés, soyez saints vous aussi dans toute votre conduite ; car il est écrit : Vous serez saints parce que je suis saint. » I Pierre, i, i5, 16.
3 « Que toutes vos œuvres soient faites avec amour. » I Cor., xvi, 14.
4 « Il nous a élus en lui, par amour, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui. » Ephés., 1, 4.
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à exciter un certain enthousiasme dans les âmes et à soulever les foules par l'éclat de ses miracles ; il ne suffisait même pas qu'il parût comme animé de l'esprit de Dieu, que sa vie fût une vie toute de vertu et de sainteté, et qu'il se posât comme un modèle à imiter. Avant Lui, il y avait eu des hommes qui avaient étonné le monde par leur science et leur génie ; il s'était vu des conquérants qui avaient soumis les empires ; il avait surgi des prophètes qui avaient suscité l'admiration et le respect ; il s'était rencontré des saints qui avaient paru comme des envoyés de Dieu.
Jésus évidemment exerçait sur les foules une influence plus élevée, un ascendant plus divin, une persuasion plus profonde, une action intime plus spirituelle. Ne parlant point des choses de la terre, Il faisait penser au ciel ; ne se présentant que dans l'auréole d'une perfection toute divine, 11 attirait les cœurs vers les hauteurs ; étant la sainteté infinie, sa vue seule purifiait les âmes et les fortifiait dans le bien ; n'accomplissant des prodiges que pour la gloire de Dieu, le bien des âmes et le soulagement des corps, Il faisait aimer la puissance divine par laquelle II agissait.
Tout en Jésus était surnaturel, et le principe et la fin, et l'intention et l'action ; on sentait en Lui quelque chose de divin, auquel les âmes de bonne volonté ne pouvaient résister. Ceux qui L'appro-
chaient de plus près subissaient irrésistiblement cette influence toute céleste ; et combien, avant la pleine révélation du mystère de son Incarnation, seraient tombés à genoux pour L'adorer, s'ils n'avaient été arrêtés par son humanité. Aussi, rien d'invraisemblable à ce qu'un gouverneur romain, comme on le raconte de Publius Lentulus. ait pu écrire de Jésus que ce n'était pas un homme comme les autres, et, après avoir dépeint sa majesté, sa douceur, sa sérénité, sa bonté et sa puissance, qu'il ait terminé par ce trait caractéristique qui lui faisait pressentir la Divinité : « En un mot, c'est un homme qui surpasse le reste des hommes. »
Malgré tout, ces impressions pouvaient passer ; l'esprit des hommes est ainsi fait, qu'il oublie vite, même les choses qui l'ont le plus frappé. N'en avons-nous pas un exemple déconcertant dans le changement qui remplace si vite l'enthousiasme de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem par les scènes horribles de la Passion ? Et puis, Jésus allait disparaître ; et alors, l'adage trop connu « loin des yeux, loin du coeur » ne se serait-il pas réalisé pour Jésus comme pour tant d'autres ?
Ces impressions d'ailleurs, toutes fortes qu'on les puisse supposer, n'étaient que l'heureux partage d'un petit nombre, relativement à l'ensemble
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de l'humanité. Il allait s'écouler des siècles après la vie mortelle du Sauveur et, pour toutes les âmes de l'avenir plus encore que pour les contemporains de Jésus, il fallait une doctrine qui vînt corroborer les vertus et donner leur sens exact à tant de prodiges opérés et particulièrement aux Mystères qui constituent le fondement de la Religion du Christ.
Jésus devait prêcher de paroles tout autant que d'exemple. Il s'adressait à des intelligences qui naturellement ont soif de vérité ; Il avait à renverser de nombreux préjugés ; Il devait rectifier l'esprit humain qui depuis si longtemps se nourrissait de mensonge et d'erreur ; Il venait donner au monde une règle de vertu qui, en l'arrachant à ses passions, devait l'orienter dans la voie du devoir et du salut; Il apportait du ciel toute une révélation sur les vérités les plus élevées et sur les mystères les plus cachés. Ayant reçu de son divin Père la mission d'enseigner les hommes, Il avait promis d'y travailler sans relâche ; c'était un des motifs fondamentaux de son Incarnation, et Lui-même nous le déclare formellement : << Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité^. »
Sorti du sein de l'Eternel, tout rayonnant encore des splendeurs de la Divinité, Jésus aurait
1 Jean, xviii, 37.
pu se contenter de faire briller au dehors, dans une lumière éclatante, la science divine dont II était rempli. Sans bruit de paroles, Il aurait pu agir directement dans les âmes et leur donner l'intelligence de tout ce qu'il voulait leur apprendre. Mais telle n'était pas sa volonté ; ce mode d'enseignement n'était conforme ni à sa condition humaine ni à la manière ordinaire dont les hommes acquièrent habituellement la science. C'est en enseignant et par des prédications successives et répétées ', en faisant pénétrer peu à peu la vérité dans les esprits, en renouvelant ses divines leçons, en multipliant les applications pratiques, en se servant de nombreuses paraboles -, que Jésus devait arriver à donner comme un cours complet de sa divine doctrine.
Et II avait tant de choses à graver dans l'esprit et dans la mémoire des hommes ! Portant en Lui toutes les perfections divines, Il avait à cœur de les faire connaître et de donner de la Divinité une idée plus précise et plus complète. Il y allait de l'honneur de son divin Père, dont II était l'image parfaite et le délégué officiel. C'est par
1 « Allons dans les villages voisins et dans les villes, pour que je prêche là aussi, car c'est pour cela que je suis venu. Et /'/ prêchait dans leurs synagogues et dans toute la Galilée. » Marc, i, 38, 39.
- o II leur enseignait beaucoup de choses en paraboles. » Marc, iv, 2.
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Lui que la Très Sainte Trinité allait se révéler au monde ; Il en avait reçu le mandat et son bonheur suprême, comme son devoir sacro-saint, était de l'accomplir1.
Mais Dieu est la règle infaillible de toute science, le principe de tout pouvoir, le souverain Seigneur de toutes choses, le Dominateur universel qui commande à toute créature. C'est lui qui a tracé des lois à la nature et qui a imposé des devoirs à l'humanité ; la nature est restée fidèle, les hommes ont faussé leur voie ; pour les ramener à la vérité, il fallait refaire l'éducation première, rappeler les devoirs essentiels, préciser les responsabilités, établir nettement les principes, rendre à Dieu ses droits indiscutables et lui soumettre toutes les volontés humaines.
C'est sur les âmes que Jésus devait agir ; car le royaume de Dieu est en elles 2, et II était venu pour l'établir et le consolider. Or, la vie de Dieu dans les âmes est faite de connaissance tout autant que d'amour3; c'est pourquoi Jésus se fait
1 « Personne n'a jamais vu Dieu : le Fils unique qui est dans le sein du Père, l'a fait connaître lui-même. » Jean, i, 18.
2 « Le royaume de Dieu est au-dedans de vous. » Luc, xvu, 21.
3 « L'union des saints avec Dieu, dit Saint Thomas, se fait par la connaissance et Y amour. » S. Thom., III p., q. 2, a. 10.
« Nous pouvons aimer, dit Saint Augustin, les choses que nous ne voyons pas, mais il nous est impossible d'aimer celles que nous ne connaissons pas. Par conséquent, voulez-vous aimer Dieu et le désirer, commencez par le connaître. » S. Thom., Op. 6o, c. 2,
le divin éducateur qui illumine les esprits en même temps qu'il embrase les cœurs.
Aussi, avec quelle lucidité II explique les mystères, développe les vérités, enseigne les principes de la perfection et les règles de la sainteté ! Avec quel respect II nous parle de son divin Père, de ses perfections infinies, de ses divines volontés et de ses ineffables amabilités ! Avec quelle onction II nous invite à pratiquer la vertu ', à être doux - et humbles \ à vivre dans la pureté \ à nous montrer charitables" et condescendants 6, à traiter les autres avec bonté '• et miséricorde \ à
1 « Si vous voulez entrer dans la vie, observez les commandements. » Matth., xix, 17. — « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour. » Jean, xv, 10.
- « Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui encore l'autre. » Matth., v, 3g.
A « Quiconque voudra être le premier parmi vous, sera le serviteur de tous. » Marc, x, 44. — « Quiconque s'exalte sera humilié, et quiconque s'humilie sera exalté. » Luc, xiv, 1 1 .
1 « Veillez et priez afin que vous n'entriez pas en tentation. Car l'esprit est prompt, mais la chair est faible. » Matth., xxvi, 41.
5 « Voilà mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Jean, xv, 12.
fi « Si quelqu'un te contraint de faire mille pas, fais-en deux mille autres avec lui. » Matth., v, 4t.
7 « Faites du bien, et vous serez les fils du Très-Haut. » Luc, vi, 35. — « Soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux, qui fait lever son soleil sur les bons et les méchants et tomber la pluie sur les justes et les injustes. » Matth., v, 45.
8 « Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux. » Luc, vi, 36.
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chercher avant tout le royaume de Dieu l, à nous détacher de tout ce qui est créé2, à supporter avec résignation les peines et les épreuves3, à garder notre âme dans la paix 4, à n'agir en tout qu'avec des vues surnaturelles5, pour plaire à Dieu et non pour être vus des hommes6, à pardonner aux autres7, à faire du bien à ceux qui nous font du mal8, à donner toujours le bon exemple" et à marcher fidèlement sur ses traces10!
1 « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît. » Matth., vi, 33.
2 « Que sert à l'homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme. » Matth., xvi, 26.
3 « Vous pleurerez et vous gémirez. Le monde se réjouira tandis que vous serez contristés, mais votre tristesse sera changée en joie. » Jean, xvi, 20.
4 « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix. Que votre cœur ne se trouble point ni ne s'effraie. » Jean, xrv, 27.
5 « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, mais amassezvous des trésors dans le ciel. Nul ne peut servir deux maîtres ; vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » Matth., vi, 19, 20, 24.
6 c. Prenez garde à ne pas faire vos œuvres de justice devant les hommes afin d'être vus d'eux; autrement vous n'aurez point de récompense de votre Père qui est dans les cieux. » Matth., vi, 1.
7 « Si vous remettez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous remettra aussi vos fautes. » Matth., vi, 14.
8 « Faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient. » Matth., v, 44.
9 « Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux. » Matth., v, 16.
10 « Venez, suivez-moi. » Matth., xix, 21. — « Faites comme j'ai fait. » Jean, xiii, i5.
Avec quelle délicatesse II nous montre la nécessité de la souffrance et du sacrifice ' ; Il nous impose la loi du renoncement, si nous voulons être ses disciples2; II dépose même la croix sur nos épaules, pour que le disciple la porte avec le Maître 3 ; Il nous invite à la pénitence, en en faisant une loi universelle4 ; Il nous prévient qu'il est venu multiplier les séparations 5 et que, pour marcher dans la voie de la perfection, il faut tout quitter6 et être prêt à mourir, comme le grain de froment qui pourrit en terre avant de porter des fruits 7 !
1 « Qui voudra sauver sa vie la perdra, et qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. » Matth., xvi, 25. — « Le royaume des cieux souffre violence. » Matth., xi, 12.
a « Quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède, ne peut être mon disciple. » Luc, xiv, 33.
3 « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce luimême, qu'il porte sa croix tous les jours et qu'il me suive. » Luc, ix, 23.
4 « Faites pénitence, car le royaume des cieux approche. » Matth., iv, 17. — « Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous. » Luc, xin, 3.
5 « Je suis venu apporter le glaive sur la terre. Je suis venu séparer l'homme de son père, et la fille de sa mère. » Matth., x, 34, 35.
6 « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as, et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel : puis viens et suis-moi. » Matth., xix, 21.
7 « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de froment jeté en terre n'y meurt, il reste seul et stérile ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Jean, xii, 24, 25.
Avec quelle force II tonne contre le vice ; Il humilie les orgueilleux ; Il méprise les hypocrites ; Il condamne les injustices: Il flétrit le mensonge ; Il dénonce la malice de ceux qui enseignent l'erreur pour justifier leurs crimes ou se servent de leur autorité pour pressurer les consciences ' ! Avec quel saint zèle II défend la Loi contre ses prévaricateurs et l'honneur de la maison du Seigneur contre ses profanateurs- !
Avec quelle honte II se penche sur toutes les misères, pour éclairer les esprits et guérir les âmes en même temps qu'il soulage les corps 3 !
Avec quelle condescendance II s'applique à nous faire une mentalité toute spirituelle, en héatifiant les doux, les purs, les pauvres d'esprit, les miséricordieux, les pacifiques, les amis de la justice, les affligés et les persécutés ' !
Avec quel soin II nous apprend à prier et à
1 Pour bien comprendre tout ce passage, nous conseillons de lire, entre autres, le chapitre xxm de S. Matthieu, où Jésus, spécialement dans la personne des scribes et des pharisiens, stigmatise l'orgueil, l'hypocrisie, l'injustice, les mensonges des faux maîtres en Israël. Huit fois de suite Jésus leur crie : « Malheur à vous... hypocrites... insensés... guides aveugles... sépulcres blanchis... race de vipères. »
* Par deux fois Jésus chassa des abords du temple les vendeurs, usuriers, gens d'affaires et de scandale. Matth., xxi, 12-17 '< Marc, xi, i5-i8 ; Luc, xix, 45-48 ; Jean, ii, 14-17.
3 « Voilà que tu es guéri ; ne pèche plus, de peur qu'il t'arrive quelque chose de plus mauvais. » Jean, v, 14.
1 Voir les huit béatitudes, en Saint Matthieu, v, 3-1 1.
faire de l'avènement du règne de Dieu, de la sanctification de son nom et de l'accomplissement de son adorable volonté l'objet de nos supplications les plus ardentes1!
Avec quelle expression de douceur et de charité Il nous redit, sous toutes les formes, qu'il est la lumière, la voie, la vérité, la vie, le bon pasteur, le céleste vigneron, le cep qui donne la vie aux branches ; que sans Lui nous ne pouvons absolument rien faire et que l'unique moyen pour nous de porter beaucoup de fruit, c'est de Lui rester unis et de ne jamais nous séparer de Lui2 !
Avec quel amour II nous révèle la tendresse de son Cœur, Il nous supplie d'aller à Lui pour être consolés et soulagés dans nos peines3; pour trouver la paix du cœur '• et le repos de nos âmes"1 ; pour affermir notre confiance en sa puissance et en sa miséricorde' ; pour nous prémunir
1 « Vous prierez ainsi : Notre Père qui êtes aux cieux, etc. * Matth., vi, 9-i3.
8 Jean, vhi, 12 ; xiv, 6 ; x, u ; xv, l, 5.
3 « Venez à moi, vous tous qui souffrez, et êtes courbés sous le poids de vos peines ; et je vous soulagerai. » Matth., xi, 28.
* « Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. » Jean, xvi, 33.
5 « Prenez mon joug sur vous, car il est doux, et vous trouverez le repos de vos âmes. » Matth.. xi, 29, 3o.
6 « Mon fils, aie confiance, tes péchés te sont remis. » Matth., ix, 2. — « Ayez confiance, c'est moi, ne craignez pas. » Matth., xiv, 27. — « Dans le monde vous serez opprimés, mais ayez confiance, j'ai vaincu le monde. » Jean, xvi, 33.
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contre nos ennemis 1 ; pour goûter à son service une joie que personne ne pourra jamais nous enlever-; pour établir en Lui notre demeure3; pour vivre de sa vie et faire avec Lui une union tellement intime qu'elle ressemble à l'union d'éternel amour qu'il a avec son divin Père4!
Se peut-il enseignement plus clair et plus divin ? Ne croirait-on pas, en lisant l'Evangile où II a consigné ses enseignements, entendre encore le Verbe Incarné prononçant pour la première fois ces paroles d'éternelle vérité ? Il nous a dit que ses paroles sont esprit et vie5 et qu'elles ne
4 « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups... Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l'âme; mais plutôt craignez celui qui peut perdre l'âme et le corps dans la géhenne. » Matth., x, 16, 28.
2 « Je vous ai dit ces choses afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit pleine. » Jean, xv, u. — « Votre cœur se réjouira et personne ne vous ravira votre joie. » Jean, xvi, 22.
3 « Demeurez en moi, et moi en vous. De même que le rameau ne peut porter de fruit par lui-même, s'il ne demeure sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en moi. » Jean, xv, 4.
4 « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. » Jean, xiv, 23. — « Père, ceux que vous m'avez donnés, je veux que là où je suis, ils soient également avec moi..., afin que l'amour dont vous m'avez aimé, soit en eux, et moi aussi en eux. » Jean, xvii, 24, 26.
5 « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » Jea>, vi, 64.
passeront pas1; c'est pourquoi, en les prononçant, Il leur a donné la puissance de traverser les siècles et de faire entendre toujours les mêmes échos divins'2. A les écouter, on se passionne; en les entendant, on sent le souffle puissant de Dieu qui les grave dans les coeurs et en pénètre les âmes3; en les méditant, on y puise une vraie sève de vie divine qui nous ravive et nous transforme 4.
Et quand à tous ces enseignements divins vient s'ajouter celui qui les couronne tous et en perpétue à jamais la vérité, l'amour et la vitalité : le Sacrement adorable de l'Eucharistie, on voudrait se taire pour mieux adorer et contempler. Ce Jésus qui avait tant prêché, qui avait enseigné aux hommes tant de vérités, qui n'avait parlé que pour nous montrer le chemin du ciel et nous
1 « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. » Luc, xxi, 33.
1 « Au ciel, Jésus est assis dans la gloire ; mais sur la terre, il ne cesse de parler, et sa bouche, c'est l'Evangile. » Saint Augustin, Serm. lxxxv.
3 « La parole de Dieu est vivante et efficace, et plus pénétrante qu'une épée à deux tranchants ; elle entre et atteint jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, jusque dans les jointures et dans la moelle : elle démêle les pensées et les intentions du cœur. » Hébr., iv, 12.
4 « Vous êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par la semence incorruptible de la parole du Dieu vivant, qui demeure à tout jamais... La parole de Dieu demeure éternellement. » I Pierre, i, 23, 25.
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révéler l'amour infini de son Cœur, voilà qu'il reste et que nous Le posséderons jusqu'à la consommation des siècles ! « Je suis le pain de vie, nous dit-Il, le pain vivant descendu du ciel1... prenez et mangez, ceci est mon corps ~. . . celui qui mange ma chair et boit mon sang vivra éternellement \ »
Jésus peut maintenant remonter au ciel, sa mission est finie, 11 a enseigné avix hommes tout ce qu'il avait appris de son Père, et 11 restera avec eux dans l'Eucharistie pour continuer à leur parler d'amour et de vérité : sa mission mortelle est terminée, sa mission eucharistique ne finira qu'avec le monde.