A MARIE
la divine Mère de Jésus
le Souverain Prêtre et la Reine du Clergé
Dans un esprit de souverain respect
et de filiale tendresse
nous dédions ce deuxième volume
à Marie
qui par sa maternité divine
a été unie étroitement au Sacerdoce
de Jésus son adorable Fils
et a coopéré ineffablement
à son suprême Sacrifice
par l'immolation sur le Calvaire
de l'unique et éternelle Victime
Nous l'offrons également
à Marie
la Reine et la Mère des Prêtres
à qui ont été confiées
dans la personne du disciple bien-aimé
toutes les âmes sacerdotales
afin qu'Elle leur révèle Jésus
l'unique Prêtre de l'unique Sacerdoce
qu'Elle les remplisse de son esprit
les embrase de son amour
et les consomme dans la sainteté
de son ineffable et éternelle union
Jésus est la manifestation vivante de la Divinité dans l'humanité. Il est le don suprême de la charité divine pour les hommes. Il suffit de Le contempler pour pressentir les perfections infinies de Dieu, et il n'y a qu'à mettre la main sur son Cœur pour comprendre, à ses battements, l'amour immense qui le presse et qui en fait la Victime expiatrice pour le salut du genre humain.
Sorti du sein de Dieu pour apporter la vie au monde, Il apparaît comme le divin flambeau qui illumine les intelligences, le feu divin qui brûle les cœurs, la pureté immaculée qui purifie les âmes et les rend au ciel. Dieu, maintenant que le Verbe s'est fait chair, pour venir jusqu'à nous, passera par son Fils, et les hommes, pour s'élever jusqu'à Dieu, devront avoir recours à Celui qui s'est fait leur Sauveur.
Jésus nous enseigne Lui-même cette importante vérité, quand 11 dit : « Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croit en Lui ne périsse
point, mais qu'il ait la vie éternelle*. » Passage sublime, paroles gui recèlent le secret des mystères de V insondable Trinité! Enseignement solennel qui nous découvre l'origine éternelle de Jésus, son essence divine, son Incarnation, sa mission rédemptrice !
Pour connaître la Divinité, il nous faut donc connaître Jésus ; pour être sauvé, il nous faut donc croire en Lui. Nous ne pouvons considérer le Père, sans avoir en même temps une notion exacte du Fils ; pas plus que nous ne pouvons prétendre à la vie éternelle et bienheureuse, si nous ne professons une foi absolue en la Divinité de Jésus, en la réalité de son Humanité sainte, en sa mission, en ses paroles et en l'efficacité de son Sacrifice.
Ce qui revient à dire que la connaissance de Jésus est la plus nécessaire, la plus sublime, la plus efficace, puisqu'elle est la science des Mystères de Dieu et de notre salut éternel.
Il est souverainement important d'appuyer sur cette vérité essentielle et indiscutable ; non seulement parce qu'elle est lumineuse et consolante en elle-même, mais encore parce qu'elle explique l'insistance que nous mettons à donner en tout à Jésus la première place, dans nos pen-
1 Jean, m, 16.
sées comme dans nos affections, dans nos études comme dans nos lectures, dans nos recherches de la z>érité comme dans nos désirs de perfection et nos aspirations d'éternité.
Jésus doit devenir pour nous un compagnon inséparable de notre pèlerinage sur cette terre, un ami qu'on consulte, un confident en qui on se repose, un maître quon écoute, un Dieu quon adore et quon contemple, un Sauveur qu'on bénit et quon aime, un Tout qui nous soit un centre de vérité, de vie, d'amour et d'union.
Jésus ne peut être tout cela pour nous, que si nous Le connaissons assez pour Le préférer à tout le reste, et si la science que nous avons de Lui ravive constamment dans notre cœur le désir de Le connaître toujours mieux pour L'aimer davantage.
C'est pourquoi, dans un premier volume, nous avons parlé longuement de l'obligation capitale, qui s'impose à tous, de faire de Jésus le sujet habituel et constant de ses études, de ses méditations et de ses lectures; nous avons indiqué l'esprit et l'intention qui doivent nous guider dans des travaux et des considérations d'une si haute importance ; et enfin, nous avons posé les règles et donné les conditions d'une étude sérieuse, pratique et fructueuse de Jésus.
Dans le présent volume, nous abordons l'étude directe et personnelle de Jésus. Aidé de toutes les considérations que nous avons faites précédemment, nous pénétrons en quelque sorte en Jésus, pour Le contempler en Lui-même et pour L'étudier dans sa condition d' Homme- Dieu.
Le Verbe Incarné vient de Dieu, Il est le Fils unique du Père, Dieu, éternel et parfait comme lui. Sans cesser d'être ce qu'il est de toute éternité, Il se fait homme, Il s'unit hypostatiquement et indissolublement la nature humaine qu'il élève ainsi jusqu'à la dignité de la Divinité, au point que les mêmes honneurs et la même adoration sont dûs aux deux natures unies, en Jésus, en l'unité de Personne.
Cette union ineffable néanmoins ne détruit point ni ne confond l'essence des deux natures, de sorte que l'Humanité en Jésus est et restera éternellement inférieure à sa Divinité : ce qui constitue l'humiliation suprême du Mystère de l'Incarnation, et ce contraste sublime et adorable de Dieu et de l'homme, du Créateur et de la créature dans la même divine Personne.
Venu pour vivre parmi les hommes, Jésus passera par les divers états communs à toute existence humaine, et 11 restera pour tous le modèle parfait et achevé de toutes les vertus.
Son œuvre ne sera complète ici-bas, que lors-
qu'il aura accompli toutes les volontés de son divin Père. La mission qu'il en a reçue Le conduira jusqu'au Calvaire ; mais avant de verser tout son Sang dans son dernier Sacrifice, Il aura longtemps imploré la commisération de son Père en faveur des hommes pécheurs, et 11 se sera offert toute sa vie, en une oblation sublime, à la justice divine, pour en obtenir le pardon plénier de l'humanité coupable. Puis, s' adressant aux hommes qu'il est venu sauver, Il les instruira avec une charité inlassable, et ses enseignements préludant à son Immolation, Il laissera au monde, sacré et scellé de son Sang, tout un code de doctrine divine.
A ces divers aspects de la mission de Jésus correspondent autant de caractères, dont l'étude si pleine d'attraits peut nous donner de notre divin Maître une connaissance plus précise et plus profonde. Nous en avons fait l'objet d'un chapitre spécial, tant à cause de l'importance du sujet, que pour donner à chaque caractère en Jésus une i>aleur proportionnée à la mission correspondante.
C'est ainsi que nous nous acheminons naturellement vers une connaissance approfondie du Sacerdoce de Jésus. Tout dans la vie de Jésus est divinement harmonisé. Il naît, et déjà 11
8 DE LA CONDITION DE l'hOMME-DIEU
s'offre en Victime ; Il vit, et son offrande se continue sans interruption ; Il meurt, et son oblation se transforme en immolation. Le sacrifice est complet, mais pour le préparer comme pour l'offrir et le consommer, il faut l'office d'un Prêtre, d'un Prêtre grand et saint comme la Victime, d'un Prêtre sorti du sein de Dieu comme l'Hostie de son sublime Sacrifice.
Jésus est donc avant tout Prêtre, comme 11 est avant tout Victime; et, de même que son Sacrifice sur le Calvaire met le sceau éternel à son essentielle mission dans l'humanité, ainsi son divin Sacerdoce parfait, dans l'exercice d'une puissance sacrificatrice infinie, i 'oblation de l'auguste Victime dans une suprême immolation.
Aucun caractère n'est donc plus essentiel en Jésus que celui de son Sacerdoce, puisque ce n'est qu'en tant que Prêtre qu'il peut s'offrir en Sacrifice, et accomplir par là sa divine mission. Toute l'étude que nous faisons de Jésus, dans ce volume, a pour but d'appuyer cette vérité et de la mettre en évidence. En effet, avant de traiter directement de Jésus-Prêtre, il est nécessaire de connaître tout ce qui a trait à la divine Personne de notre adorable Sauveur. Et c'est quand nous aurons de Jésus, comme Dieu et comme Homme, une connaissance éclairée, que
nous pourrons mieux comprendre les sublimités et les nécessités de son Sacerdoce.
Nous avons suivi, dans le développement des multiples considérations contenues dans ce volume, les règles que nous avons prescrites dans la première partie de cet ouvrage. Nous nous sommes efforcé d'être simple dans nos exposés et de nous adresser au cœur tout autant qu'à l'esprit, afin de porter les âmes à l'amour en même temps qu'à la connaissance de Jésus.
Nous n'avons pas craint de multiplier les citations au bas des pages, en les puisant toutefois presque uniquement dans le Saint Evangile, les Epîtres et Saint Thomas. Notre manuscrit était déjà entièrement composé quand nous avons songé à en appuyer la doctrine sur l'Ecriture et l 'autorité du Docteur angélique ; mais nous nous sommes efforcé de rendre ce travail aussi complet que possible. Le lecteur pourra ainsi recourir à volonté à ces notes vraiment précieuses en raison des sources où elles ont été puisées. Toutes les citations sont en français, afin qu'elles puissent être comprises des âmes pieuses qui seront ainsi facilement initiées aux sublimités de la théologie dogmatique et ascétique.
Il ne nous reste plus qu 'un i>œu à exprimer, et ce vœu est en même temps une humble prière
que nous adressons à Jésus, dont nous avons eu V inestimable bonheur de parler dans le cours de notre travail : c'est que tous ceux qui liront ce volume le fassent avec un vif désir de mieux connaître Jésus, afin de donner à leur amour un fondement plus solide et une science plus éclairée. Et, pour que la science suréminente de Jésus pénètre plus profondément dans leur esprit et dans leur cœur, qu'ils se purifient sans cesse et qu'ils donnent ainsi à leur âme cette clairvoyance que seuls possèdent les cœurs purs. Quand il s'agit de pénétrer en Jésus, pour en approfondir les perfections infinies, il faut le faire avec un cœur limpide et une âme de cristal.
Nous osons recommander à nos chers lecteurs de ne pas lire ces pages avec empressement, mais plutôt avec réflexion. Les sujets qui y sont traités exigeront parfois une attention plus grande ; si on succombait à la tentation de passer rapidement, on pourrait se priver d'une notion de plus sur la Personne adorable de Jésus, et l'on perdrait ainsi une partie précieuse du fruit de sa lecture.
Qu'on ne craigne pas, au contraire, de revenir plusieurs fois sur les mêmes passages, soit pour mieux s'en pénétrer, soit pour comprendre des choses que l'on n'aura pas suffisamment saisies
à une première lecture. Il n 'en est point de la science de Jésus comme des autres sciences; elle est la vraie science de l'éternité, et à elle seule elle suffit. L'âme ne peut donc jamais s'y adonner avec trop d'ardeur, dût-elle pour cela sacrifier d'autres études accessoires, même de spiritualité, pour concentrer tous ses efforts sur l'étude et la connaissance de Jésus.
Que d'âmes monteraient plus haut et plus vite dans la perfection, si elles savaient faire de Jésus l'unique objectif de leur vie, si elles simplifiaient davantage leur spiritualité et si elles faisaient consister leur vertu surtout à contempler Jésus, à L'imiter et à vivre avec Lui dans une intimité plus grande de pensées, de sentiments et de volonté !
Puissent ces pages, écrites avec amour pour l'unique gloire de Jésus le Souverain Prêtre, révéler aux âmes ce tendre et divin Maître, les embraser de son amour et les faire vivre abondamment de sa vie !
Daigne Marie, la tendre Mère de tous ceux qui aiment Jésus, les agréer en hommage de filiale affection, les bénir et les rendre fécondes !
Rome, en la Fête de l'Immaculée Conception. 8 Décembre 1918
Marie Eugène de la Croix
« Dieu nous a parlé par son Fils, la splendeur de sa gloire et l'empreinte de sa substance, lequel, en entrant dans le monde dit : Vous n'avez plus voulu des sacrifices anciens, vous m'avez formé un corps, me voici.
« Jésus a dû en toutes choses être rendu semblable à ses frères, afin de devenir un pontife miséricordieux. "Mais il ne s'est point arrogé à lui-même la dignité de pontife ; il l'a reçue de celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui.
« Le Seigneur l'a juré ; la parole du serment institue Jésus, le Fils éternellement parfait, pontife pour l'éternité.
« Tout pontife étant établi pour offrir des dons et des victimes, Jésus s'est offert lui-même, pour abolir le péché par son sacrifice, et il a souffert la croix, méprisant l'ignominie.
« Mais celui qui avait été abaissé pour un peu de temps audessous des anges, Jésus, nous le voyons, à cause de ses souffrances et de sa mort, après avoir opéré la purification des péchés, entrer dans le sanctuaire du ciel avec son propre sang et s'asseoir à la droite de la Majesté, au plus haut des cieux.
« Ayant un grand pontife, Jésus, le Fils de Dieu, qui a pénétré dans les cieux comme précurseur pour nous et médiateur du nouveau testament, demeurons fermes dans notre foi et approchons-nous avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde de Celui qui est devenu, en vertu de la mort qu'il a soufferte pour le rachat de nos prévarications, la cause du salut éternel. »
(Tiré de l'Epîtr» sux Hébreux.)
Nous avons eu le bonheur, dans la première Partie de cet ouvrage, de traiter de la connaissance de Jésus en général : de son importance capitale ; de la nécessité absolue pour nous de nous livrer à cette étude ; de l'amour que nous devons apporter à acquérir cette science suréminente, la plus belle et la plus douce qu'il y ait sur terre, puisqu'elle est la science même de l'éternité bienheureuse1: de l'esprit qui doit nous guider dans nos travaux assidus ; et enfin des conditions nécessaires pour assurer le fruit de nos études et de nos contemplations.
Il était naturel de commencer par donner de Jésus un aperçu d'ensemble qui nous attirât vers ce divin Maître, et par faire ressortir les relations essentielles qui nous unissent à Lui tant pour sa gloire que pour notre propre sanctification.
Il nous est impossible, après les considérations antérieures, de ne pas mieux comprendre la place que la connaissance réfléchie et méditée de Jésus doit tenir dans notre vie, et par conséquent de rester dans une certaine indifférence à l'égard de
1 « La vie éternelle consiste à vous connaître, vous, seul vrai Dieu, et Celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. » Jean, xvii, 3.
PRÉLIMINAIRES l5
ce devoir capital, sans une réelle infidélité. Jésus disait, pendant sa vie, que parce qu'il était venu dans le monde, on ne pouvait être excusable de ne Le point connaître '. Nous osons dire la même chose aux âmes qui ont lu attentivement notre premier volume : elles ne peuvent pas se désintéresser de l'étude de Jésus. Que ce soit par des lectures, des méditations ou des études proprement dites, elles sont tenues, maintenant qu'elles ont plus de lumières, de chercher à avoir de Jésus, de ses mystères, de ses enseignements, de sa vie et de sa mort, de son Sacerdoce, de son Eucharistie et de sa gloire, des notions plus exactes et une connaissance toujours plus grande.
Et si elles se rappellent bien tout ce que nous avons dit, elles aimeront l'accomplissement de ce devoir, elles reviendront avec joie à Jésus, elles trouveront leur bonheur à converser avec Lui et elles n'auront pas de plus douce ambition que celle de devenir instruites dans la science divine de Jésus.
C'est pour les aider davantage à réaliser leur pieux dessein, que nous allons poursuivre nos considérations. En étudiant les conditions intrin-
1 « Si je n'étais pas venu, et si je ne leur avais pas parlé, ils n'auraient point de péché ; mais maintenant ils n'ont point d'excuse de leur péché, » Jean, xv, 22
l6 DE LA CONDITION DE l'hOMME-DIEL'
sèques de l'Homme-Dieu, nous entrerons plus profondément dans notre sujet. Il nous faut arriver, avec la grâce de Jésus et autant qu'il est donné à notre grande fragilité, à avoir de Jésus la connaissance la plus parfaite possible. C'est en L'étudiant en Lui-même, en pénétrant dans ce Saint des saints, en cherchant à approfondir avec humilité et amour cet océan infini de mystères, de perfections et de charité, que nous parviendrons à dissiper les ombres qui nous voilent ces secrets divins et que nous pourrons entrevoir, dans une lumière plus vive et une beauté plus attrayante, ce Jésus, la gloire et la félicité des cieux, qui daigne déjà dès ici-bas se révéler avec tant de bonté à nos âmes ravies.
Nous considérerons en Jésus l'union ineffable qui existe entre sa nature divine et sa nature humaine dans l'unité de Personne ; et nous verrons, d'une part, que Dieu, en se faisant Homme, n'a rien perdu de sa Divinité, dès lors : de ses perfections infinies, de ses attributs essentiels, de ses droits à l'adoration et à l'amour de ses créatures ; d'autre part, que Jésus, en s'unissant la nature humaine, l'a élevée en Lui à une dignité divine et qu'il se l'est associée pour l'éternité.
Jésus, Homme-Dieu, doit donc être étudié sous ses deux aspects divin et humain ; les deux na-
tures, en Lui, subsistant en la même adorable Personne, nous Lui devons les mêmes hommages comme Dieu et comme Homme.
Jésus venant ici-bas remplir une mission donnée par son divin Père, tout est harmonisé dans sa vie vers ce but suprême. Il pose des actes, prononce des paroles, révèle des vérités, accomplit des merveilles, dont la valeur se calcule d'après leurs relations plus ou moins intimes et directes avec l'accomplissement de sa mission. Il s'ensuit qu'il y a un certain ordre à établir dans l'importance des faits, comme il y a une différence à mettre dans les caractères qui constituent la mission de Jésus.
C'est en développant ces pensées que nous nous acheminerons davantage vers l'étude principale que nous avons en vue : le Sacerdoce en Jésus. Quand nous aurons de Jésus, Verbe Incarné, Dieu-Homme, Sauveur et Rédempteur, une notion juste et nette, nous aurons une intelligence plus grande et plus exacte de sa mission, de la fin qu'il y poursuit et des moyens qu'il emploie pour l'accomplir ; et, dès lors, nous serons mieux en mesure de saisir la grandeur infinie de son Sacrifice, ainsi que la sublimité et la puissance divine de son Sacerdoce qui est
l'agent principal de son immolation suprême1.
Plus nous connaîtrons Jésus sous ses divers aspects, et plus nous apprécierons ensuite son caractère sacerdotal. La connaissance que nous devons en avoir ne saurait être complète sans celle de son Sacerdoce ; de même que son Sacerdoce ne pourrait être bien compris que si nous connaissons suffisamment Jésus en Lui-même et dans la divine mission qu'il est venu accomplir sur la terre.
Cette pensée suffit pour nous exciter à étudier Jésus avec plus d'ardeur et pour nous consacrer avec amour à Le mieux connaître dans sa condition d'Homme- Dieu. Ravivons notre esprit de
1 Le Sacerdoce, en Jésus, est non seulement inséparable de son Sacrifice, mais il opère directement l'immolation de la Victime et lui donne son efficacité. Cette action directe et nécessaire du Sacerdoce de Jésus dans l'accomplissement final de la mission du Verbe Incarné sur cette terre, n'est ni une exagération de langage ni une opinion douteuse, mais elle repose sur les caractères essentiels du Fils de Dieu fait Homme, constitué à la fois Prêtre et Victime pour opérer d'un commun accord le salut du genre humain. Saint Thomas est sur ce point très explicite : « Puisque la grâce de la justification, dit-il, nous a été accordée par la vertu du Christ et que le Christ a pleinement satisfait pour nous, il est certain que son Sacerdoce a eu plein pouvoir pour expier les péchés. » S. Tho.m., III p., q. 22, a. 3.
Et il ajoute : « Quoique le Christ n'ait pas été prêtre comme Dieu, mais comme homme, ce fut cependant une seule et même personne qui fut prêtre et Dieu. C 'est pourquoi, selon que son humanité opérait en vertu de sa divinité, ce Sacrifice était le plus efficace pour effacer les péchés. » Ibid., ad 1.
foi et notre désir d'acquérir la science divine de Jésus. Supplions Jésus de se révéler à notre âme. Appelons à notre secours la Vierge Marie, afin qu'elle nous donne l'intelligence de ce Jésus qui s'est fait son Fils et qu'elle ne cesse de contempler à découvert dans l'éternelle vision de la vérité et de l'amour.