‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 2)Chapitre 4 sur 40 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des deux natures et de l'unité de Personne en Jésus

« Ces choses ont été écrites pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. »

Jean. XX, 51.

Le sujet que nous abordons tient à l'essence même du christianisme, il est le dogme fondamental sur lequel viennent s'appuyer tous les autres1. Si Jésus n'était pas Dieu, Il ne serait

1 Saint Thomas appelle à bon droit le mystère de l'Incarnation la plus grande des merveilles de Dieu. « De toutes les œuvres divines, c'est le mystère qui surpasse le plus la raison ; car on ne saurait concevoir aucun fait divin plus merveilleux que celui-ci : qu'un vrai Dieu, Fils de Dieu, devienne un homme véritable. Et comme c'est la plus grande de toutes les merveilles, il s'ensuit que toutes les autres merveilles ont pour but de faire croire à celle-ci, qui les surpasse toutes. » S. Thom., Contr. Gent., L. 4, c. 27.

« Si l'on considère avec attention et piété le mystère de l'Incarnation, dit-il plus loin, on y trouvera une telle profondeur de sagesse, que nulle intelligence humaine n'y pourra atteindre, selon cette parole de l'Apôtre (I Cor., i, 25) : « Il y a plus de sagesse dans la folie de Dieu que chez les hommes. » Aussi

pas notre Sauveur; s'il n'était pas Homme, Il ne pourrait être la Victime pour nos péchés. S'il n'était pas à la fois Dieu et Homme, ses mérites n'auraient point une valeur infinie ; car, n'étant que Dieu II n'aurait pu mériter, n'étant qu'Homme ses mérites n'auraient eu qu'une valeur relative et limitée. Or, il fallait pour nous sauver une expiation égale à l'offense, et l'offense étant infinie, en tant qu'elle était une offense faite à Dieu, la satisfaction devait l'être aussi, sans quoi il n'y aurait pas eu compensation parfaite entre la sainteté de Dieu outragée et la réparation faite à cette même sainteté ; il s'ensuit que seul un Dieu fait Homme pouvait sauver le genre humain. Il fallait qu'il fût Dieu pour satisfaire à la justice divine, il fallait qu'il fût Homme pour pouvoir souffrir et mourir '.

Cette simple considération jette déjà sur Jésus un jour lumineux. Nous ne pouvons oublier qu'il est Dieu, bien que sa Divinité soit voilée par son humanité ; nous ne devons point ignorer qu'il est vraiment Homme, bien que son humanité soit unie à la Divinité.

quiconque médite pieusement ce mystère y découvre sans cesse des raisons de plus en plus admirables. » Ibid., c. 5.J.

1 « C'est pourquoi, de même que les enfants ont en partage la chair et le sang, de même Jésus a participé à notre chair et à notre sang, afin que, par la mort, il détruisît celui qui avait l'empire de la mort, c'est-à-dire le diable. » Hébr., h, 14.

Lorsque nous Le verrons parler ou agir, nous saurons que c'est Dieu qui parle ou agit, et nous tomberons à genoux dans l'adoration devant la Majesté divine. Lorsque la Divinité en Lui se manifestera d'une manière quelconque, nous reconnaîtrons qu'elle n'agit que par le ministère de son Humanité, et nous adorerons de nouveau la Sagesse et la Puissance divines qui ont su ainsi allier deux extrêmes dans une aussi sublime unité.

C'est à genoux qu'il faudrait écrire sur ce Mystère adorable, chaque mot devant être un acte de foi, d'adoration et d'amour envers ce Dieu fait Homme qui a nom Jésus et devant lequel tout genou fléchit, au ciel, sur la terre et dans les enfers1. Du moins, ne voulons-nous rien dire qu'avec un souverain respect et un amour reconnaissant pour Celui qui nous accorde la grâce de parler de Lui, et Le supplions-nous de donner à ces humbles pages la clarté qui rend la vérité intelligible et la fécondité qui la fait fructifier dans les cœurs.

Tout en donnant sur cet important sujet de

1 « Le Christ s'est humilié lui-même... il s'est fait obéissant jusqu'à la mort et la mort de la croix. C'est pourquoi Dieu l'a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers. » Phil., ii, 10.

26 DE LA CONDITION DE l'hOMME-DIEU

l'Union Hypostatique les notions essentielles, nous ne nous étendrons point néanmoins trop longuement. Outre qu'il n'est pas ici question de faire un traité de théologie, nous ne devons point perdre de vue le plan général de cet ouvrage, qui est de nous faire arriver, par des connaissances successives, jusqu'à l'intelligence complète du Sacerdoce de Jésus. Or, il nous reste un long chemin à parcourir ; et c'est pourquoi, en abordant ce sujet inépuisable en considérations, nous nous restreindrons à ce qui peut concourir plus directement au but que nous nous sommes proposé.

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