‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 3)Chapitre 11 sur 45 · NATURE DE L'ÉTAT DTMMOLATION DE JÉSUS · texte numérisé non relu

NATURE DE L'ÉTAT DTMMOLATION DE JÉSUS

vivre de la sorte, et II aura de multiples occasions de se faire aimer et d'exercer son empire sur les âmes.

Mais non, son état eucharistique Lui demande cet autre sacrifice ; et pour rester parmi les hommes dans une condition qui satisfasse les désirs de son cœur et les besoins des âmes, Il disparaîtra comme Dieu et comme Homme, et II ne sera plus apparemment qu'un morceau de pain *.

Peut-il y avoir abaissement plus grand et anéantissement plus complet? Comment, après cela, n'être pas frappé d'un état d'immolation, où la Divinité et l'Humanité de notre divin Sauveur sont reléguées comme dans un tombeau où ne régnent plus que le silence et les ombres de la mort ?

Depuis dix-neuf siècles que les générations se succèdent devant les Tabernacles qui couvrent le

était avec lui. Pour nous, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans les campagnes de la Judée et à Jérusalem. » Act., x, 37-39.

1 « La foi catholique croit, dit saint Thomas, et la sainte Eglise enseigne que le corps glorieux du Christ est réellement dans le Sacrement de l'autel et qu'il est vraiment dans son état de gloire. Cependant il ne montre pas à nos yeux corporels cet état, cette manière d'être, parce qu'il nous en réserve la vision pour la patrie, et que cette ostension glorieuse ne conviendrait ni au Sacrement ni à notre foi, puisque nous marchons encore vers le terme, sous le voile de l'énigme, et ne percevons qu'à travers un miroir la divine lumière. » Op. 58, c. 11.

globe, Jésus n'a pas changé d'attitude. I! vit dans la solitude et l'impuissance apparente. Son langage est ceiui des morts qui ne parlent ni ne se font entendre. Son état est celui d'une chose inerte qui n'a aucun mouvement '. Sa beauté n'est que supposée ; nous sommes condamnés à ne la voir jamais2. Son action ne s'exerce que dans le secret des cœurs, et II ne viendra jamais visiblement vers nous pour nous attirer à Lui. Il vit, et II ne nous communique la vie, dont II est le principe, que sous des apparences de mort.

Jésus ne pouvait nous révéler plus éloquemment son état d'immolation dans l'Eucharistie, ni nous enseigner plus amoureusement que, pour aimer comme Lui, il nous faut nous immoler avec Lui 3.

1 « Puisque le Christ n'est pas dans l'Eucharistie comme dans un lieu, dit saint Thomas, il est évident qu'il y est d'une manière immobile par lui-même, mais d'une manière mobile par accident. » III p., q. 76, a. 6.

2 « Notre œil corporel est empêché par les espèces sacramentelles de voir le corps du Christ qui existe sous elles, non seulement parce qu'elles le couvrent (comme nous sommes empêchés de voir ce qui est couvert d'un voile quelconque) ; mais parce que son corps n'est pas en rapport avec le milieu qui environne ce sacrement par l'intermédiaire de ses accidents propres, mais par l'intermédiaire des espèces sacramentelles. » S. Thom., III p., q. 67, a. 7, ad t.

3 « Purifiez-vous du vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, comme aussi vous êtes des azymes ; car notre Pâque, le Christ, a été immolé. » I Cor., v, 7.

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