‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 3)Chapitre 15 sur 45 · XXVIII · texte numérisé non relu

XXVIII

5 «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?» Mat., xxvii, 46.

c « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains. Et en prononçant ces mots il expira. » Luc, xxm, 46.

7 « Jésus leva les yeux au ciel et dit : Mon Père, l'heure est

Cène et le Calvaire, que Jésus parlait ainsi, établissant visiblement une union étroite entre ses deux Sacrifices, celui de l'Eucharistie et celui de la Croix. Il avait appuyé sur la nature du Sacrifice de la Cène, qui n'avait de réalité qu'en relation avec le sacrifice sanglant du lendemain, où II mourrait en versant tout son sang. Avant même de monter sur la croix et d'y rendre le dernier soupir, Il proclame néanmoins solennellement que son œuvre est finie et que l'heure est venue pour Lui de remonter vers son Père, dans le royaume de sa gloire '.

N'est-ce pas faire un tout et comprendre dans un même sacrifice ce qu'il vient de faire à la Cène et ce qu'il va accomplir demain sur la Croix ? Deux phases d'un même unique Sacrifice, offrant une seule et même Victime 2.

venue, glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie... Glorifiez-moi en vous-même de cette gloire que j'ai eue en vous avant que le monde fût. » Jean, xvii, 1, 5.

1 « Père saint, maintenant je viens à vous... Je veux que là où je suis, ceux que vous m'avez donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils contemplent ma gloire, que vous m'avez donnée parce que vous m'avez aimé avant la création du monde. » Jean, xvii, 11, i3, 24.

2 « H n'y a qu'une hostie, comme le dit saint Ambroise, celle que le Christ a offerte et que nous offrons ; il n'y en a pas plusieurs, parce que le Christ n'a été offert qu'une fois. Ce sacrifice est le modèle de celui-ci. Car, comme ce qui est offert pour tous n'est qu'un seul corps et n'en forme pas plusieurs, de même il n'y a qu'un seul sacrifice. » S. Thom., III p., q. 83, a. 1, ad 1.

NATURE DE l'ÉTAT D'IMMOLATION DE JÉSUS ~5

En instituant l'Eucharistie, Jésus se donne Luimême en nourriture à ses Apôtres. C'est son propre corps qu'il donne et son propre sang qu'il livre. Il se constitue pour jusqu'à la fin des temps la Victime qu'il ordonne à ses Prêtres d'immoler1. Sans faire couler son sang, ils opéreront le même rite sacrificatoire qui leur livrera l'auguste Victime, dont l'immolation commencée à la Cène est consommée sur la Croix.

Pour offrir en sacrifice une semblable Victime, il faut un Prêtre qui ait pleine autorité sur elle, et Jésus apparaît comme l'unique Pontife de son propre Sacrifice. Lui seul, en tant que Prêtre Eternel, pourra prononcer les paroles divines de la consécration eucharistique. Lui seul, en tant que divin Sacrificateur, aura le pouvoir d'immoler la Victime qui Lui a été confiée 2. Il est Prê-

1 « Le prêtre consacre l'Eucharistie non par sa vertu propre, mais comme ministre du Christ, en la personne duquel il consacre ce sacrement. » S. Tho.m., III p., q. 82, a. 5.

2 « La passion du Christ, qui lui convient selon la nature humaine, est cause de notre justification d'une manière méritoire et efficiente, mais non à titre d'agent principal ou par autorité, mais à la façon d'un instrument, en tant que l'humanité est l'instrument de sa divinité. Cependant comme cet instrument est uni à la divinité en personne, il a une certaine supériorité et une certaine causalité par rapport aux instruments extrinsèques, qui sont les ministres de l'Eglise. C'est pourquoi, de même que le Christ, comme Dieu, a une puissance d'autorité dans les sacrements, ainsi, comme homme, il a une

tre, et il Lui faut une Victime ; Il est Victime, et il lui faut un Sacrificateur. L'un ne peut exister sans l'autre. Ils vivent tous deux pour l'immolation suprême qu'accomplit le Prêtre et que souffre la Victime.

L'état d'immolation eucharistique perpétuant à travers les siècles l'immolation suprême de la Victime du Calvaire, sera à jamais l'œuvre sacerdotale de l'unique Prêtre de l'unique Victime.

Et ce Sacrifice eucharistique appliquant tous les mérites du Sacrifice de la Croix ne perdra jamais rien de son efficacité divine. Sur tous les points du globe et sur tous les autels du monde, le même sang purificateur coulera à flots sur les âmes, le même Prêtre fera entendre les mêmes paroles consécratrices, la même Victime s'offrira en sacrifice, la même glorification divine montera vers le ciel et les mêmes efficacités de grâces rempliront le monde.

Même Sacrifice, même Prêtre, même Victime et même efficacité divine ! C'est la Cène sur le Calvaire, et c'est le Calvaire à la Cène !

C'est l'Hostie du Cénacle et la Victime de la Croix remplissant tous les Tabernacles et dominant le monde. A genoux : adorons, remercions et aimons.

puissance de minisire principal ou une puissance d'excellence. » S. Thom., III p., q. 64, a. 3.

A Jésus, Victime dans l'Eucharistie

O Jésus,

que la miséricorde infinie

Vous a inspiré

de Vous faire mon Prêtre et ma Victime,

je contemple votre puissance sacerdotale

dans l'Hostie de votre Sacrifice

et votre amour sacrifié

dans l'état d'immolation

de la divine Victime.

Je m'offre à Vous

pour Vous aimer et me sacrifier

en union

avec vos incessantes immolations

au Sacrement de l'Eucharistie.

Puisque Vous y demeurez

humilié et caché,

je Vous glorifierai par mon amour

et ma sainteté.

Puisque Vous cherchez

d'autres victimes

qui s'immolent avec Vous,

je m'abandonne à votre amour crucifié

pour que Vous soyez le Prêtre

de mon perpétuel sacrifice.

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