IV. — Rapprochement entre l'état
d'immolation de Jésus dans l'Eucharistie
et l'Incarnation
Lorsque Jésus entra dans ce monde, Il se tourna aussitôt vers son divin Père qui L'y avait envoyé, et considérant l'œuvre qu'il en avait reçue à faire, Il le bénit de L'avoir choisi pour remplacer les anciennes victimes et de Lui avoir donné un corps pour le lui immoler. « Vous n'avez plus voulu des anciens sacrifices. Mais vous m'avez adapté un corps : me voici, je viens, ô Dieu, pour faire votre volonté *. »
Toute l'Incarnation est là. Jésus a pris un corps humain pour le sacrifier. Son immolation porte l'empreinte divine de la volonté de son Père. II ne glorifiera Dieu et ne sauvera le monde, que s'il demeure Victime, que s'il remplit son rôle de Victime par les mains du souverain Prêtre, que s'il consomme son état de Victime par la puissance de son divin Sacrificateur.
1 Hébr., x, 5, 7.
En Jésus, il n'y aura aucune autre pensée : son esprit reste fixé sur la volonté immolatrice de son Père 1. Il n'y a place à aucun autre désir ; pouvoir s'immoler pour glorifier son Père, cela Lui suffit 2. Il n'y a pas l'ombre d'une autre volonté 3 ; celle de son Père reste la boussole qui Le dirige, la lumière qui L'éclairé et l'unique ambition de toute sa vie 4.
C'est pourquoi II vit en Victime, Il se nourrit de sacrifices, Il aspire sans cesse à s'immoler. Tout ce qu'il fait porte le caractère de cette consécration de tout Lui-même à la souffrance et au sacrifice5. A l'heure solennelle de l'Institution de l'Eucharistie, II s'inspire des mêmes sentiments, Il est mu par les mêmes désirs d'immolation °. C'est ce même corps reçu à l'Incarnation
1 « Je fais toujours ce qui lui plaît. » Jean, vin, 29.
2 « J'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. » Jean, xv, 10.
3 « Je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » Jean, v, 3o.
4 « Jésus dit à Pierre : Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je donc pas le calice que mon Père m'a donné? » Jean,