‹ Jésus mieux connu et plus aimé dans son sacerdoce (volume 3)Chapitre 20 sur 45 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

5 « Le Christ, en tant qu'homme, a été un sacrifice et une hostie parfaite. » S. Thom., III p., q. 22, a. 2.

6 « Vous savez que la Pâque a lieu dans deux jours, et que le Fils de l'homme va être livré pour être crucifié. » Mat., xxvi, 1, 2. — «J'ai désiré d'un grand désir de manger cette Pâque avec vous avant de souffrir. » Luc, xxii, i5.

qui devient la matière de son Sacrement ' ; c'est pour continuer à l'offrir sans cesse, qu'il lui conserve tous les caractères d'une victime ; c'est toujours à la garde du divin Sacrificateur qu'il le confie ; c'est pour renaître et mourir tous les jours sur nos autels qu'il en fait l'unique Sacrifice de la nouvelle Alliance 2.

Ce qui, à l'origine, l'avait constitué la victime d'un sacrifice nouveau pour tout le temps de sa vie mortelle, se renouvelle constamment dans l'existence sacramentelle qui le maintient dans le même état d'immolation 3.

L'Eucharistie est vraiment l'Incarnation continuée, conservant au monde le même Verbe di-

1 « Ceci est mon corps qui est donné pour vous. » Luc, xxii, 19.

2 « Il n'y a qu'une hostie, celle que le Christ a offerte et que nous offrons. Il n'y en a pas plusieurs, parce que le Christ n'a été offert qu'une fois. Ce sacrifice est le modèle de celui-ci. Car, comme ce qui est offert partout n'est qu'un seul corps et n'en forme pas plusieurs ; de même il n'y a qu'un seul sacrifice. » S. Thom., III p., q. 83, a. 1, ad 1.

3 « J'ai reçu moi-même du Seigneur ce que je vous ai transmis, que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il était livré, prit du pain, et rendant grâces, le rompit et dit : Prenez et mangez : ceci est mon corps qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. Et pareillement il prit le calice, disant : Ce calice est le nouveau testament en mon sang ; faites ceci, toutes les fois que vous boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur. » I Cor., xi, 23-26.

vin sorti du sein du Père et voué par amour à la glorification divine et au salut du monde. C'est pourquoi Jésus ne pouvait s'établir, pour se faire Eucharistie, dans un autre état qu'un état d'immolation.

A cette condition seule nous possédons le Verbe incarné ; sous les mêmes livrées nous reconnaissons le Prêtre-Victime continuant d'accomplir, sous les voiles du Sacrement, la même mission rédemptrice qu'il remplissait pendant sa vie mortelle. Gloire Lui en soit rendue dans les siècles des siècles.

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